Un petit bout d’île Maurice dans la Ville ocre
Au beau milieu d’une oliveraie qui fait face à l’Atlas, à l’écart de la frénésie de Marrakech, le promoteur mauricien Beachcomber a décidé d’importer son savoir-faire mauricien. Un vaste projet de luxe est en train de sortir de terre. Il sera majestueux.
Lorsqu’on quitte le centre de Marrakech en direction du sud, il y en a pour douze kilomètres, sur la route d’Amizmiz. Sur le trajet, on peut se rendre compte de la frénésie immobilière qui s’est emparée des faubourgs de la plus importante cité touristique du Maroc. Cela construit à tout va, et pas toujours avec goût d’ailleurs, mais avec son million d’habitants (et 2,5 millions de touristes par an), Marrakech donne l’impression de se sentir à l’étroit.
Une fois arrivée à destination, la Jeep quitte l’asphalte pour emprunter une route d’ocre qui serpente à travers une oliveraie. Au loin, avec l’Atlas en toile de fond, on aperçoit les bras des pelleteuses, signe qu’un chantier est en cours. Et pas n’importe lequel.
Un gigantesque resort de luxe est en train de prendre naissance sous nos yeux. A terme, il comprendra un hôtel de 135 suites, un golf de 18 trous et des terrains de tennis avec leur académie respective, un country-club, une ferme botanique, une pépinière, sans oublier quelque 200 villas disséminées à travers un domaine qui s’étend sur 230 hectares et qui aura pour nom « Domaine Royal Palm ».
Pour l’heure, quatre villas témoins sont achevées. Les fondations de la centaine de bâtisses qui forment la phase 1 du projet sont quasiment terminées.
Adalbert de Bagneux est le responsable du projet immobilier des villas de Beachcomber Hotels, initiateur du projet. Installé depuis deux ans à Marrakech, ce publicitaire français s’est occupé pendant longtemps de la publicité et de la communication du célèbre groupe hôtelier mauricien qui possède les plus beaux hôtels de l’île Maurice et des Seychelles.
D’un naturel plutôt discret et réservé, on sent toutefois chez lui une grande fierté de faire partie de ce qui sera, à n’en pas douter, l’une des plus belles promotions immobilières du Maroc construites, qui plus est, sur d’anciens territoires royaux. « D’autres gros projets de ce genre existent dans le pays, avoue-t-il. Je pense notamment à celui du Sofitel à Essaouira, mais le Royal Palm sera unique en son genre car nous serons à la fois seuls propriétaire, promoteur et opérateur du projet. C’est nous, et nous seuls, qui gérerons le golf, l’hôtel et les villas. »
Le Domaine Royal Palm voulant être écoresponsable, différentes mesures ont été prises pour respecter l’environnement. Chacune des villas produira de l’électricité, des panneaux et moquettes solaires assureront l’eau chaude sanitaire et le chauffage de la piscine, et une pompe à chaleur air/eau réglera la climatisation et le chauffage dans les villas. Autre mesure écologique : les chemins à l’intérieur du mur d’enceinte qui sécurise tout le resort ne seront pas goudronnés mais tracés à l’aide d’un béton traité à la chaux.
Quant à la végétation, les responsables prévoient de n’utiliser que des plantes endémiques ainsi qu’un gazon qui ne demande pas un arrosage trop abondant. « A propos d’arrosage, justement, Beachcomber a participé financièrement à la création d’une station d’épuration pour Marrakech qui transforme et purifie l’eau usée de la ville pour la redistribuer en eau agricole, tient à préciser Adalbert de Bagneux. Chaque maison aura sa propre piscine ainsi qu’un puits perdu qui permettra aux eaux de pluie d’être reversées dans la nappe phréatique. »
On ne le sait peut-être pas assez, mais le climat de Marrakech est terriblement exigeant. Le thermomètre peut descendre à moins 4 degrés l’hiver et grimper jusqu’à 50 degrés l’été. Ces écarts sont un véritable cauchemar pour la construction car la plupart des matériaux n’y résistent pas. C’est la raison pour laquelle les Marocains disent qu’à Marrakech le soleil brille, mais il y est froid. « Pour nos villas, nous avons opté pour des murs de façade réalisés avec des briques creuses de terre cuite sur lesquels, en guise de finition, on vient talocher un enduit de pisé à la chaux (NDLR : de la terre mélangée à de la chaux et à de la paille), expose le Français. Nos habitations seront toutes équipées d’un chauffage par le sol, histoire de ne pas souffrir du froid, une constante à Marrakech car les maisons sont avant tout conçues pour ne pas laisser entrer la chaleur. »
Une visite des villas témoins nous permet de prendre pleinement conscience du degré de finition dont peut d’ores et déjà se targuer le projet. L’extrême simplicité des formes est sublimée par la beauté des espaces et des matériaux utilisés. Aucune fausse note ne vient entraver les déplacements entre les pièces. Le métal se marie à la perfection au bois, la pierre de Taza joue avec le travertin et le granito qui rappelle l’architecture du XIXe siècle, quant au beigmat (une fois verni, ce revêtement de sol se fait appeler zellige), il ne demande qu’à être associé au plâtre teinté à la terre qui recouvre les murs, et que l’on confond si l’on n’y prend garde avec le célèbre tadelakt, plutôt utilisé dans les pièces humides.
Bref, de la très belle ouvrage qui a déjà séduit 40 acquéreurs. « Le message que nous voulons faire passer à nos clients est que la vie est très agréable ici, malgré les problèmes que l’on peut entendre çà et là par rapport au Maghreb, insiste Adalbert de Bagneux. Notre mission n’est pas de les convaincre d’investir à tout prix au Maroc, mais bien de s’inscrire dans un projet de vie qui s’adresse en priorité à des gens dotés d’une grande ouverture d’esprit. Nos clients ont une très grande maturité par rapport à la vision d’un pays arabe. Certains ont dû quitter le Maroc à une période difficile de leur vie et ils veulent y revenir car ils éprouvent de l’empathie… »
Le Domaine Royal Palm semble promis au plus bel avenir, même si le contexte international du moment peut constituer un frein à des réalisations de cette envergure. « C’est un projet qui s’étale dans le temps, conclut notre hôte dont l’optimisme est intact. Et comme tout projet de ce genre, il doit être revu et adapté en permanence car le contexte mondial évolue plus vite que nos idées. Notre plus grand défi sera d’intégrer des métiers et des clientèles différents. Notre savoir-faire dans le domaine du tourisme nous aidera à réussir… »








