Le 11h02: «Voir à présent comment les partis flamands vont vendre la réforme de l’État»
Avec la 6e réforme de l’État bouclée, doit-on s’attendre à une nouvelle donne politique en Flandre ? Et ce, dans la perspective des élections de 2014. Véronique Lamquin a répondu à vos questions.
Les deux dernières semaines étaient à tout le moins chargées pour le gouvernement Di Rupo : budget bouclé, négociations à propos du statut unique terminées, annonce et gestion de l’abdication du Roi et surtout la sixième réforme de l’État...
En quoi cette sixième réforme est-elle historique ?
« Elle l’est dans la mesure où un certain nombre de compétences mais surtout de moyens vont être transférés vers les régions. Ce ne sont pas moins de vingt milliards d’euros supplémentaires dans les caisses des régions. Pour faire simple, les régions sont, avec cette réforme, plus puissantes que l’État fédéral. C’est un basculement important en terme de rapports de forces, les régions prennent plus de poids. C’était davantage une demande flamande de jouir de plus de leviers et d’indépendance face au fédéral, mais l’exigence des francophones face aux Flamands était de garantir le financement de Bruxelles. »
Justement, concernant Bruxelles, l’argent promis arrivera-t-il ?
« Le refinancement de Bruxelles est acquis. Une première partie est plus ou moins assurée, elle n’est pas encore tout à fait arrivée. La partie de 2013, de 61 millions, arrivera plus tard, échelonné en trois tranches de 20 millions. À partir de 2014, on reprend les paiements comme définis en 2011. Donc l’argent arrivera avec un peu de retard. »
Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour les citoyens ?
« Il y a trois changements que l’on peut mettre en avant. Les régions vont désormais bénéficier d’un quart de l’impôt, mais dans la déclaration, à quoi cela va-t-il ressembler ? Il n’y aura toujours qu’une seule déclaration à remplir et cela va fonctionner à la manière des additionnels communaux. À la fin de la déclaration, les régions vont retranscrire le pourcentage qu’elles prennent sur l’impôt, sauf qu’avant cette étape, le volet fédéral aura diminué son pourcentage. Pour les régions plus modestes, il y aura sans doute une augmentation de ce pourcentage. Donc, une augmentation possible de l’impôt. Concernant le chômage, les règles sont toujours fixées au fédéral mais leur application est maintenant une compétence régionale. Globalement, on peut dire que les régions s’occupent des citoyens du berceau à la retraite puisque les allocations familiales et les maisons de repos seront aussi du ressort des régions. »
Quel impact politique cette réforme risque-t-elle d’avoir sur les partis en lice pour les élections de 2014 ?
« La réforme sera d’office un thème de campagne. Dans l’opposition, au fédéral, on trouve Bart De Wever (N-VA) qui est critique à l’égard de la réforme. Mais il est dans une position assez délicate parce qu’il revendiquait plus de compétences et de moyens acquis, maintenant, avec cette sixième réforme. Donc, plus question pour lui de septième réforme. Il demande juste aux partenaires politiques de se mettre au tour de la table et de voir ce qui est encore discutable ensemble. C’est-à-dire plus grand chose. De son côté, Olivier Maingain (FDF) aussi est critique. Son cheval de bataille est les communes à facilités. Or, les partis de la majorité ont pris le parti de tabler davantage sur Bruxelles.
En ce qui concerne les partis flamands, ce sera tout bénéfice pour eux s’ils gèrent efficacement leur campagne de 2014. On peut s’attendre à l’argument « voyez comme nous travaillons bien sans la N-VA ». Il faudra voir à présent comment ils vont vendre cette sixième réforme.
Enfin, le PS, en baisse dans les sondages, pourrait éventuellement bénéficier de l’effet de la réforme mais ça reste difficile à dire. C’est surtout Elio Di Rupo qui est susceptible de tirer les bénéfices parce qu’il a sorti le pays du blocage et bouclé plusieurs réformes en un court laps de temps. Ce sera intéressant de voir les tendances dans les prochains sondages. »
Que reste-t-il d’historique à accomplir pour le premier ministre ?
« Il y a bien sûr le 21 juillet et la passation royale, ensuite faire voter la réforme en septembre, présenter le budget à la Commission européenne et puis, il y aura la campagne. Sans oublier des vacances bien méritées, sans doute pour août. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions la 6e réforme de lEtat est surtout un grand coup dans l'eau pour la Flandre. Elle lui coûtera beaucoup d'argent vau profits des francophones qui ne peuvent s'appauvrir. Son seule effet sera le maintient des petits partis traditionnels au pouvoir.
la 6e réforme de lEtat est surtout un grand coup dans l'eau pour la Flandre. Elle lui coûtera beaucoup d'argent vau profits des francophones qui ne peuvent s'appauvrir. Son seule effet sera le maintient des petits partis traditionnels au pouvoir.









Ainsi, la vieille belgique, sous la pression des frères flamingants, aura fait mieux que l Europe à qui on reproche de ne pas combattre le dumping social et fiscal en son sein: elle l initie, a l interieur de ses frontières... Et parle de concurrence. La Flandre se réserve encore l avantage en maîtrisant les leviers de pouvoir d extorquer les moyens du fédéral et des deux autres régions à son bénéfice exclusif - c est pour cela seulement qu elle renonce à aller plus loin, se préparant à rejouer sans fin le coup du financement de Sidmar par Cockerill-Sambre et les groupes publics financiers belges... Assez. Vivement la séparation pure et simple. C est le la réforme de l