11h02: «Quoi que Philippe fasse, il sera toujours trop francophone pour certains»
La foule n’était pas aussi nombreuse à Gand et Eupen. L’abdication du Roi n’intéresse-t-elle pas le nord du pays ? La famille royale est-elle trop francophone ? Béatrice Delvaux et Martine Dubuisson ont répondu à vos questions.
Y a-t-il un désintérêt pour la famille royale en Flandre ?
Martine Dubuisson : « Toute la famille royale est vue comme francophone du côté flamand. On le voit avec la petite polémique sur le nom de Philippe. Cela va changer avec la génération suivante puisque les enfants vont à l’école néerlandaise. Mais un défi majeur pour Philippe sera de convaincre la Flandre, on le voit avec les sorties d’Albert II. Beaucoup plus de personnes viennent voir le Roi au sud qu’au nord du pays. Cela peut apparaître comme un détail minime mais c’est révélateur. »
Béatrice Delvaux : « Cela n’a pas toujours été le cas dans l’histoire, mais quand la Flandre soutenait la monarchie, c’était pour des raisons très particulières. Il reste toujours une confusion chez les vieilles générations entre tous les francophones et les riches notables, qui étaient alors francophones, qui ont exploité la Flandre, et cela a aussi été associé à la famille royale. Il faudra voir avec la prochaine génération : Elisabeth doit prendre des cours complémentaires en français. »
Ma.D. : « Pour la jeune génération, il y a par contre clairement un désintérêt. »
L’instrumentalisation peut-être le premier piège pour Philippe…
B.Dx. : « Il a la difficulté de devoir convaincre en faisant très peu de choses, mais son père a prouvé que c’était possible. Il a donc la méthode et il doit réussir à l’appliquer tout en faisant quelque chose de différent. Et c’est cela qui peut être compliqué pour lui. Néanmoins, si la Belgique doit se séparer, cela ne sera pas de sa faute. Mais il faut éviter qu’un faux pas ne précipite les choses, il peut aider dans un sens ou dans l’autre. Il y a un grand risque d’instrumentalisation à des fins républicaines ou séparatistes. »
Ma.D. : « Quoi qu’il fasse, pour certains, ce sera toujours insuffisant et il sera toujours trop francophone. S’il fait le moindre faux pas, la N-VA sera là et elle ne le ratera pas. »
Des efforts sont pourtant réalisés pour une meilleure communication vers la Flandre.
Ma.D. : « Oui, pour compenser cette image très francophone. Il faut se souvenir qu’Albert avait déjà voulu amorcer un changement. Mais du côté flamand, il reste une association entre une époque d’oppression et la famille royale. Philippe a du travail pour convaincre et séduire. »
B.Dx. : « C’est un challenge. Il y a un attachement plus fort du côté francophone à la monarchie, et il est notamment défensif, voir utilitariste. Le travail du Roi, c’est la Belgique, si la Belgique n’existe plus, il n’a plus de travail. En ça, il est pour les francophones le meilleur rempart contre la N-VA. Les hommes politiques francophones ont un respect pour l’institution, un côté protecteur. Alors que du côté flamand, il y a une perspective toujours plus critique, même lorsqu’ils ne sont pas anti-monarchiques. »
Ma.D. : « Il n’y a quasi plus d’hommes politiques flamands qui mettent en avant le Roi. »
La modernisation est un enjeu important auquel Philippe va devoir faire face...
B.Dx. : « Ce qui a beaucoup pesé sur la monarchie, c’est qu’on n’a pas voulu la réformer pour mieux la protéger, alors qu’il aurait fallu faire le contraire. »
Ma.D. : « Est-ce que les défenseurs de la monarchie ne vont pas être les fossoyeurs de la monarchie ? Il faut réformer certaines choses, et c’est ce que le gouvernement vient de faire sur le financement. C’est un message clair et historique mais des choses doivent encore être faites. Par exemple, un code déontologique pour ceux qui reçoivent des dotations. Les Flamands veulent aller encore plus vers un rôle protocolaire. On sent que des réformes doivent être menées maintenant si les défenseurs de la monarchie ne veulent pas faire de trop grosses concessions plus tard, comme ça a été le cas avec la réforme de l’État. La parité instaurée dans le cabinet qui va entourer Philippe montre que le gouvernement veut s’assurer d’un droit de regard et d’un équilibre politique autour de Philippe. Ils vont devoir travailler main dans la main pour éviter les gaffes politiques et travailler son image. Le roi doit être un accompagnateur, et non pas poser des problèmes. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Tournai..... j'ai quitté la Belgique il y a quelques jours, mais depuis l'annonce de l'abdication je me suis souvent demandé pour combien Albert/Di Rupo ont acheté la RTBF. Aucune fausse note du saxe-cobourg a chaque repas et une diabolisation de la nva (c'est tout ce qui reste comme opposition en Belgique) comme dessert. Avant au moins la nva était en plat principale, parti scandaleux qui ose faire de l'opposition.....encore un peu de succes pour les diables rouges et ont sera tous Belges..... Moi je me demande si cela c'est une preuve d'intéligence ou une preuve de stupidité? Mais là encore nos opinions sont divergentes. A quand une Villa Politica, Terzake et autres Septième jours pour nos compatriotes francophones?
Tournai - Et ils sont aux ordres de qui, nos journaux du sud ? Cherchez donc les articles/éditos sur la diminution du budget de l'enseignement... Dans 5 jours, tout ce cirque royal sera terminé et on reviendra à la vie de tous les jours. Ce qui est important à comprendre (dans le discours des partis flamands), c'est que le rôle du roi dépend fortement de la volonté du roi même. Malgré l'évolution de notre monarchie, elle n'a jamais été adaptée dans la constitution. En combinaison avec quelques malheureuses sorties 'impériales' de Philippe, les partis flamands préfèrent voir le rôle du roi bien betonné dans la constitution... Exemple: Vous avez des arguments pour l'amnestie que le roi peut donner à des prisonniers ? Quel droit a-t-il de se placer au-dessus de la justice ?
Sturtewagen n'a pas tout vrai...sauf sa carte de parti NVA qui lui assurera de riants lendemains lors de l'indépendance de la Flandre...Il est aux ordres, comme la plupart des journaleux du nord...
et on est dans la merde grace à eux....... dans le nord cette chansonette est la même (bien que là eux ce sont les autres hahaha) mais pas composé par Mozart mais par Wagner. Maintenant il n'est plus chic de parler le français (bien que certains ne l'ont pas encore compris) et la tendance est aux langues des peuples et à la fin des monarchies (Albanie, Grêce, Roumanie,....)











@Atahualpa : très content d'apprendre que vous n'êtes plus en Belgique. Malheureusement internet vous permet quand même de déverser vos inepties habituelles avec l'orthographe qui vous caractérise...