11h02: «En matière de cybersabotage, la Belgique est nulle part»
Si les attaques à main armée, les meurtres et assassinats, les viols ou encore les vols de voitures sont en baisse, une hausse notable est constatée concernant les cambriolages ou les extorsions par voie informatique et actes de cybersabotages sont en forte hausse. Alain Lallemand a répondu à vos questions.
Globalement, on peut se réjouir des chiffres…
« La population belge augmente et on remarque que les crimes et les délits sont stables et que les vols à main armée, les coups et blessures volontaires, etc. sont même en baisse par rapport à 2008. Cette année-là, on dénombrait 1.005.000 infractions alors qu’aujourd’hui nous sommes à 1.021.000. Étant donné l’accroissement de la population, on distingue une certaine stabilité. La tendance à la baisse se retrouve davantage à Bruxelles et en Wallonie, respectivement, il y a une diminution de 6.4 % et de 4.6 % pour ces deux régions. »
Un point noir cependant, les cambriolages de maisons ont augmenté. Comment expliquer cette tendance ? Est-ce que la technoprévention a montré ses limites ?
« Au contraire. En présentant ces chiffres, la police confirme que cette augmentation l’incite à poursuivre ses efforts en terme de technoprévention. Il n’y a jamais eu autant d’efforts pour aider les citoyens à protéger leur maison. Il est possible de faire surveiller sa maison par une brigade de police et les conseils en terme de technoprévention, c’est-à-dire les techniques pour sécuriser sa maison, sont gratuits. Par des moyens simples et pour quelques euros, un policier peut vous aider à garantir plus de sécurité. Mais, de manière générale et malgré la technoprévention, on constate que la crise engendre une augmentation de ce type de cambriolage. »
Le fait qu’il y a moins d’attaques à main armée est-il le fruit du durcissement de la loi contre les armes ?
« Il est un peu tôt pour tirer cette conclusion. La circulation des armes est importante. Même si le commerce d’armes et le port d’arme illégal sont en diminution. C’est dû à une politique plus cohérente. Mais il faut prendre ces chiffres avec méfiance et faire la part entre la communication politique et la réalité sur le terrain. En terme de police de proximité, les chiffres sont bons mais lorsqu’on s’intéresse au crime organisé, on constate qu’il n’y a pas assez d’effectifs pour contrer la grande criminalité. »
La criminalité « classique » ne se déplace-t-elle pas vers la cybercriminalité ?
« Les cas d’extorsions informatiques sont en recrudescence. De plus en plus de délits sont déclarés, alors de fait, les chiffres s’envolent. Mais attention au terme « cybercriminalité » qui sert parfois de fourre-tout. Ne pas confondre, par exemple, cybersabotage et « hacking » qui consiste à rentrer dans votre ordinateur et le bloquer ou y dérober quelque chose. Il faut également distinguer dans les statistiques le sabotage de Monsieur tout-le-monde et le sabotage d’institutions qui peut bloquer un État. La Computer Crime Unit fait bien son travail mais ils sont débordés. Il est vrai quand matière de cybercriminalité, la Belgique est nulle part. Il faut donc y mettre plus de moyens. »
Les chiffres des trafics de drogues internationaux sont en baisse alors que dans le même temps les plants de cannabis se multiplient. Peut-on mettre en relation ces données ?
« C’est une très bonne question. Quand on parle de diminution de trafic international, on ne parle pas de la cocaïne de Colombie mais d’une politique Hollandaise plus dure avec l’approvisionnement des étrangers. Les Belges ne pouvant plus passer la frontière pour acheter des produits stupéfiants, ils produisent leurs plants de marijuana chez eux, ce qui est légal, dans une certaine mesure. »



