Les vaches regardent passer les clowns
En 39 ans, ce qui était un rassemblement de Chassepierrois férus d’art et de poésie est devenu l’un des événements majeurs de l’été en Belgique et un lieu de rendez-vous international des arts de la rue, du cirque à la danse, en passant par la musique et le théâtre
Une notoriété qui serait due à « l’esprit du village et de leurs habitants », selon Pierre Nicodème, qui profite de l’occasion pour transformer sa « charmante maison » en lieu d’exposition : « Le festival prend de l’ampleur d’année en année, mais reste l’affaire des Chassepierrois qui se réjouissent de montrer aux gens du monde entier leur beau petit village. »
Malgré l’envergure internationale de ce festival, soutenu par une vingtaine de sponsors, son organisation est encore chapeautée par des villageois rassemblés bénévolement au sein de l’ASBL Fête des artistes. « La programmation et la ligne artistique est déléguée au directeur artistique Alain Schmitz. Les villageois et les bénévoles s’occupent des questions techniques », explique le président de l’ASBL, Marc Poncin, « c’est ce côté rural et convivial, mêlé à la qualité artistique de la programmation qui plaît aux touristes et spectateurs. Nous sommes fiers de mettre en valeur notre village et ça fait chaud au cœur d’offrir du plaisir aux spectateurs. »
Gardiens de parking, barmen, personnel de sécurité, régisseurs à disposition des artistes… 200 bénévoles sont ainsi mobilisés pour l’occasion.
Pour Pierre Sauboin, membre du conseil d’administration de l’ASBL et responsable de l’espace buvette, le festival a commencé la semaine dernière : « Nous avons monté les gradins, mis en place les buvettes, etc. Avec le développement du festival, nous préparons les structures de plus en plus tôt, mais nous sommes aussi mieux organisés. Et c’est l’occasion de retrouver des amis », se réjouit le bénévole qui est « né avec le festival. »
Pas facile parfois d’amener de l’électricité au fond de la prairie ou d’approvisionner en eau les artistes. Mais on y arrive ! Pierre se félicite de répondre au mieux aux exigences des artistes ou aux besoins des festivaliers, avec convivialité et bonne humeur. « Et puis, on s’arrange aussi entre gens du village. On se rend des services, comme pour les prairies qui sont prêtées par des paysans », ajoute-t-il.
Si le festival prend de l’ampleur, le bourgmestre Richard Lambert semble conscient des dérapages possibles : « Nous savons qu’il y a une limite à ne pas franchir pour que l’âme du festival soit préservée. Mais pas de problème, nous veillons au grain ! »







