257.000 euros pour un appartement à la Côte
Est-ce le bon moment pour acheter à la Côte? Si les prix sont à un niveau «correct», les biens restent plus longtemps sur le marché.
A la côte belge, le long de la digue de toutes les villes, ou presque, c’est le même constat : les affiches « Te koop » se multiplient sur les façades des immeubles.
Le front de mer n’aurait-il plus la cote ? Rien n’est moins sûr. D’avis d’agents immobiliers, il semble que les biens se vendent toujours, mais à un prix « correct » là où il y a quelques années ils étaient surévalués.
« L’offre et la demande sont en équilibre, constate Jan Jassogne, porte-parole de la section littoral de la Confédération des immobiliers de Belgique (CIB Kust). 2013 ne sera pas la meilleure année, mais comme partout dans le pays. Les appartements se vendent, mais peut-être un peu plus lentement qu’auparavant. C’est dû à un facteur économique, mais pas tellement à des difficultés dans l’octroi des financements : beaucoup d’investisseurs achètent avec une bonne partie de fonds propres. »
Pour Jan Jassogne, l’activité du marché est à relier aux opérations d’amnistie fiscale. « Lors des dernières vagues de régularisation, on a systématiquement constaté qu’une partie de l’argent rapatrié était investie dans l’achat de biens à la mer. Cela créait un marché à la hausse, une activité que l’on ne retrouve pas cette année. » Côté prix, le porte-parole de la CIB Kust constate une stabilité. « En ce qui concerne l’immobilier «modéré», il n’y a aucun problème. C’est pour les biens plus chers que c’est plus difficile. Mais comme partout en Belgique. Et bien sûr, tout dépend de la situation et de l’état du bien. »
Bart Cattaert, de l’agence Immo Cattaert, basée à La Panne, le confirme. « On vend à des prix corrects, sinon on n’a pas de client. Certains logements restent sur le marché plusieurs années car ils sont trop chers. C’est le bon moment pour acheter car il y a beaucoup de biens en vente. Il y a du choix. On constate que de nombreux acheteurs cherchent un bien car laisser de l’argent sur un compte ne rapporte plus rien. Cela reste un bon placement, même avec la crise. Il y a peut-être moins de candidats acheteurs, mais ils sont sérieux. »
La côte belge compte plus de 88.000 appartements. Essentiellement des résidences secondaires. 1.000 à 1.500 s’ajoutent à ce montant chaque année. En 2013, les appartements se vendent en moyenne à 257.000 euros, et à 315.000 euros pour ceux situés sur la digue. Knokke reste la ville la plus chère, avec une moyenne de 454.000 euros. Elle est suivie de Nieuport (302.000 euros). La Panne (248.000 euros) et Coxyde (254.000 euros) s’inscrivent dans la moyenne. Blankenberge (176.000 euros), Middelkerke (195.000 euros) et Ostende (200.000 euros) sont les plus abordables, en queue de peloton. Globalement, depuis les années 20, on constate que les prix doublent tous les 15 ans.
Les acheteurs ? 90 % de Belges, plus de Flamands que de francophones.
« Nos clients sont assez sectaires, confie Vincent Beuten, gérant de l’ERA Servimo à Coxyde. Ils veulent acheter dans une ville et pas dans une autre. Ils ont leurs préférences, et elles sont très claires. »
Peter Becue, de l’agence Becue, à Middelkerke, approuve. « Malgré ce qu’on dit, il y a encore beaucoup de francophones qui achètent ici. Le tourisme n’a rien à voir avec le politique. Les acheteurs qui viennent ici ont leurs habitudes. Il y a un lien sentimental qui les pousse à revenir. »
L’agent immobilier ne remarque pas de concurrence de la côte d’Opale ou de la Zélande. « Je suis bien plus concurrencé par l’Espagne, lance son confrère Bart Cattaert. En côte d’Opale, il y a le même climat qu’ici… »
« Les côtes belge, française et néerlandaise ne proposent pas du tout la même chose, ajoute Jan Jossogne. Les situations sociales sont différentes, l’esprit n’est pas le même. Des Belges achètent en France et aux Pays-Bas, mais on ne le ressent pas sur le terrain. »
Un élément refroidit néanmoins les acheteurs depuis quelques mois : la hausse de l’impôt sur les secondes résidences appliquée par quatre communes (Ostende, Coxyde, Blankenberge et Knokke). « Cela fait peur aux gens, indique Peter Becue, qui constate un immobilisme du marché à Middelkerke. Et au-delà des communes concernées, c’est une crainte globale des acheteurs. Ils ont peu confiance. Et puis, il y a le temps… Ils ne sont pas motivés à venir passer la journée à la Côte pour visiter des appartements. »
Des appartements plus longtemps sur le marché, des prix corrects. Pour Jan Jassogne, du CIB Kust, c’est clair : « C’est le moment d’acheter, les prix sont modérés. On ne trouvera pas un appartement à 70 % de sa valeur, mais on achète au prix juste, pas trop cher. »



