Delphine Batho sur son renvoi : «J’assume ma responsabilité de lanceuse d’alerte»
La ministre de l’Écologie de François Hollande a été limogée mardi après avoir critiqué publiquement le budget. Elle a tenu ce jeudi une conférence de presse à l’Assemblée nationale.
On allait voir ce qu’on allait voir. Depuis la veille, Twitter assurait le teasing. « Le monde entier attend ce qu’elle va dire », postait l’un. « Can’t wait », balançait ironiquement l’autre, tandis que le socialiste Malek Boutih faisait monter la pression : « Une autre vérité derrière l’affaire Delphine Batho va apparaître », annonçait-il.
Ce jeudi, à l’heure dite de sa conférence de presse, c’est la cohue des grands jours à l’Assemblée nationale. La salle réservée est archi-comble. Les huissiers ne savent plus comment refouler cameramen et photographes. « Tant que vous ne reculerez pas, la ministre ne viendra pas », lâche l’un. Éclats de rire. C’est bien parce que Delphine Batho n’est plus ministre que tout le monde vient l’entendre…
Ce n’est pas l’Appel du 18-Juin mais ça y ressemble presque. Delphine Batho, qui milite depuis l’âge de 13 ans et n’a jamais commis ni faute ni couac, à l’en croire, entre en résistance. Contre les lobbies, qui ont eu sa peau, particulièrement, croit-elle savoir, ceux du gaz de schiste et du nucléaire. Sinon, comment le patron de Vallourec, intéressé par la fracturation hydraulique, aurait-il pu se réjouir avant l’heure de son départ ? accuse-t-elle. Contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault dont le gouvernement a pris, dit-elle, un virage autoritaire. On lui a fortement déconseillé de demander un rendez-vous avec le premier ministre pour parler de son budget, regrette-t-elle en actant « la fin de la collégialité ». Contre la finance, qui impose sa loi au détriment de l’écologie. Contre la rigueur, qui ne dit pas son nom, mais sert l’extrême droite. Et contre le machisme, enfin. Même si elle admet n’avoir pas découvert d’hier qu’il était difficile d’être une femme en politique, elle remarque tout de même que Jérôme Cahuzac a été remercié pour ce qu’il avait accompli au service de l’État, ce qui n’a pas été son cas. « C’est parce que je suis fidèle à mes ambitions que j’ai gêné certaines forces », croit-elle pouvoir résumer, en déplorant le « renoncement à l’espoir du 6 mai » suscité par la victoire de la gauche. À l’écouter, plusieurs ministres partagent sa déception et sa colère mais personne n’oserait plus moufter. Et de lancer, bravache : « J’assume ma responsabilité d’être une lanceuse d’alerte ».
Bigre ! Delphine Batho, Ed Snowden, même combat ? Comme ce dernier, elle cherche d’ailleurs un asile. Et pourquoi pas auprès des Verts ? Elle n’exclut rien… En attendant, elle va soutenir la fondation Nicolas Hulot et reprendre son siège de députée à l’Assemblée. Tiens ? Son suppléant, congédié dès lors sans préavis, convoquera-t-il lui aussi une conférence de presse ?
Vos réactions
Voir toutes les réactions Article quasi vide dont le très peu de substance est orientée. Les rédacteurs du Soir ont décidément une bien drôle de vison du métier de journaliste. Que l'on ait des opinions et que l'on tienne à les exprimer, certes, il n'y a rien d'inhabituel ou malhonnête, mais le journalisme se doit avant tout d'être un organe d'information et non de propagande. C'est triste de voir le Soir, jadis le plus qualitatif quotidien francophone se comporter de la sorte. Rumeurs, informations orientés, censure et articles sans fond sont devenus routine, du moins dans sa version gratuite en ligne. J'avoue ne même plus vouloir acheter la version papier tant le niveau a baissé. J'espère un sursaut... depuis 10 ans.
Je trouve que l'article est fortement orienté pro-Hollande. La question que le journaliste avait en tête en écrivant n'était sans doute pas: "comment relater l'info de manière impartiale?" Mais plutôt: "comment relater l'info en défendant la position de M. Hollande, quitte à saquer l'ex-ministre?" Peut-être que chez Rossel on a reçu l'instruction de défendre bec et ongles le PS français afin de ne pas compliquer la perception des lecteurs, et parce que LeSoir offre son soutien inconditionnel à M. Di Rupo? Selon moi, ça fait longtemps que le Soir est le journal de propagande de la majorité fédérale (car il ne faut pas omettre de lécher la main du maître), et en particulier du PS Wallon quand c'est possible (là, c'est coup double).
Moi ce que je me demande, c'est pourquoi cet article est aussi dédaigneux à l'égard d'une ministre qui a eu le cran de critiquer les décisions du gouvernement dont elle faisait partie, ce qui est un fait assez rare que pour en souligner le courage. Enfin, je me demande pourquoi... pas vraiment.
Ledroit20, Daniel Balavoine disait déjà "il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête". Qu'est ce que le fait que Hulot soit fréqué vient faire la dedans. Vous êtes envieux comme bcp sur ce forum. Perso je suis pas fan de Hulot mais pq le critiquer on l'a pas encore vu à l'oeuvre.





Je lui dis bravo à la Delphine.. Il est rare de ne pas finir corrompu et de poursuivre, et dans son cas,se faire virer,ses convictions,car nous avons encore ici cette espèce de gouvernance bien dans le ton de ce qui se fait actuellement partout, qui crache sur le monde du fric et des magouilles en bla bla inutiles,et de l autre coté,qui démontre très exactement qu en réalité,ils sont cul et chemise à s entrelacer comme 2 vieilles de la rue St Denis ou du Bois de Boulogne.Ils viendront dire que les gens ne s intéressent plus à ce qu ils appellent politique et moi magouilles & co.D autant qu en réalité,l Europe étant supranationale,ils ne sont plus que des pantins et polichinelles vides de réels pouvoirs décisionnels.En fait,nous voilà dirigé par une bande de technocrates bouffis dans le luxe,le fric,et l arrivisme,comme les nôtres,nos propres ploucs,c est sûr,l avenir s annonce rose pour tout le monde,ces gens qui imposent des quotas,règles et le reste,pour la plupart ne connaissent rien de la réali[...]