Tour de France: Quick Step rugit avec Trentin

Stéphane Thirion, notre envoyé spécial à Lyon
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L’Italien de l’équipe belge apporte une quatrième victoire à sa formation, la première d’un Transalpin depuis 2010 avec Petacchi.

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Matteo Trentin. Belga
    Matteo Trentin. Belga
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Matteo Trentin. Belga
    Matteo Trentin. Belga

La force de l’équipe Omega Pharma Quick Step, c’est de ne jamais renoncer, de maîtriser les déceptions aussi facilement que les victoires. C’est la recette pour réussir en sport. Combien de formations n’auraient pas fêté la victoire, historique dans son déroulement, de Mark Cavendish en se désintéressant de l’étape suivante comme ce fut le cas pour les trois quarts du peloton, samedi ? Promise à des baroudeurs sur un terrain propice à leurs émois, la route entre Saint-Pourçain et le stade de football de Gerland à Lyon présentait tous les critères pour permettre à ceux qui n’avaient encore rien gagné de filer à l’anglaise sous le contrôle mesuré de l’équipe Sky, nullement inquiétée par le groupe des 18 qui finit par se détacher à l’avant après une première heure de course disputée à 47 km/h de moyenne.

Les Belges pensaient à Gilbert, qui aurait trouvé dans cet espace l’occasion de s’exprimer mais chez BMC, on délégua van Garderen et Burghardt parmi les attaquants, dans l’espoir que la formation Cannondale de Peter Sagan, absente du groupe de tête, relancerait la mécanique à l’arrière. Il n’en fut rien. Le champion du monde, comme tous les autres, put ranger ses objectifs dans un tiroir à charge pour ses partenaires de mener à bien une échappée trop vaste. 18, c’est beaucoup, généralement, cela ne s’entend pas mais dès lors que le peloton avait renoncé, les hommes de tête purent établir les écarts à leur guise et préparer mentalement, un à un, leur chance de victoire. Elle faillit être française, à la veille du 14 juillet, elle était acquise aux deux kilomètres par le Breton Julien Simon de l’équipe Sojasun mais grâce à van Garderen, entre autres, les poursuivants reprirent espoir, dont notre compatriote Jan Bakelants, le seul Belge du groupe, qui se démena pour copier son coup d’Ajaccio. Dans le lot, il y avait un sprinter dont tout le monde se méfiait, Rojas (Movistar) et un jeune coureur que personne ne surveillait, Matteo Trentin, une recrue de Patrick Lefevere à qui on prédit un grand avenir.

Cela a mis un peu de temps mais c’est fait : l’homme a gagné une étape du Tour, le plus grand jour de sa vie, avec l’intelligence d’un coureur d’expérience. Il a exploité l’attaque de Simon, la relance de Burghardt, le mauvais choix de braquet de Rojas pour lever les bras. Il a surtout sprinté plein centre de la chaussée, la meilleure formule. Quick Step, tellement déçue à Nice au contre-la-montre par équipes, frustrée à deux reprises par les arrivées sinueuses pour Cavendish à Saint-Malo puis à Tours, n’a jamais débranché. Elle savait qu’à l’approche du Mont Ventoux, l’occasion était belle d’en ajouter une dans l’escarcelle. On dit souvent que Patrick Lefevere, le manager de l’équipe belge, a une patte de lapin, mais à l’image de ses coureurs, il a surtout beaucoup de jugeote. Ce dimanche, donc, après une journée de répit pour les leaders, la bagarre reprendra dans la fournaise du Vaucluse. Le Tour « normal » reprendra ses droits…

Osez la rencontre !