L’armée n’utilise que ce qu’elle connaît: les armes
Après le renversement mercredi dernier du président Mohamed Morsi, tout ce que l’Egypte comptait d’opposants aux Frères musulmans s’est offusqué de l’appellation de coup d’État. Et tous les doutes sur la destitution d’un président démocratiquement élu voici un an à peine, étaient accueillis avec acrimonie.
Ce qui se passe depuis confirme hélas que les doutes et les craintes étaient justifiés. L’armée égyptienne a rompu l’ordre institutionnel. Elle prétend être intervenue très momentanément pour installer un nouveau pouvoir civil. Celui-ci doit rapidement construire un large consensus, incluant toutes les forces vives du pays, y compris les Frères musulmans. Mais force est de constater que lorsqu’on suspend l’ordre institutionnel, il n’y a plus de cadre qui permette à la négociation politique de fonctionner. Il n’y a, non plus, aucune force à la légitimité suffisante pour jouer le rôle de l’arbitre.
L’armée et son patron le général al-Sissi se retrouvent dès lors comme les vrais et seuls détenteurs du pouvoir égyptien. Mais dans un contexte d’affrontement, l’armée, qui se confondait jusqu’à il y a peu avec la dictature de Moubarak, ne tire son autorité que des armes. L’histoire prouve que lorsque l’autorité d’une armée est mise en cause hors de structures démocratiques éprouvées, elle n’utilise que ce qu’elle a à sa disposition et qu’elle connaît le mieux : ces mêmes armes.
Les arguments contre la dérive autocratique de Mohamed Morsi et des Frères musulmans ne manquaient pas de force, et en Occident, il ne se trouve pas grand monde pour les regretter. Mais ce qui se passe ces trois derniers jours en Egypte démontre que nous avons bien assisté à un coup d’État.
Il n’y a qu’une seule alternative à ce scénario catastrophe : l’interruption des poursuites et persécutions à l’égard des partisans du président déchu, et l’inclusion des Frères musulmans dans un grand dialogue national. Obtenir leur ralliement à ce processus ne sera pas la moindre des difficultés. Paradoxalement, il appartient maintenant à ceux qui détiennent le pouvoir, de faire les concessions nécessaires pour que cela soit possible.
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Voir toutes les réactions (suite)."ce processus ne sera pas la moindre des difficultés">puisqu il y a aussi des journalistes intéressés par "l événementiel" qui prennent un malin plaisir à jeter de l'huile sur le feu...
"ne tire son autorité que des armes">Apprenez la différence entre "maintenir l ordre" et "un coups d Etat militaire" ;-) "elle connaît le mieux : ces mêmes armes" et son intelligence qui est l art de savoir s abstenir d en faire usage. "devoir instaurer un ordre militaire qui s abattra">Si c était le cas ce serait déjà chose faite et sans pour autan en appeler à un autre référendum. "état d urgence " ou "légalité de crise" qui confère à certaines autorités publiques des pouvoirs qu elles ne détiennent pas dans des circonstances normales. Ceci dit on y est depuis 20 ans en Belgique et on s en porte (presque) pas plus mal :-) "seule alternative à ce scénario catastrophe" c est que des Etat tiers se calment et cessent d inciter à la haine des gens qui on tout intérêts à ne plus les écouter."ce processus ne sera pas la moindre des difficultés">puisqu il y a aussi des journalistes intéressé par "l événementiel" qui prennent un malin plaisir à jeter de l'huile [...]
"ne tire son autorité que des armes">Apprenez la différence entre "maintenir l ordre" et "un coups d Etat militaire" ;-) "elle connaît le mieux : ces mêmes armes" et son intelligence qui est l art de savoir s abstenir d en faire usage. "devoir instaurer un ordre militaire qui s abattra">Si c était le cas ce serait déjà chose faite et sans pour autan en appeler à un autre référendum. "état d



Dans les pays du moyen orient, le ministre des affaires intérieures et le ministre de la défense ne font qu un. Dès lors, il est logique que ce soit l armée qui fasse face aux manifestants (Je n ai pas dit que c était une bonne chose)