La gestion de l’erreur, nouveau champ de recherche à Solvay

Olivier Croughs

La Solvay Business School of Economics and Management se veut pionnière sur la gestion de l’erreur. Une discipline qui devrait profiter à la formation et aux entreprises.

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Pierre Drion, à l’origine du projet.
    Pierre Drion, à l’origine du projet.
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Bruno van Pottelsberghe, cofondateur du projet et Doyen de la chaire Innovation à la Solvay Business School of Economcis and Management.
    Bruno van Pottelsberghe, cofondateur du projet et Doyen de la chaire Innovation à la Solvay Business School of Economcis and Management.

Pourquoi ne pas prendre le contre-pied de l’enseignement de la réussite ? Pourquoi ne pas prendre acte du fait que l’humain est rempli d’imperfections et commet des erreurs ? Plutôt que de se voiler la face, la Solvay Business School of Economics and Management (ULB) a choisi de lancer un nouveau projet de recherche sur la gestion de l’erreur, qu’elle espère démarrer d’ici la fin de l’année. L’école vient d’ailleurs de lancer un appel international à candidatures pour quatre postes de chercheurs (deux doctorants et deux post-doctorants) qui profiteront d’un mandat de cinq ans afin d’établir, à terme, une littérature innovante en la matière.

«  Les erreurs de décision proviennent le plus souvent, au-delà de leurs strictes causes techniques, de conflits émotionnels ou culturels, de négligences des conséquences d’une décision à long terme ou d’excès d’arrogance  », explique Pierre Drion, chef d’entreprise et expert en finance à l’origine du projet. attendent une équipe multidisciplinaire afin d’aborder la problématique de la manière la plus complète possible. Principalement souhaitées dans la description de l’offre, les compétences en gestion des ressources humaines, en psychologie, en économie ou, la plus exigeante, en finance, devraient dès lors idéalement se compléter. À noter que pour la première fois, la Solvay Business School of Management recrute ses chercheurs sur base de projets et non plus de profils.

L’objectif de la recherche est très clair : produire du matériel de formation inédit et contribuer au rayonnement international de l’ULB, la matière n’ayant jamais suscité autant d’engagement scientifique, académique et financier. En l’occurrence, le projet bénéficie d’un budget de 1.250.000 euros levés auprès du fonds Inbev-Baillet Latour.

Le programme devrait consister à réaliser des études de cas, de la recherche conceptuelle et scientifique pure et in fine à produire du matériel de cours. «  Dans un premier temps, en guise de prototype, celui-ci devrait donner lieu à un cours à option en master et peut-être s’intégrer à l’Executive Master in Management. Nous verrons plus tard s’il pourra faire l’objet d’un cours obligatoire de master  », précise Bruno van Pottelsberghe, doyen à la chaire Innovation de la Solvay Business School et cofondateur du programme.

Pour les retombées attendues d’une telle démarche, le doyen se veut confiant : «  N’importe quel chef d’entreprise devrait trouver son compte dans cette discipline. Il s’agit de transformer l’erreur en opportunité de croissance ou d’innovation. Tout le monde y gagne.  » Et si le terrain le plus concret d’application semble pour l’instant se concentrer sur la finance en général et le secteur bancaire en particulier, Bruno van Pottelsberghe n’écarte pas la possibilité de voir naître à plus long terme des cabinets de consultance spécialisés dans la gestion de l’erreur.

Pour l’heure, le projet bénéficie déjà du soutien actif de Jean-Pierre Bizet (patron de D’Ieteren) et de Pierre Franquotte (ex-patron d’Euroclear).

Un pari d’avenir donc. Quoique vu le marché de l’erreur, c’est sans doute gagné d’avance.

Osez la rencontre !