Edito: Cher prince Philippe...

Béatrice Delvaux, Editorialiste en chef
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Ce dimanche, vous serez roi des Belges. Mais de quelle Belgique ? Nous vous proposons dans ce numéro spécial notre état des lieux d’un royaume dont, paradoxalement, on vous demande de laisser à d’autres, démocratiquement élus, le soin de se charger. Attention ! Pour vous faire votre opinion de l’état de votre pays, il vous faudra aussi entendre ce qui se dit au nord. Écouter, vous informer : ce sera crucial. Il ne faut surtout pas vous laisser influencer par ceux qui ont trop longtemps pensé – surtout côté francophone –, tant sur la Belgique que sur la monarchie, qu’on avance mieux en se bouchant les oreilles. L’histoire a, de façon répétée, prouvé le contraire.

Ce pays n’a jamais été aussi fragile. La pacification des esprits n’est que de surface. Elle n’est pas feinte car elle résulte d’une réelle volonté, notamment de six partis politiques au pouvoir, de faire des réformes. Mais les Belges dansent toujours autour d’un volcan non éteint. Les élections de mai 2014 sont un énorme point d’interrogation et en fait, une très grande crainte. Car le pays reste profondément divisé entre deux communautés. Créer de l’émotionnel commun : cette mission n’est pas remplie. Le déficit de crédibilité d’Elio Di Rupo au nord du pays n’a pas aidé. Mais il y a surtout, toujours en Flandre, un sentiment de frustration, une colère, un ras-le-bol, entretenu par la N-VA. Le risque est donc, quel que soit le bilan de Di Rupo Ier, que la Flandre plébiscite Bart De Wever, pas par envie de séparatisme, mais d’un grand coup de balai, projetant le parti nationaliste aux commandes. Et alors…

Ce pays n’a jamais été aussi régionalisé. C’est notre nouveau paradoxe. Alors que Bart De We- ver va réclamer plus d’autonomie pour la Flandre, le pays a vécu depuis l’adoption de la sixième réforme de l’Etat, sa révolution copernicienne. Le budget flamand est supérieur désormais au fédéral, et la Flandre a obtenu nombre de ses exigences institutionnelles. Le fait régional s’est imposé, pour la Flandre mais aussi pour Bruxelles et la Wallonie. C’est une donnée fondamentale.

Ce pays n’a jamais été aussi compliqué. C’est le revers de la médaille. Les compromis qui font tourner la Belgique, rendent à chaque tour, sa gestion plus kafkaïenne Pour dépecer le fédéral et engraisser les régions, sans faire éclater le principe « belge », on a poursuivi la construction d’une machine à gaz. On a transféré des compétences, des budgets mais sans avoir toujours les experts au niveau régional pour les assumer.

Ce pays n’a jamais aussi peu compté. Si l’on nous cite encore dans le noyau dur européen, c’est au vu de notre statut de pays fondateur, hôte des institutions. Mais sur le fond, nous ne sommes plus un des moteurs de la construction européenne. Et si nous pesons encore parfois, c’est via le talent d’individus ou de vieux réseaux. Notre pays fait même plutôt peur aux autres dirigeants, tétanisés par une séparation belge, échec en miniature du modèle européen.

En Europe désormais, la Belgique fait profil bas. La perte des grandes entreprises de rayonnement mondial, la disparition de centres de décisions nationaux (et même régionaux) ont fait de nous un pays qui va supplier les grandes entreprises, dans leurs QG étrangers, de ne pas quitter notre territoire.

Ce pays n’a pas vraiment osé.

Il reste des réformes coperniciennes essentielles à accomplir. Un nouveau gouvernement devrait oser un « big bang » socio-économique, qui redonne de l’oxygène de longue durée à un pays qui comme ses voisins européens, n’est plus sur la carte de la croissance. Vieillissement, manque de compétitivité : voilà des constats évidents qui de-

Vos réactions

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21. kaoti dit le 21/07/2013, 10:17

Tiens donc! Tout d'un coup plusieurs lecteurs du Soir se rendent enfin compte que Madame Delvaux ne fait que semer la division entre francophones et flamands.

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20. mamba dit le 21/07/2013, 04:44

@BERGERAC:C'est bien ce que je dis,cher Bergerac,cette fois,nous allons y aller!Nous Wallons! oui,le roi Philippe a un courage qui frise l'inconscience pour reprendre vos termes. Se rend il compte du role que l'on va lui faire endosser?pas sur.

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19. mamba dit le 21/07/2013, 04:38

Cessez,MMe Delvaux de brandir toujours le meme spectre,pour finalement faire encore plus le jeu des Flamingants. Que l'on ai "fignoler" encore plus l'"usine à gaz" là oui,je suis assez d'accord avec vous! Et ce petit bal finalement n'etait que le reflet que ce que nous sommes. ou du moins,sommes devenus. Ce fut pietre spectacle,une fete de "boerins"! Nous allons "y aller" cette fois!

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18. ReOufti dit le 20/07/2013, 23:25

Quelle suffisance ... Se permettre de dresser un état des lieux de la belgique et de le soumettre au futur roi ...pfff...Si elle était (B Delvaux) si avisée de la chose économique, politique, et societale du pays, elle ne serait pas éditorialiste Chef ds une gazette, mais prof ou chercheuse dans une grande université avec une chair rien que pour elle. Sire, je vais vous en donner un, moi, de conseil ...Ne lisez pas les gazettes, Sire.

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17. micheltamines dit le 20/07/2013, 22:42

micheltamines Via mon pseudo, je m'exprime donc "à visage découvert". Madame Delvaux adresse son éditorial au futur Roi. Je ne vois pas en quoi elle prendrait les lecteurs du Soir pour des c.... à part ceux qui savent qu'ils sont c.... et veulent ignorer la maestria de l'auteur. Je suggère à Madame Delvaux de confier sa plume d'éditorialiste, de temps en temps et au hasard à l'un(e) ou l'autre parmi ceux qui la dénigrent. Elle écrit parfois tout et son contraire ? Oui et non : son objectivité nous force à réfléchir, avec aussi les diversités qui sont dans ses textes. Je lis Le Soir depuis 50 ans et je dis "merci" à madame Delvaux, une grande journaliste, une grande éditorialiste en chef !

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