La Wallonie, coq dressé sur ses ego
Il se créerait pour la première fois en dix ans plus d’entreprises par habitant en Wallonie qu’en Flandre.
Les chiffres que nous publions aujourd’hui – qui sont évidemment à prendre avec le recul et la prudence que la conjoncture impose – rejoignent ceux donnés par la banque KBC.
La Wallonie n’est pas sortie de ses soucis mais les nouvelles positives se succèdent ces derniers mois. Et pendant ce temps, penserait-on, le gouvernement wallon applaudit, propose, travaille.
Eh bien, pas du tout : il se dispute, au grand jour, faisant de l’exercice de pouvoir, une cour de récréation avec échange de mauvais coups et de noms d’oiseaux.
Mais pourquoi donc dépenser tant d’argent pour un logo censé défendre et promouvoir le renouveau wallon, si ses dirigeants, en quelques jours, font voler en éclats tout effort d’image et de communication ? On pourrait même penser qu’on se moque décidément du monde car en fait de communication, c’est un mélange d’omertà, de non-transparence et de cacophonie qui a prévalu ces jours-ci.
Et si encore on se disputait avec noblesse, pour défendre des arguments de fond et des convictions. Mais que nenni. Ceux qui tentent de promouvoir l’idée que ce qui se joue à l’Elysette est le fruit d’affrontements idéologiques, ceux-là trompent leur public. Ce sont des hommes qui se disputent et se volent dans les plumes, un collectif d’individus qui n’en est plus un, miné depuis des mois par les ambitions, les rivalités, les manques d’estime et de confiance.
C’est aussi le leadership de Rudy Demotte ministre-président, plusieurs fois mis en cause, parfois même par des ministres de sa propre couleur au cours des derniers mois, qui ici montre sa limite.
Comment faire le procès de Flamands et de francophones qui ne s’entendraient pas pour faire tourner le fédéral, quand ce sont les gouvernants wallons entre eux, pourtant soumis à de lourds défis économiques mais aussi dotés d’instruments et de projets opérationnels (plan Marshall, Wallonie 2022, ce n’est pas le Pérou mais ce n’est pas rien), qui montrent leur incapacité à produire de la hauteur, du consensus, à gérer les résultats fragiles engrangés et à développer une force de frappe commune ?
Ce n’est pas que la Wallonie « mérite » mieux que cela. C’est surtout que c’est un besoin crucial. C’est ce qui rend ces disputes et leur exposition sur la place publique, non seulement inexcusables, mais irresponsables.
Vos réactions
Voir toutes les réactions (suite) Alors évidemment on préfère être européen que cubain dans un monde résolument à droite et dominé par un empire militaire et financier qui sème la misère. Encore que... certains Grecs pourraient franchement préférer être cubains en 2013. Ca se discute. Mais si le monde n'était pas dominé par cet empire qui crée de la pauvreté en masse au sein même de ses murs afin de dégager une puissance énorme concentrée entre les mains d'une fraction marginale, et qu'au contraire le monde était partagé entre différentes options et opinions, avec des expériences vraiment socialistes qu'on n'écraserait pas violemment (Allende, les sandinistes, Sankara etc.), alors peut-être que Cuba, avec ses principes actuels mais sans embargo ni menaces, serait un lieu considéré comme prospère et juste. Qui sait? On n'a jamais autorisé une telle expérience sans un écrasement immédiat.
(suite) Ensuite - mais seulement après votre recherche sur Marinaleda -, je vous invite à regarder Cuba d'un oeil critique. Sans affirmer que le système est parfait ou abouti, il faut reconnaître ses succès si l'on prétend critiquer le pays. D'abord, l'éducation, le sport, les soins de santé etc. C'est connu. Ensuite, regardez donc un peu l'embargo qui serre Cuba depuis 50 ans... et demandez-vous ce que serait la Belgique après 50 ans d'un tel embargo si criminel. Sincèrement. Puis la résilience face au terrorisme US (3000 morts). En guise de guerre, Cuba s'est battu en Afrique contre l'Apartheid pendant que nous regardions le spectacle, ou faisions la guerre dans les pays du pétrole. Cette île qui résiste infiniment mieux que ses voisines, ou que les USA, aux ouragans tient toujours.
[Jean de Seraing] Je suis joueur... J'aurais pu penser comme vous et vous demander: "Cher Jean, citez-moi un seul pays où le capitalisme pur ou le néolibéralisme pur a été un succès dans le monde et dans l'histoire." Mais c'est une question triviale, évidemment. Donc, comme je suis joueur, je relève le gant. Mais il va falloir adopter des points de vue qui ne soient pas totalement formatés par deux siècles d'anti-socialisme: je fais appel à votre jugement. Sans remonter à plus loin que deux mille ans - car l'homme des derniers trois millions d'années était probablement plus collectiviste qu'individualiste -, et en regardant près de chez nous, je commence par vous inviter à vous renseigner sur Marinaleda, ce village espagnol communiste depuis plus de 30 ans. On en parle de plus en plus.
Bxldanslarue... Bien vu, mais ne vous en faites pas pour l'abyssale creux de mon savoir, car s'il faut lire Marx pour comprendre la politique d'aujourd'hui on ne doit pas vivre dans le même espace temps, revenez comme je vous dis en 2013 et citez moi un seul pays ou le socialisme pur ou le communisme tout aussi pur à été un succès de par le monde et de par l'histoire ?



Bxldanslarue... Ok, vous m'accorderez que l'exercice fut difficile et que vous avez eu du mal à trouver :) , de même qu'en relisant ma propre question et votre réponse, je me rend compte que bien sur le capitalisme ( pur ) n'est non plus un modèle à suivre, donc peut être trouverez vous tout comme moi en définitive que notre système actuel c'est à dire socio-capitaliste est le moins mauvais des systèmes car il n'y a pas d'exemples révélateur dans aucun des système "pur" ?