Le roi Philippe tient à un fil fragile
Une foule chaleureuse à Eupen, quelques centaines de spectateurs à Gand : le signe est là, de ce schisme de popularité et d’intérêt envers la monarchie, entre le nord et le sud du pays.
Trop peu pour conclure ? En soi oui, mais d’autres indicateurs ne manquent pas. Ainsi les ventes de journaux lors de l’annonce de l’abdication :
tous les titres au nord du pays se plaignent de l’absence d’effet en librairie sur les ventes des éditions spéciales du fameux jour, contrairement aux francophones, qui notent un sursaut dans leurs courbes. Résultat : les jours qui ont suivi l’annonce du départ d’Albert II et l’avènement de Philippe, la presse flamande, TV comprises, a mis la pédale douce sur l’actualité royale, alors que les francophones multipliaient les initiatives.
Cette différence d’émotions envers la famille royale n’est pas une réelle découverte. Il faut par ailleurs faire attention à comparer les manifestations de tristesse, les longues files devant le palais royal en 1993, avec cette forme d’apathie en 2013 : le choc provoqué par le décès inattendu du roi Baudouin n’a rien à voir en termes d’impact avec l’annonce d’une abdication en douceur.
Mais ce qui frappe aujourd’hui, c’est la décontraction avec laquelle nombre de politiques au nord du pays – pas seulement N-VA ou Vlaams Belang – évoquent publiquement le peu d’utilité, voire l’inutilité, de la monarchie, souhaitant la réduire à un rôle strictement protocolaire – les partis flamands se sont dits illico favorables à l’idée, il y a quelques jours – ou s’interrogeant sur sa plus-value.
La prise de position publiée ce matin dans De Standaard, sous la plume du rédacteur en chef éditorial, est à cet égard très révélatrice. Qu’un journal politiquement très influent du nord du pays affirme, sans aucun bémol, que la monarchie en Belgique n’a aucune valeur ajoutée ou de nécessité, à la veille du « couronnement » d’un nouveau Roi, est tout sauf banal. Et dit surtout la fragilité qui est désormais celle d’un système qui trouvera peu de défenseurs flamands si un dérapage d’envergure devait se produire. Dès lors que la popularité de certaines personnes royales n’est plus une certitude, il risque de se trouver très peu d’hommes politiques au nord du pays pour défendre la monarchie, ou en tout cas vouloir lui conserver un rôle autre que d’apparat. Et tout montre aujourd’hui que le sud ne sera pas assez fort (et convaincu ?) pour s’y opposer.
Vos réactions
Voir toutes les réactions J' ai fait toutes mes études (Bac+4) en Néerlandais en Flandre. Je suis tri-lingues, le parle l'ABN (Algemeen Beschaafd Nederlands) mais pour les Flamands je suis un "franscillon" , car je ne parle aucun dialecte....
[ Mais quel Edito! ] ... enfoncer des portes ouvertes. Ah! Non! C'est un peu court, Madame. On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme! En variant le ton, - par exemple, tenez - Agressif: "Flamands, mesurez vos propos! L'ombre du sceptre royal obombre encore vos drapeaux!" Explicatif: "La Flandre n'est pas contre le Roi, elle est séparatiste et le Roi la bloque". Grâcieux: "Flamands, aimez-vous à ce point le Prince que vous chassiez son père, le Roi, avec tant de véhémence?" Amical: "Les Flamands sont nos amis, il faut les aimer aussi". Militaire: "Le roi, la loi, la liberté... ou la mort!" Pratique: "S'il faut un roi, que ce soit un flamingant néolibéral!" Enfin parodiant Pyrame en un sanglot: "Le voilà donc ce roi qui malgré lui déchire la Belgique... Ne le laissons pas aux traîtres!" - Voilà ce qu'à peu près, ma chère, vous auriez dit si vous aviez un peu de lettres et d'esprit.









@PROGRESSIVE "Passer sa vie à faire semblant de pleurer les malheurs des autres, n'a jamais fait avancer quoi que ce soit, et n'apporte rien" l'empathie et la compassion font partie du B.A. BA de la fonction exécutive. G. Bush a payé assez cher d'avoir snobbé les victimes de l'ouragan Caterina, N. Sarkozy à notamment chuté sur son arrogance et son bling bling. Le peuple est ainsi, il élit des star du rock, pour peu qu'elles aient le supplément d'âme qui les raccroche suffisamment à ceux qui les élisent.