L’Europe a besoin de croissance, pas de docteurs Coué
Ainsi donc, le président français a vu les premières pousses. « La reprise est là », a-t-il assuré.
Le propos a suscité l’ironie de la part des ténors politiques, à l’exception, naturellement, de ceux de son parti.
François Hollande fait songer à Chance, jardinier quinquagénaire, simple et naïf, que les « gens très sérieux » prennent pour un sage, dans ce film savoureux d’Hal Ashby, Bienvenue, Mister Chance.
Dans l’une des scènes les plus célèbres, Chance, interrogé sur la situation économique par le président américain, rassure l’hôte de la Maison-Blanche : « Tant que les racines ne sont pas coupées, tout va bien et tout ira bien dans le jardin… Il y aura de la croissance au printemps. »
Au fond, c’est ce que M. Hollande aimerait nous faire croire – comme les autres dirigeants européens, ou la Commission. La reprise va venir. Il faut être patient.
La réalité, c’est que l’Europe attend d’être tirée par le reste du monde. Le fameux « pacte de croissance » de juin 2012 était insignifiant ; et les 8 milliards d’euros, qui seront dégagés pour lutter contre le chômage des jeunes, sont une mascarade honteuse.
Car la zone euro étouffe sous une austérité excessive, qui pourtant s’accompagne d’une détérioration des finances publiques. Et la périphérie est exsangue, condamnée à des années de dépression.
L’histoire économique nous enseigne que, dans tous les pays qui ont trouvé – ou retrouvé – la recette de la croissance, l’État a joué un rôle moteur. Non pas contre le marché ; mais avec le marché, en gouvernant le marché.
Or, nos sociétés sont justement à un tournant historique : elles doivent apprendre à produire et consommer en économisant l’énergie et les matières premières. C’est un défi, face auquel le « laisser- faire » n’est pas une option. Les États doivent s’impliquer : réglementer, imposer, interdire, subventionner, pénaliser, investir. Et ouvrir la marche.
C’est seulement ainsi que les dirigeants pourront rendre confiance aux citoyens.
Vos réactions
Voir toutes les réactions La déréglementation financière et commerciale contraint les acteurs économiques et les gouvernements à une politique du moins-disant et un nivellement par le bas. Pour gagner 3% à l'export, on a sacrifié 30% d'économie intérieure !
Les conditions ne sont pas réunies à cause de la déréglementation financière et commerciale (très forte accélération pendant la commission Barroso, désolé) avec pour résultat une concurrence fratricide non seulement entre industriels européens mais aussi avec les pays tiers, et des délocalisations au profit des grosses multinationales qui spéculent sur les écarts de coûts avec le tiers-monde (système BRICS centralisé à Londres). Ces conditions contraires au développement endogène rompent le cycle production / consommation local, provoquant un tarissement des recettes économiques et fiscales = > aggravation de l'endettement privé et public! Il faut arrêter d'importer des biens manufacturés que l'on sait produire nous-mêmes, on ne peut pas importer à la fois des matières premières et des biens manufacturés, c'est intenable. Il faut re-réglementer et donner la préférence aux producteurs locaux pour reconstituer notre cycle production-consommation.
L'Europe:"qui n'avance plus,recule"! Et,"vous avez beau dansez sur votre chaise et crier:l'Europe,l'Europe"(le grand Charles)!,ça n'avance plus!et,l'Europe a besoin de croissance comme de pain,le problème,c'est qu'il n'y a pas(plus!) de "baguette" magique,pire,ensemble,ils tentent,encore,d'avancer avec un boulet de...1000 milliards(total des 28) de dette!








La déréglementation financière et commerciale (imposée surtout par Londres et Washington) fait que les profits, pour échapper au risque économique et à l'impôt, partent grossir la bulle des actifs financiers sur les marchés internationaux - et ne sont donc pas ré-investis dans l'économie locale qui les a pourtant générés.