Réelle, la reprise économique? «Le tableau n’est pas entièrement noir»
La reprise économique est en cours, selon le président François Hollande. L’économie va-t-elle vraiment mieux ? Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, les conditions s’installent pour une reprise, mais elle reste fragile. Le résumé du chat
Peut-on vraiment parler de reprise, comme le fait François Hollande ?
« Tout d’abord, il faut s’accorder sur ce qu’est la reprise. Contrairement à la récession, il n’y a pas de définition commune, ce qui pose un premier problème. Dire, comme le fait François Hollande, qu’il y a une reprise économique est une vision particulièrement optimiste de la réalité. On utilise deux types d’indicateurs pour mesurer la reprise : des « soft data », des indicateurs de confiance, et des « hard data » comme les indicateurs d’activité ou d’emploi. La confiance s’améliore très légèrement, mais les deuxièmes indicateurs ne bougent pas. Les conditions d’une reprise se mettent en place mais la reprise n’est pas là. On a un début d’amélioration conjoncturelle mais encore de grosses difficultés structurelles. Néanmoins, même pour des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, les conditions se mettent en place petit à petit. La situation encore difficile pour ces pays mais le tableau n’est pas entièrement noir. »
Quelle est l’importance du contexte international dans la situation ?
« Le contexte international joue son rôle et on peut se réjouir que ça redémarre aux États-Unis. Il faudrait pouvoir être sûr que ce n’est pas une reprise de façade due à un dopage monétaire. Mais cela reste important pour le commerce international. D’un autre côté, plusieurs pays émergents montrent des signes de faiblesse. Globalement, toutefois, le contexte semble quand même plus porteur aujourd’hui que l’année passée. »
« Entreprendre et innover sont les éléments clés »
Comment pourrait-on impulser une reprise réelle ?
« Une chose est certaine : la reprise ne se « décrète » pas, même pas par l’intermédiaire de dépenses publiques. Celles-ci peuvent avoir un impact sur la croissance mais on ne peut faire une reprise que sur base des dépenses publiques, car très vite d’autres problèmes se posent. Je pense qu’une première étape consisterait à rassembler toutes les parties (autorités, partenaires sociaux, etc.) pour poser le problème et l’expliquer à la population. Ensuite, on pourrait définir les grands chantiers : formation, qualification, esprit d’entreprise, marché du travail, cycle de vie (en allant au-delà d’une réforme des pensions). Entreprendre et innover sont les éléments clés. Plus de coordination et d’intégration en Europe ne pourraient être que bénéfique. Mais il suffit de voir les réactions aux dernières recommandations de la Commission européenne publiées en mai pour comprendre qu’on n’est encore fort loin d’une intégration de la politique économique en Europe.
Les difficultés sont encore nombreuses. Mais s’en rendre compte, agir et expliquer ces difficultés à la population me paraît au moins aussi important que de faire de la communication positive. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions La crise est bel et bien finie. Pour les nantis de toute la planète. En 2012, le nombre de millionnaires a bondi de 9,2%, après avoir stagné l année précédente, selon le "Wealth World Report" de Capgemini et RBC Wealth Management repris par Capital fr. Dans le même temps, le nombre de pauvres ne cesse d augmenter: en France, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté correspondant à 60 % du niveau de vie médian, soit 964 euros, a augmenté de près de 10 % en dix ans selon l Insee. En réalité la crise de 2008, causée par le secteur financier, a été l occasion de changer de modèle sociétal et d accroître la fracture sociale au bénéfice des nantis. Ainsi, les banques ne se sont jamais si bien portées, mais sont à la source du prochain séisme social, par des destructions d emploi massives, qui ont commencé. L homme n est plus au coeur du système, mais le riche. Le politique est désarmé devant le mouvement, planétaire et puisant, et la gauche ne peut que [...]
La crise est bel et bien finie. Pour les nantis de toute la planète. En 2012, le nombre de millionnaires a bondi de 9,2%, après avoir stagné l année précédente, selon le "Wealth World Report" de Capgemini et RBC Wealth Management repris par Capital fr. Dans le même temps, le nombre de pauvres ne cesse d augmenter: en France, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté
Sans vouloir sombrer dans le pessimisme, rien ou très peu de choses ne vont mieux dans le secteur de l'économie. On nous prend vraiment pour des c..... Tout ceci à des fins électoralistes! Une vraie bande de menteurs, tous confondus !




Il semble qu il soit bien difficile d avoir un éclairage politico-social sur cette situation, et que la langue de bois pseudo-scientifique dominante de l'économie doive l'emporter dans ce chat.