En 2013, les Wallons sont plus entreprenants que les Flamands
Il se crée 2,97 entreprises pour 1.000 Wallons. Pour la première fois depuis dix ans, ce chiffre est inférieur en Flandre : 2,87.
Pour ce qu’elle vaut, cette information est surprenante. Pour la première fois en dix ans, il se crée davantage d’entreprises par habitant en Wallonie qu’en Flandre. Sans surprise, la Région de Bruxelles-Capitale montre une initiative entrepreneuriale bien supérieure, quoiqu’en baisse depuis 2011. C’est le rapport sur les starters de B-Information, commenté et publié ce lundi par le Syndicat neutre des indépendants (SNI), qui a éveillé notre curiosité.
En 2013 (le premier recensement des starters par B-Information remonte à 2004), au terme du premier semestre, il se crée 2,97 entreprises pour 1.000 Wallons tandis qu’en Flandre, ce taux tombe à 2,87. Il faut toutefois reconnaître qu’il s’agit davantage d’une performance flamande exceptionnellement basse confrontée à une faible augmentation des créations d’entreprises wallonnes que d’une véritable reprise économique au sud du pays. Bref, c’est très probablement conjoncturel.
De manière générale, le nombre de créations d’entreprises a diminué de 37.208 à 35.813, soit une baisse de 3,4 % entre ce premier semestre et la même période l’année passée. Mais à y regarder de plus près, les régions ne connaissent pas toutes la même tendance, bien au contraire. Ainsi, le nombre de starters a même augmenté en Wallonie (+2,3 %) et à Bruxelles (+1,8 %). La moyenne nationale négative pour ce premier trimestre s’explique donc par la baisse enregistrée en Flandre (-10,3 %), qui ne fait que prolonger la tendance observée jusqu’ici sur les trois régions depuis début 2012.
Précisément, la Wallonie a vu les créations d’entreprises passer de 10.763 au premier semestre 2012 à 11.015 au terme de juin 2013. Le scénario est comparable en région bruxelloise où, sur la même période, les créations d’entreprises sont passées de 5.251 à 5.346.
Sven Nouten, porte-parole du SNI, citait dans Le Soir de mardi le plan Airbag à l’initiative du ministre wallon de l’Emploi André Antoine. Un plan qui vise, semble-t-il avec succès, à stimuler les indépendants en activité complémentaire à devenir indépendants à titre principal.
Au nord du pays, Kris Peeters s’est dit conscient du « problème des starters », rapporte le SNI. « Nous attendons des mesures concrètes pour l’automne 2013 », confie Sven Nouten.
À propos de notre indicateur
Évidemment, l’indicateur entreprises créées/1.000 habitants appelle précisions, commentaires, nuances et réserves. Ainsi, il ne tient pas compte des cessations d’activités ni des faillites, par exemple. Des chiffres qui auraient pu substantiellement modifier la portée de notre information. « C’est une comparaison à laquelle nous ne nous risquerions pas », prévient Pascal Flisch pour B-Information, le bureau d’études commerciales à la source du recensement des starters belges.« Entre les entreprises assujetties à la TVA et celles qui ne le sont pas, celles qui possèdent plusieurs numéros et celles dont la gestion change de mains sans changer d’activité, il serait intellectuellement malhonnête de se risquer à ce genre d’exercice », témoigne-t-il. L’indicateur ne reflète pas non plus les mouvements de populations ni la pyramide des âges.
En revanche, si l’on s’en tient à comparer des pommes avec des pommes, la démarche a du sens. « les données que nous publions sont solides et digérées. Pour les indépendants, nous tenons compte de la date d’inscription à la banque Carrefour tandis que pour les entreprises, c’est l’acte de création que nous relevons rigoureusement sur une base mensuelle », commente-t-il.
De notre côté, à partir des données publiées par B-Information, nous avons réalisé la somme des créations d’entreprises au terme de chaque semestre dans chaque région et ce, depuis 2004. Nous avons ensuite comparé ces résultats aux chiffres des populations régionales publiés par Eurostat, le portail des statistiques de la Commission européenne.
Prudence encore, cette opération ne consiste pas à évaluer le taux entrepreneurial tel que le calcule, par exemple, le Global Entrepreneurship Monitor. Lequel tient compte uniquement de la population active (18-64 ans) pour réaliser ses tableaux. Hors de question d’y voir enfin l’indice d’une performance économique à l’avantage de l’une ou de l’autre région.
Simplement, notre démarche révèle qu’aujourd’hui, au 18 juillet 2013 et à la seule condition – irréaliste, c’est évident – d’une égalité des chances parfaite au sein de chacune des deux Régions face à l’entrepreneuriat, un nouveau-né wallon a désormais plus de chances de créer son entreprise que son homologue flamand.
Enfin, impossible de ne pas voir dans les courbes les effets concrets du climat économique morose sur l’initiative entrepreneuriale. D’ailleurs, Éric Van den Broele du bureau d’études commerciales Graydon a décrit ce dernier semestre comme « un champ de bataille » en termes de faillites…
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Jean-Michel II> Ce chiffre ne dit rien du nombre d'entrepreneurs potentiels ayant été découragés par tous les freins et les poids de notre législation...
Le Belge n'est pas un entrepreneur né si on compare avec d'autres pays comme les US. Il faudrait 10 x plus. Alors dire que 2.97 est > à 2.87 est nul et stupide.
@ 3. VHB : Allez-vous étendre au soleil, cela sera mieux pour la quiétude de votre esprit et de ce site.
les Wallons sont plus entreprenants que les Flamands sauf quand il s'agit de se responsabiliser et de vôter pour le confédéralisme. En d'autres mots, de nouveau un titre trompeur.









Et sur toutes ces entreprises créées en Wallonie, combien le sont par des flamands ?