Le second choix n’est pas forcément mauvais

Pierre Bouillon
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Il aura fait vite, finalement. Averti le 25 juin de la maladie touchant Marie-Dominique Simonet, Benoît Lutgen avait dû garder le secret jusqu’à jeudi dernier, quand la ministre de l’Enseignement a publiquement évoqué son cancer pour annoncer sa démission.

Ce n’est qu’à partir de cette annonce que le président du CDH a réellement pu se mettre à consulter pour pourvoir au remplacement de la Liégeoise.

Le Soir du week-end le rapportait : Lutgen a d’abord pensé à remplacer Simonet par Joëlle Milquet. La ministre de l’Intérieur a refusé, en invoquant la nécessité de garantir la stabilité dans l’équipe gouvernementale, surtout à l’heure où le pays va changer de roi.

Sur papier, le « scénario Milquet » ne manquait pas d’atouts. La qualité de Simonet est aussi son défaut : sa personnalité consensuelle a permis de maintenir la paix dans la basse-cour scolaire mais elle aura parfois manqué du mordant qu’il fallait pour moucher cette opposition libérale terriblement cogneuse sur le dossier de l’enseignement en général, sur le terrain bruxellois en particulier –  là où sévit principalement le décret inscriptions. Le défaut de Milquet est aussi sa qualité : c’est une forte en gueule, plus offensive.

Mais soit : elle a dit non.

Si Benoît Lutgen a été rapide, cela ne veut pas dire pour autant que l’affaire a été facile à dénouer. Et la difficulté à remplacer Simonet dit mieux que tout combien l’école est un ministère difficile. Et combien Simonet s’en est plutôt bien sortie, au fond.

On peut évidemment contester certains choix, certaines options. Mais si elle n’avait pas d’argent (ce qui est le défaut principal des ministres de l’Enseignement), elle avait au moins une méthode : celle des petits pas.

On ne décrète pas. On laisse les écoles expérimenter des systèmes –  singulièrement pour lutter contre l’échec. On évalue. Si ça marche, on étend, on propage, on met les établissements en contact, on les met en réseau, pour que les bonnes pratiques circulent.

C’est une politique fondée sur la confiance dans les acteurs de terrain, qui mise sur le temps et qui ne cherche pas le coup d’éclat.

Bref, une politique ressemblant à celle qui l’a conçue. Et qui, de ce que l’on sait, conviendra bien à Marie-Martine Schyns, une femme au tempérament très ressemblant à celui de Simonet.

Tout cela pour dire quoi ?

Que si Milquet était le premier choix du CDH, ce n’était pas forcément le meilleur.

Et que si Schyns était le deuxième choix, cela ne veut pas dire qu’il est mauvais.

Vos réactions

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4. TILMANT Jean-Paul dit le 08/07/2013, 11:48

L'enseignement en communauté française? ....terrible second choix!,peu importe qui est à la "manoeuvre",avez-vous observé le "rapport qualité/prix !,à qui la faute :l'élève,l'enseignant,l'immigration?

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3. jmv71 dit le 08/07/2013, 11:10

@Le Soir Bravo encore pour la propagande... Qui parle de manque d'argent? L'enseignement en Belgique est, en pourcentage du PIB, un des plus élevé de l'OCDE. Il faut vraiment soit ne pas connaitre le dossier ou soit avoir envie de détourner l'origine du problème pour dire un mensonge pareil! Partant du principe que vos journalistes sont bien informés, je pencherais plutôt pour la deuxième possibilité. Et le problème, surtout en Belgique francophone, est de savoir comment mieux distribuer les euros dévolus au monde de l'éducation... Comment, avec autant de moyens, a-t-on un niveau de si faible qualité et des infrastructures en état de délabrements permanent? Chers journalistes, c'est à ce genre de questions que j'aimerais que vous répondiez! Merci!

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2. BruxellesdanslaRue dit le 08/07/2013, 10:58

[ Tout un Edito pour dire ça! ] Et surtout, pour ne pas oublier de mentionner la "basse-cour scolaire". La basse-cour scolaire... Basse-cour, ça me fait penser à des poules qui se disputent quelques miettes, avec vivacité et sans grande intelligence, répétant en somme ce que les poules font de génération en génération, sans innovation, depuis des millénaires. Si les journalistes voient l'école, ses enjeux et ses conflits sous cet angle et qu'ils contribuent donc à répandre cette vision tronquée et débilitante (ce ne sera pas la première fois), ils pourraient réussir à achever cette institution déjà moribonde. Après les histoires de mes pères et leurs espoirs, j'avais rêvé d'un pays où, au sommet de la cité, on abattrait les temples pour mettre des écoles. En Belgique, on a mis des banques. Dans quel pays verra-t-on les rêves émancipateurs s'accomplir? En Egypte?

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1. Dong Zhuo dit le 08/07/2013, 06:48

En bref, Lutgen a choisi cette dame pour récupérer sa place de députée afin de recaser un apparatchik du CDH qui faute d'avoir réussi à se faire réélire risquait d'aller pointer au chômage.

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