Affaire Cahuzac: des «preuves» que Hollande savait

DZ avec AFP
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Le président de la commission Cahuzac accuse le président de la République François Hollande d’avoir été au courant de l’existence du compte suisse de son ministre du Budget. « Nous avons les preuves », a-t-il lancé. Cahuzac est quant à lui rappelé devant cette commission.

C’est comme qui dirait un petit coup de tonnerre. Du moins une sérieuse brique de plus dans les poches de François Hollande. Charles de Courson, le président de la commission d’enquête parlementaire destinée à faire la lumière sur la gestion du gouvernement dans l’affaire Cahuzac accuse le président de la République d’avoir su dès les révélations de Mediapart, que son ministre du Budget détenait bien un compte en Suisse.

« Je dis que le président (de la République), entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent », a dit sur France 2 M. De Courson. Et plus encore : « Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé », a assuré, sans les présenter, le député centriste (UDI).

M. de Courson a laissé entendre que la commission spéciale n’excluait pas d’entendre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à défaut du chef de l’Etat, en raison de la séparation des pouvoirs.

Pour autant, le président de la commission et le rapporteur de cette même commission ne sont pas du même avis. «Aucun élément en possession de la commission ne peut justifier une telle affirmation», a rétorqué le rapporteur Alain Claeys, qui est membre du PS. «Sans préjuger des conclusions de notre commission d’enquête, on peut dire dès à présent qu’aucune intervention des services de l’Etat n’est venue entraver l’action de la justice», affirme-t-il.

Cahuzac rappelé devant la commission

Après avoir entendu les ministres Christiane Taubira, Manuel Valls et Pierre Moscovici mardi, la commission, composée d’une trentaine de députés, devait entendre ce mardi le communicant de crise et ami de l’ex-ministre du Budget Stéphane Fouks. Le patron d’Havas Worldwide France (ex-EuroRSCG), qui avait pris personnellement en main la com’ du ministre, est normalement le dernier témoin de ce long ballet qui a démarré le 21 mai.

Au total, les élus, qui doivent rendre leur rapport avant la fin octobre, auront entendu près d’une cinquantaine de personnes dont les journalistes Edwy Plenel et Fabrice Arfi de Mediapart, à l’origine du scandale, ainsi que le patron du fisc, Bruno Bézard.

La commission a par ailleurs décidé de convoquer à nouveau Jérôme Cahuzac afin de faire la lumière sur une réunion tenue le 16 janvier à l’Elysée entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac. Une réunion que Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et ancien patron direct de Cahuzac, a confirmé avoir eu lieu.

Le degré de connaissance de Pierre Moscovici toujours en question

Le rapporteur général de la commission, le socialiste Alain Claeys, a déclaré début juillet « avoir la conviction », au moins « pour l’instant », que « la justice (avait) fonctionné normalement », sans entrave de l’État.

Pour autant, des interrogations demeurent. Des élus, qui cherchaient à comprendre pourquoi la demande d’entraide administrative n’avait été adressée à la Suisse que fin janvier par Bercy, mais aussi pourquoi la question posée dans cette demande n’avait pas été plus large, sont restés sur leur faim.

Les députés qui cherchaient également à déterminer le degré de connaissance qu’avait Pierre Moscovici aux différents stades de l’affaire ne sont pas plus avancés. Lors de son audition, le patron de l’administration fiscale, Bruno Bézard, a affirmé avoir pris l’essentiel des initiatives publiques dans cette affaire et n’avoir informé M. Moscovici de la réponse de la Suisse qu’en la lui montrant sur l’écran de sa tablette lors de sa réception aux alentours du 31 janvier. « Je ne lui ai pas communiqué le document et d’ailleurs il ne me l’a pas demandé, voilà la vérité », avait assuré M. Bézard.

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16. SansInteret dit le 20/07/2013, 10:04

Quand Hollande disait "la reprise est la", voulait-il parler de reprises des affaires ?

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15. Jean Dupont dit le 18/07/2013, 17:18

Il n'est pas possible de faire de la politique sans être au fait des dossiers. Les politiciens sont des menteurs mais nous ne devons pas non plus vouloir les faire sauter à la moindre occasion, sinon cela s'appelle 'l'Egypte' et nous sommes des révolutionnaires. En fait, ce qui compte, c'est que le principal intéressé paie et que Hollande soit bien éclaboussé. Bien fait !

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14. kaoti dit le 18/07/2013, 16:21

@Mundele Si quelqu'un de la droite essaye d'échapper au fisque, c'est en effet humain. Par contre si quelqu'un de la gauche le fait tout en prônant l'ideologie socialiste, c'est de l'hypocrisie!

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13. fxd dit le 18/07/2013, 10:05

Ceci dit, bien sûr que Hollande savait à un moment donné... faut parfois arrêter de nous prendre pour plus imbécile qu'on peut l'être.

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12. fxd dit le 18/07/2013, 10:04

On vit une époque où le mensonge est généralisé. Je regrette que les journalistes ne nous aident pas à mieux décrypter toutes les infos qui circulent, à dénicher le vrai. Ceci dit, est-ce encore possible dans un monde où tout le monde a le droit à la parole tout le temps et peut réagir tout le temps sur les réseaux sociaux ? Monsieur X dit une chose, Monsieur Y dit que c'est faux, Monsieur X dit que Monsieur Y ment et nous, on est noyés.

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