Ivan Paduart ouvre merveilleusement et poétiquement les Leffe Jazz Nights
Ivan Paduart Trio a inauguré la version 2013 des Leffe Jazz Nights dans la verrière de l’hôtel. Un endroit convivial mais à l’acoustique difficile, la verrière réverbérant les sons et assourdissant les basses
Nouveauté aux Leffe Jazz Nights : le festival ne se déroule plus à l’abbaye de Leffe ni dans l’école haut perchée de l’autre côté de la Meuse, comme c’était le cas en alternance ces dernières années, mais bien dans le parc de la Merveilleuse et à l’hôtel du même nom. Pari réussi. L’endroit est très beau, de la terrasse on voit la Meuse, le rocher Bayard, la collégiale de Dinant et la citadelle. Dans la nuit, les jeux de lumière augmentent encore la beauté de l’endroit sous les étoiles.
Le jazz, c’est aussi de la rêverie, la preuve par le Ivan Paduart Trio qui inaugurait la version 2013 des Leffe Jazz Nights dans la verrière de l’hôtel. Un endroit convivial mais à l’acoustique difficile, la verrière réverbérant les sons et assourdissant les basses. Les techniciens et les musiciens ont magistralement écarté ce problème. Le concert fut très bon d’un point de vue sonore. Et évidemment parfait d’un point de vue musical. Ivan Paduart est un pianiste qui adore les belles mélodies et les harmonies évidentes, quitte à cacher les complexités de certaines partitions pour les faire apparaître simples et agréables à l’oreille des auditeurs. Avec la complicité d’un Nicolas Thys à la contrebasse, parfait comme toujours, et d’un Hans van Oosterhout à la batterie, subtil et délicat. Sans jamais tomber dans la démonstration ni dans le martèlement, ces deux-là ont imposé un swing, un groove très séduisant. Sur lequel Ivan Paduart a tissé ses phrases lyriques, romantiques, aux variations infinies.
Il a principalement joué de son dernier album, « Ibiza », qui lui ressemble vraiment, avec ses touches impressionnistes qui font d’Ivan Paduart un poète du piano jazz. On a entendu « Ibiza », « Le méridien », « Filigrane », etc. Et c’était chaque fois le même ravissement du développement mélodique, de la ligne de basse et du travail des balais ou des baguettes sur les peaux et les cymbales. Ivan Paduart a déjà porté haut le niveau de ces Leffe Jazz Nights 2013.
Il suffisait ensuite aux jeunes Igor Gehenot, Félix Zurstrassen, Jean-Paul Estiévenart et Lionel Beuvens de commencer la jam session, à laquelle Stéphane Mercier, Maxime Blaisin, Joachim Caffonnette et Laurent Barbier se sont joints. Standards revisités, impros virevoltantes, c’était parfait pour terminer une première soirée de jazz. Ce samedi, place à Kris Defoort, Philip Catherine et Ozark Henry. Dimanche, Toots, David Linx et Diederik Wissels. Rien que des Belges : les festival de Dinant s’est mis au diapason patriotique de ce week-end du 21 juillet.








