La 4G attendue à Bruxelles pour 2014

Olivier Croughs
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La ministre de l’Environnement bruxelloise Evelyne Huytebroeck présentait vendredi une nouvelle proposition de mise en œuvre de la technologie mobile ultrarapide. La diminution de la puissance des antennes devrait provoquer l’augmentation de leur nombre. Les opérateurs, à défaut d’avoir été concertés, restent prudents.

  • La 4G bruxelloise se discute depuis plus de six ans. Aujourd’hui, un accord semble trouvé.
    La 4G bruxelloise se discute depuis plus de six ans. Aujourd’hui, un accord semble trouvé.

I l y avait deux impératifs : assurer le développement technologique de la capitale et respecter la réalité juridique souhaitée par le parlement en 2007.  » C’est en ces termes que la ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck annonçait vendredi matin le compromis trouvé par la majorité sur la mise en œuvre du réseau 4G dans la capitale.

La réalité juridique ? Une ordonnance parlementaire portée haut la main par la ministre elle-même et suivie par l’ensemble de la majorité – PS, CDH, CD&V et Groen – à l’exception de l’Open VLD. Ordonnance qui, sur la base du principe de précaution, prévoit la réduction de la puissance d’émission des antennes sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale à 3 volts/mètre par technologie (2G, 3G et 4G).

Qu’à cela ne tienne, les opérateurs devront se partager trois « pots », un par technologie, limités chacun à 3 volts/mètre. «  Le plafond régional se situera aux alentours de 6 volts/mètre  », a déclaré la ministre. En cela, la Région bruxelloise se distinguera de ses deux voisines dont les normes sont davantage permissives (à 21,5 volts/mètre en Flandre et sans plafond en Wallonie).

Le deuxième axe de l’accord prévoit la constitution d’un collège d’experts indépendants. «  Il sera composé d’un scientifique, d’un médecin, d’un économiste et d’un technicien  », a précisé Evelyne Huytebroeck. Ce collège sera amené à se prononcer annuellement sur les aspects « santé » et « technologie », vu « la mouvance de ce terrain », justifie la ministre.

Enfin, puisque la réduction de la puissance des émissions risque de compromettre la qualité du réseau bruxellois, le nouvel accord admet l’élargissement du parc d’antennes afin d’assurer une couverture à la fois optimale et respectueuse de la norme de précaution.

D’ailleurs, la ministre a annoncé que Bruxelles Environnement était « déjà » à l’étude cadastrale afin de dresser l’inventaire des bâtiments publics à même de recevoir ces antennes, «  à l’exception des crèches, écoles et hôpitaux  », a précisé la ministre. Qui n’écarte pas la possibilité de négocier avec des partenaires privés sur ce dernier point.

Du côté de Belgacom, Frédérique Verbiest salue la proposition. «  C’est une première étape dans la bonne direction.  » Et sur la question de la mise en place du réseau, Belgacom temporise vu la nouveauté de la technologie. «  Dans un premier temps, nous utiliserons les antennes existantes avant d’envisager l’élargissement de notre infrastructure.  »

Plus mitigée, Base s’étonne que les opérateurs n’aient pas été invités à l’occasion de cette nouvelle proposition «  que nous découvrons  », regrette Florence Mulls (ce que la ministre a démenti ce lundi matin au micro de Bertrand Henne). «  Elle ne semble pas envisager les perspectives d’avenir et les évolutions technologiques  », poursuit-elle. Principalement redoutée, l’insécurité des usagers en intérieur, notamment dans les tunnels et le métro. «  La couverture indoor sera soumise aux mêmes limitations et principes de partage, et nous craignons que sa qualité n’en soit particulièrement affectée.  »

Également de la partie lors de la présentation de la nouvelle proposition, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a tenu à relativiser l’urgence de l’adoption de la nouvelle technologie sur sa Région : «  regarder la télévision et télécharger des films sur son smartphone est-il économiquement intéressant ?  », a-t-il demandé, semblant oublier les nombreuses applications de la 4G dans le monde de l’entreprise, par exemple.

Selon Evelyne Huytebroeck, la procédure d’avalisation de cette nouvelle ordonnance parlementaire devrait aboutir, par arrêté d’exécution, à la fin de l’année. Ce qui, avec les déclarations de Belgacom, nous laisse penser que la 4G sera opérationnelle au cours de l’année prochaine dans la capitale.

OLIVIER CROUGHS

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