Déchantez ! La Belgique est loin d’être sauvée

Pascal Lorent
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Personne n’amadouera la N-VA avec une réforme maintenant une structure fédérale signifiante. Le combat pour préserver une certaine idée de la Belgique se situe désormais en Flandre. La bataille se gagnera dans la tête des électeurs flamands.

La Flandre est à la fête ! Et pas seulement parce que ce 11 juillet célèbre sa Communauté. Non, la sixième réforme de l’Etat, bouclée voici quelques jours, consacre ce fameux basculement du «centre de gravité» de la Belgique : dès 2015, Communauté et Région flamandes géreront un budget supérieur à celui du fédéral. Pieter De Crem l’a bien compris, lui qui parle de « plus beau 11 juillet depuis 1302 » (date de la bataille des Eperons d’or).

Même la N-VA semble mettre une sourdine à ses velléités confédéralistes : membre du gouvernement régional de Kris Peeters, elle apportera son concours à la mise en œuvre de la réforme de l’Etat. Qui plus est, lors de son discours officiel, ce jeudi, le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), a évité toute attaque frontale contre la monarchie, suggérant simplement à Philippe/Filip de régner en « roi moderne ». Et Bart De Wever lui-même ne réclame plus désormais une 7e réforme institutionnelle, conscient qu’il est de l’isolement de son parti dans le paysage politique.

Mais ne vous y fiez pas : ce n’est pas une sourdine, c’est un silencieux ! Et le canon situé juste derrière reste armé. Car la N-VA veut désormais ouvrir à révision l’article 35 de la Constitution. Traduisez : définir ce que francophones et Flamands veulent encore gérer en commun au niveau fédéral et transférer le solde aux entités fédérées. Ce n’est pas neuf. Cela démontre juste que les nationalistes flamands ne désarment pas, entonnant leur couplet de l’anti-système : nous, seuls contre tous.

On peut comprendre que le fruit des travaux budgétaires fédéraux ne la réjouisse pas : la N-VA est confédéraliste. Que la succession au trône la laisse de marbre : elle est républicaine. Mais la 6e réforme de l’Etat consacre la montée en puissance des entités fédérées et réduit la prégnance belgicaine. Or Bart de Wever n’y voit qu’une opération d’assainissement budgétaire réalisée sur le dos de la Flandre.

En vérité, personne n’amadouera la N-VA avec une réforme maintenant une structure fédérale signifiante. Le combat pour préserver une certaine idée de la Belgique se situe désormais en Flandre, dans la représentation du réel. La bataille se gagnera dans la tête des électeurs flamands. Il faut à présent les convaincre que leur région dispose d’une large maîtrise de son destin. Et qu’elle ne doit plus chercher dans l’épouvantail francophone collectiviste, le bouc émissaire de ses insatisfactions. Il reste un an aux partis traditionnels du Nord pour réformer l’esprit d‘un électeur sur trois.

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90. Espresso dit le 16/07/2013, 12:21

Le succès de la N-VA fut à ce point fulgurant, que de nombreux élus n'avaient aucune expérience ni formation. Avec comme résultat, une gestion qui sent bon le bricolage, l'amateurisme. -- La N-VA mise beaucoup sur ce que nous appellerons "la flamanditude". Des échevins des affaires flamandes, des plans d'action pour faire ressortir le caractère flamand des communes, des célébrations du 11 juillet, des lions flamands et des noms de rue qu'on rebaptise, une exigence accrue sur la connaissance de la langue pour pouvoir s'inscrire dans la commune ou pouvoir accéder aux logements sociaux. Ce sont toutes des choses qui sont une constante dans les communes dirigées par la N-VA et qui sont maintenant largement financées par l'argent des impôts de tous les citoyens. Le nationalisme qui vient d'en haut est devenu une réalité. -- La N-VA s'attaque aux organisations socio-culturelles qui ne partagent pas leurs projets ou qui sont critiques.

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89. Espresso dit le 16/07/2013, 12:20

Le succès de la N-VA fut à ce point fulgurant, que de nombreux élus n'avaient aucune expérience ni formation. Avec comme résultat, une gestion qui sent bon le bricolage, l'amateurisme. -- La N-VA mise beaucoup sur ce que nous appellerons

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88. kaoti dit le 14/07/2013, 19:40

@Espresso Dites-moi! Qu'est-ce que le OVLD a réalisé au sein du gourvenement Papillon? Noppes, nada rien-de-knots! Pour s'opposer, c'est dans la logique des choses de vôter pour l'opposition, quelque chose qu'on n'a pas tout-à-fait bien compris de votre côté de la frontière linguistique.

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87. Francis Gielen dit le 14/07/2013, 19:30

Diaboliser ? On peut diaboliser le parti qu'on veut, mais diaboliser le premier parti en Flandre (NVA) et le premier parti en Wallonie (PS), je trouve cela cocasse. Et à Bruxelles où le PS et le MR sont au coude à coude, qui convient-il de diaboliser ?

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86. Espresso dit le 14/07/2013, 12:41

Tant qu'il y aura des flamingants nationalistes (doctrine du siècle passé et revancharde), la Belgique ne sera pas sauvée . --- Si les Flamands voulaient juste voter à droite ou s'opposer au socialisme marxiste du PS, ils voteraient pour un parti libéral flamand de centre (oVLD) et non pas pour l'extrême-droite (NVA/VB). Prétendre le contraire est malhonnête et inutile... [update]

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