Une réforme qui en appelle presque une autre

Véronique Lamquin
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Est-ce la plus grande réforme institutionnelle de l’histoire ? On peut gloser à l’infini sur le thème. Sans doute les premières étaient-elles autrement plus révolutionnaires pour le pays. Mais la sixième marque un véritable tournant pour l’Etat fédéral. En chiffres, d’abord : Régions et Communautés gèrent désormais davantage d’argent que l’Etat. Surtout, le budget de la seule Flandre dépassera, en 2015, celui du fédéral, tout un symbole. Demain, les Régions percevront un quart de l’impôt des personnes physiques ; elles vivront majoritairement de leurs recettes propres. Le centre de gravité s’est bel et bien déplacé vers les Régions.

Est-ce, dès lors, la réforme qu’il fallait pour stabiliser durablement la Belgique ? Non ! Cet accord relève certes du miracle : conclu au terme de 541 jours de crise, avec huit partis à la table, c’était, dans le contexte de 2011, le meilleur texte possible.

La Flandre peut brandir ses trophées : 20 milliards de compétences et 12 milliards d’autonomie fiscale . Bruxelles devient une Région à part entière, les francophones ont dix ans pour se redresser.

Mais cette sixième réforme ouvre aussi une brèche dans la Sécu : 15 % de son budget est transféré. Certes, on ne touche pas aux mécanismes de solidarité qui fondent les régimes des pensions, du chômage ou des soins de santé… mais le premier coup est porté, un tabou est tombé. Et puis, cette réforme ne brille pas par sa cohérence. Pour éviter d’aller trop loin, singulièrement en matière d’emploi, de justice ou de soins de santé, on a lâché des parcelles de pouvoir aux Régions. Avec pour conséquence un éparpillement de compétences entre niveaux de pouvoir. Une septième réforme de l’Etat pourrait presque s’imposer d’elle-même, au nom de l‘efficacité des politiques. Potentiellement vertueuse, elle pourrait, aussi, s’avérer très dangereuse. C‘est qu’il ne reste plus grand-chose à transférer du fédéral, sous peine de lui enlever sa raison d’être.

Vos réactions

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8. individualiste dit le 11/07/2013, 21:12

L'émancipation du peuple, c'est qu'il arrive à se passer de hiérarchie

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7. BruxellesdanslaRue dit le 11/07/2013, 13:39

[Revolution] (suite) Alors on repense à la révolution copernicienne telle qu'elle devrait être, à savoir un profond changement de perspective où les vérités les plus ancrées voleraient en éclat. Il est difficile de voir ou de savoir quand cela arrivera et pourquoi. On peut philosopher un peu et penser à supprimer l'argent, ou à sortir du Capitalisme, mais en fait ce qui doit venir demeure impensable pour nous. On peut toutefois penser à de nouvelles utopies en lesquelles les gens croiraient, mais en tout cas ce qui est sur la table aujourd'hui, et en particulier ce qui est amené par ceux qui se disent révolutionnaires et qui ne sont que réactionnaires, n'est pas souhaitable pour personne. Si la Belgique a fort besoin d'une révolution (par les urnes), c'est d'abord le monde qui en a besoin. Or les conditions d'un tel changement, à commencer par une utopie et une conscience collective, ne sont pas réunies. En attendant, il faut choisir l'extrême-droite ou la gauche.

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6. BruxellesdanslaRue dit le 11/07/2013, 13:29

[Révolution] Un état qui amoncèle les réformes comme des cadavres sur un charnier, en courant toujours plus vite vers des points de fuite inatteignables, est mûr pour la révolution. Mais quelle révolution? D'abord il faut rire longtemps et de bon coeur au sujet de la "révolution copernicienne" appelée par la NVA. Une révolution copernicienne résulte d'un changement dans la représentation qu'on se fait du monde, et un tel changement se ramifie dans les sciences, la philosophie, la culture etc. Quand on voit la NVA appeler chacun à faire le "grand bon en arrière" du néolibéralisme, encenser les collabos, mettre en pratique le révisionnisme historique de manière industrielle, transformer les chiffres, saquer les homos, présenter le racisme comme une libération etc. on a du mal à y voir une quelconque révolution copernicienne. On y voit plutôt un assemblage hétéroclite de mensonges et de provocations qui balance au gré des vents et des news.

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5. nougat dit le 11/07/2013, 13:21

les bases d'une future réforme les bases d'une nouvelle réforme sont délimitées. Demain, soit la NVA admet le bienfondé d'une Etat fédéral où quatre entités Bruxelles, Vlaanderen, Wallonie et la communauté allemande co- l'Etat fédéral et simplifient de manière drastique les administrations communales, provinciales, régionales et communautaires afin de diminuer de manière drastique les fonctionnaires de ces entités administratives complémentaires pour ne pas dire doublons, triplettes ou quadriplettes administratives totalement dépassées à l'heure de l'informatique et de l'informatisation de toutes les données de notre population. Tous les politiciens actuels parlent d'économies de gestion parcimonieuse et d'd'économies d'échelles. Tout est présent pour un régime drastique et un boni budgétaire incommensurable par exemple au niveau de divers SPF ou de zones de polices ou communes trop étriquées en population et superficies.

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4. Bonito dit le 11/07/2013, 11:49

Conclusion : nous sommes ballottés par des menteurs et l'hypocrisie ambiante qui les anime les aveugle. 2014 c'est demain. Nul doute qu'ils trouveront tous de bons arguments pour justifier la nécessité d'une septième réforme avec ou sans les nationalistes flamands.

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