Damien Bourlée, restaurateur de mobilier
C’est à Lillois, à l’étage de l’ancienne salle des fêtes du café « Le Progrès » que le restaurateur formé en ébénisterie à l’IATA, puis en restauration auprès de différents maîtres et en techniques anciennes à l’Ecole Boulle, a aménagé son atelier. Spécialisé en restauration de mobilier, marqueterie et objets d’art, son travail concerne essentiellement les meubles mais il peut aussi s’agir de la structure d’un instrument de musique, d’un mobilier miniature ou d’éléments sculptés.
Du musée au particulier
Damien Bourlée a monté son propre atelier il y a 25 ans. Il a à son actif quantité de restaurations privées comme publiques dont certains meubles d’églises ou de châteaux. Dans le cadre de collaborations avec l’Irpa (Institut royal du patrimoine artistique), il a signé la reconstitution du coffre des Eperons d’or du musée de Courtrai.
Cette réplique a été réalisée sur base de radiographies et de photos d’un fragment provenant d’Angleterre. A côté de ce travail muséal, il officie volontiers pour des particuliers, collectionneurs ou amateurs d’art, détenteurs d’un patrimoine familial « laissé trop fréquemment aller à vau-l’eau, remarque-t-il. Souvent, on attend trop longtemps avant d’intervenir alors que des entretiens réguliers confiés à un spécialiste permettent de maintenir l’œuvre en bon état, de la perpétuer pour les générations futures tout en préservant son intégrité historique et esthétique. »
Voilà le ton donné par cet homme qui considère son métier en termes d’échange, d’interrelation et d’interdisciplinarité. « Mon travail consiste à comprendre les attentes du client, à voir ce qu’il désire et à décider d’une intervention de commun accord, sur base d’un examen détaillé de l’œuvre. » Cette analyse peut également être utile à tout qui souhaite être conseillé avant l’achat d’une pièce, en salle de ventes ou ailleurs. « Le restaurateur est bien placé pour identifier les objets, pour détecter l’une ou l’autre anomalie et pour dater une pièce sur base d’un détail, qu’il s’agisse d’une épaisseur de placage, d’une vis forgée faite à la main, etc. »
Cette profession, pour manuelle qu’elle est indéniablement, nécessite une bonne dose de réflexion. Les objets étant uniques et irremplaçables, il s’agit de prendre toutes les précautions nécessaires avant d’intervenir. Des essais préalables sont volontiers pratiqués et des échanges avec d’autres restaurateurs sont indispensables. A ce titre, Damien Bourlée, insiste sur le rôle de catalyseur de l’APROA (organisation professionnelle de conservateurs-restaurateurs d’œuvres d’art) qui organise des rassemblements internationaux afin de générer des contacts, organiser la profession (non encore reconnue) et diffuser des informations concernant des recherches, des expériences techniques ou des approches de restaurations.
Du plus simple
au plus complexe
La mission du restaurateur est toujours basée sur un devis détaillé, réalisé après l’examen du meuble. Elle peut aller du nettoyage à la reconstitution de certaines parties manquantes, selon l’état de la pièce, les desiderata du client, la fonction de l’objet, le budget… Un entretien de conservation comprend grosso modo : la fixation des éléments qui se détachent, la rehausse éventuelle d’un système de coulisse, des réglages et réajustages, le nettoyage de vernis anciens, la détection de la présence d’insectes et le traitement ad hoc…
Mais, chaque objet a sa particularité et c’est ce qui fait la saveur du métier de restaurateur, sans cesse confronté à des cas nouveaux, parfois même à des énigmes à interpréter ou à apprivoiser par l’analyse, la recherche, l’observation, l’expérimentation.
Damien Bourlée
Conservation-Restauration Mobilier et Objets d’Art
129 Grand Route – 1428 Lillois-
Witterzee – 0473271445


