Un déséquilibre général, mon général
D’accord ! L’armée belge a bien d’autres problèmes : il lui faut recruter des médecins généralistes, moderniser ses frégates, mieux filtrer ses recrues, rajeunir son personnel, financer le matériel aérien déjà commandé – hélicoptères NH90 et gros porteurs Airbus 400M. Même leur facture va voler haut, et je vous passe un « détail » résolument post- 2014 (comprenez « post-
Di Rupo ») comme le renouvellement et le financement des chasseurs F-16, un marché qui pèsera à lui seul l’équivalent de plusieurs budgets annuels de la Défense.
Face à de telles menaces, comment pourrait-on s’affoler du déséquilibre linguistique persistant qui frappe les officiers généraux, une espèce presque en voie de disparition, déjà en quarantaine – c’est leur nombre – et aussi populaire dans l’opinion publique que des banquiers subsidiés ?
Ce n’était pas vrai à l’époque, et il serait tout aussi inepte d’affirmer aujourd’hui que nos généraux néerlandophones ne sont pas sur le terrain d’une parfaite compétence et de facto asexués linguistiquement.
S’il existe un lambeau de Belgique où l’unité est nationale, c’est celui qui sert de drapeau à l’Etat-major.
Mais dans un Etat réformé version 6.0, où il demeurera tentant de raboter les 2,7 milliards du budget Défense, je ne donne pas cher de la réputation, bientôt du budget et, dès lors, du bon fonctionnement de notre armée si un doute linguistique se confirmait. On ne peut-être trop tatillon – fonction pour fonction et sardine pour sardine – mais avec twee generaals pour un seul général francophone, comment ne pas penser que la Flandre fait ses calculs comme si elle avait déjà colonisé Bruxelles ?
Pour autant, la mise en garde ne s’adresse pas en principal au nord du pays, mais au sud : même s’il est des équipages de marine où il ne fait pas bon être francophone, la nouvelle recrue, le bidasse de base est aujourd’hui essentiellement francophone. L’armée est donc un service public dans lequel notre communauté peut s’investir, s’investit de facto et où elle a le droit de revendiquer une équité, une carrière, un ascenseur social. Et si l’ascenseur est buiten dienst, alors, oui, nous raconterons à nos enfants l’histoire du pauvre troufion francophone qui recevait ses ordres en flamand…
Vos réactions
Voir toutes les réactions Pete Duvall fait partie des quelques flamingants qui sont payés pour répéter des phrases assassines. A l'instar des BHV et autres Kaoti, il instille jour après jour la culture NVA chez les francophones. La culture NVA est simple. Sur le plan linguistique, il s'agit de rappeler que les Wallons (y compris Bxl) sont fainéants et incompétents, et qu'ils vivent aux crochets de la Flandre (sauf quelques wallons dont vous faites partie). Au niveau économique, cela justifie l'idéologie de la droite dure néolibérale et moralisatrice. Certains francophones sont sensibles à une partie du discours. La NVA marque des points avec des mensonges.
Pete Duvall, ce que vous dites est FAUX ! Disons qu'on doit nommer 5 généraux (c'est +/- le besoin des gens qui partent à la pension : il n'y a AUCUN problème pour nommer 5 francophones, les bons candidats étant assez nombreux. C'est a fortiori vrai si on en nomme moins. Votre raisonnement est absurde : si il y a 4 candidats néerlandophones pour 1 francophone, on devrait nommer 4 néerlandophones et 1 francophone. C'est ridicule, cela ne repose sur rien de logique ! Et cela fait des années que cela dure. C'est un argument stupide utilisé pour rouler les francophones dans la farine. Et avec vos "peu de francophones", je me demande si vous savez de quoi vous parlez. Vous connaissez le nombre de "soulignés" francophones ?
Pourquoi y-a-t'il plus de généraux néerlandophones? Et bien, pour la simple raison qu'il y ait beaucoup plus de candidats néerlandophones! Sur 10 canidats général, il y a 8 néerlandophones. Et pourquoi? Parce que peu de colonels francophones veulent s'investir dans les examens requises. Aujourd'hui, un candidat francophone a déjà 3 fois plus de chances d'ètre retenu qu'un candidat néerlandophone. En fait, coté francophone il suffit d'ètre candidat pour devenir général, n'importe les qualifications. Et maintenant on va donc renforcer davantage cette discrimination envers les candidats néerlandophones?



L'armée belge ne sert à rien, sinon à éviter qu'il y ait quelques dizaines de milliers de chômeurs de plus, en avancant le prétexte hypocrite de ''nos obligations envers l'OTAN''. Il serait plus rationnel d'utiliser le budget de l'armée par le remplacement de ces ''militaires'', par l'achat et le maintien d'une demi-douzaine d'avions réellement à la pointe du progrès technologique, et d'un sous-marin nucléaire. On pourrait même garder l'orchestre.