Échouer, un luxe devenu impayable
Quelle semaine ! Jamais un gouvernement n’aura connu une telle succession d’événements en un laps de temps aussi court. L’ajustement budgétaire 2013 et le budget 2014, l’abdication du Roi et l’annonce de sa succession, un accord social certes un peu forcé mais qui s’assimile à un succès après les deux précédents échecs de l’accord interprofessionnel (AIP). Comme si, dans une espèce d’allégresse momentanée, tous ces événements s’enchaînaient, comme coulant de source.
Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Faire accepter aux syndicats de sabrer dans les acquis de bataillons d’employés constituant le gros de leurs troupes, obtenir de la FEB des avancées pour les ouvriers, dont certains actifs dans des secteurs tournés vers l’exportation. Mais le gouvernement y a mis sa patte. Et un peu de moyens. Ainsi, à l’avenir, les entreprises pourront provisionner pour leur préavis et défiscaliser une partie du montant épargné.
Parce qu’après deux AIP rejetés, une rupture des négociations aurait sonné le glas de ce fameux « compromis à la belge » qui fait la marque de fabrique de notre modèle social. Encore qu’on aurait pu le déplorer mais se faire une raison, le dialogue social étant un moyen et non une fin en soi.
Non, la véritable impossibilité d’un échec tient dans ses conséquences. Ne pas conclure l’harmonisation des statuts ouvrier et employé, c’était ouvrir une période d’incertitude juridique qui n’aurait été profitable à personne. Certainement pas aux patrons, qui risquaient d’être assignés par leurs ouvriers licenciés ; pas plus aux syndicats, pas forcément assurés que les tribunaux auraient tranché en faveur d’une harmonisation vers le haut des délais de préavis ; encore moins au gouvernement, chargé de la patate chaude, l’Etat encourant également une condamnation en justice pour le maintien de cette discrimination. Echouer avait un coût, symbolique et financier. Dans un cas comme dans l’autre, il était trop élevé.
Bref, politiques, patrons et syndicats se trouvaient dos au précipice. Il ne leur était donc plus loisible de reculer. Il leur fallait donc effectuer un pas vers l’autre. Ou tomber tous ensemble dans la béance d’un vide juridique.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Extreme gauche. L extreme gauche, ce sont aussi les massacres soviétiques et chinois, il ne faut pas l oublier.
[En reaction aux propos de M. Eyskens] Que je suis las du consensus réactionnaire qui veut systématiquement assimiler extrême-gauche à extrême-droite dans la communication politique ou journalistique! Il n'y a rien de plus différent, de plus opposé ni de plus éloigné dans le spectre politique. Ces tendances se sont affrontées pendant toute l'histoire, et en particulier pendant le XXème siècle. L'extrême-droite est un poison populiste qui sert une frange marginale de puissants et qui mène à l'asservissement du peuple, à l'élimination des faibles et des "boucs-émissaires". En revanche, l'extrême-gauche, lorsqu'elle a été appliquée dans ses principes, a amené des sociétés émancipatrices qui tiennent compte du plus grand nombre et des plus faibles. La lutte historique pour l'émancipation est portée par la gauche et écrasée par la droite. Les assimiler est une antithèse mensongère.
Hélas, M. Lorent est un journaliste à la Delvaux, Meskens et consors, et il ne s'est pas renseigné sur la situation générale, il a préféré ajuster son microscope sur quelques menus détails de court terme, et faire passer sa soupe de droite avec des condiments surannés. Car je ne vois pas où dans cet "accord", dans cette exigence patronale (1%) les travailleurs (99%) ont gagné un iota. En revanche, je vois très bien où le patronat gagne une fois de plus... comme depuis trente ans. La stratégie du journaliste est de rappeler que c'est la crise (au besoin en utilisant le roi), et que sous le prétexte de compétitivité (qu'il ne doit même plus prononcer), il faut sabrer dans les conquis sociaux (les "acquis", selon lui). Mais il oublie de mentionner que la Belgique a l'un des plus hauts PIB/hab. du monde, et que la fiscalité y est ubuesque tant elle écrase le travail et libère les rentiers et grands patrons.
Compromis à la belge. Il est plus que temps de débrancher le compromis à la belge. Il est impayable dans ce monde globalisé.




L extrême droite c est l annihilation de l individu au profit de "quelque chose de plus grand": Dieu, le Roi, la Patrie, l'honneur... Ceux qui n adhèrent pas seront des traitres. L extrême gauche c est l annihilation de l individu au profit de "quelque chose de plus grand": Le peuple, le parti, le progrès... Ceux qui n adhèrent pas seront des traitres réactionnaires. L histoire montre que ces 2 régimes emploient la même méthode et provoquent les mêmes carnages. Ces deux systèmes me considèrent comme étant l ennemi