11h02: taxe sur les billets d’avion, «impopulaire et entourée de beaucoup de flou»
Pour boucler le budget 2014, une taxe sur les billets d’avion dans les aéroports wallons est envisagée. Avec 6,5 millions de voyageurs à Charleroi et 300.000 à Liège, ce sont 10 millions par an qui tomberaient ainsi dans les caisses de la Région wallonne. Le low cost est-il devenu la nouvelle poule aux œufs d’or ? Eric Renette a répondu à vos questions.
En quoi consisterait cette taxe sur les billets d’avion ?
« Le gouvernement wallon doit encore trouver 300 millions d’euros pour boucler son budget d’un total de 600 millions. Une taxe sur les billets d’avion des deux aéroports régionaux – Charleroi et Liège – ferait partie des mesures prises, même si rien n’est encore officiel. La taxe consisterait à prélever 3 € sur chaque billet d’avion au départ de ces deux aéroports, permettant ainsi de récupérer un total d’une dizaine de millions. Les ministres en espéraient 20, mais avaient compté l’aller-retour, or la taxe ne sera payée qu’au départ des aéroports et non pas à l’arrivée. »
Comment va-t-elle être mise en place ?
« C’est ce qui fait le flou de cette possible mesure : on ne sait pas qui va la prélever, comment, ou combien elle va coûter à mettre en place. Les billets d’avion sont achetés via des compagnies aériennes ou des agences de voyage, et non pas via l’aéroport. Cela rend la perception compliquée. Il est peu probable que les compagnies low cost souhaitent engager du personnel pour assurer le prélèvement. Et l’idée de prélever via l’aéroport, à l’entrée par exemple, semble difficile à mettre en place. »
Cette mesure impopulaire n’est-elle pas risquée pour le gouvernement wallon ?
« Les 10 millions que la mesure devrait permettre de récolter semblent bien dérisoires sur les 600 millions nécessaires au budget, surtout pour une mesure aussi impopulaire. Mais finalement, toutes les taxes le sont. Surtout, le gouvernement wallon a beaucoup investi dans le secteur aéroportuaire. Cette taxe correspondrait finalement à un retour sur investissement, ce qui est légitime. Parallèlement, comparés à l’aéroport de Zaventem, ces trois euros sont dérisoires : la taxe y est de 26 euros. Le risque serait plutôt une réaction virulente de Ryanair, comme ils en ont l’habitude dans ce genre de cas. Mais même lorsqu’ils se montrent très critiques, et décident dans les cas extrêmes de diminuer leur présence, comme ce fut le cas en Allemagne ou aux Pays-Bas, ils finissent toujours par revenir. La compagnie souligne ensuite dans la facture que les taxes supplémentaires ne sont pas de leur volonté. »








