Dopage: «Le palmarès des Tours de 1990 à 2000 est sujet à caution»
La commission d’enquête du Sénat français a rendu public un rapport sur le dopage qui a permis d’épingler une liste de coureurs dopés au Tour 98. « Tout le monde était au courant du dopage mais l’UCI n’a rien fait », estime Eric Boyer, l’ancien manager de l’équipe Cofidis. Toutes les réactions.
La Commission d’enquête du sénat français sur l’efficacité de la lutte contre le dopage a rendu public son rapport très attendu, mercredi matin. Outre 60 propositions pour mieux lutter contre le dopage, le rapport du Sénat français comprend les noms des cyclistes dopés en 1998.
Franck Pineau, directeur sportif de l'équipe cycliste FDJ : « Aujourd’hui on veut combattre le dopage. Ce qu’il faut faire c’est regarder devant soi et pas derrière. Ce qui m’intéresse c’est de savoir si les gens sont dopés aujourd’hui et s’ils le seront demain. C’est complètement débile ce qu’ils font, ils incriminent des gens qui ne peuvent pas se défendre parce que les échantillons sont massacrés. Le vélo, on en prend plein la gueule alors que dans les autres sports, c’est pareil voire pire. je voudrais que les gens comprennent qu’il est possible de faire du vélo sans se doper. » Sur France Info
Jean-Jacques Lozach, rapporteur de la commission parlementaire contre le dopage : « Nous avons subi des pressions mais c’étaient des pressions très contradictoires. Pour certains, il fallait diffuser, pour d’autres il ne fallait rien dire. Donc cela rejoint ma position qui est la justesse et l’équilibre. » Sur France 24
Christophe Bassons, ancien coureur cycliste professionnel français entre 1996 et 2001. Il se trouvait dans le peloton du Tour de France en 1998 : « L’EPO vous fait gagner 20 % de performance, l’effet est énorme. Quand vous vous retrouvez avec un taux d’hématocrite à 60, vous vous posez forcément des questions sur la nature du produit que vous prenez. On ne peut pas ne pas savoir (…) La loi du silence est un système qui a toujours régné dans ce milieu. Laurent Jalabert a décidé de nier mais il faut tenir compte de sa position : consultant pour France Télévision et ancien sélectionneur de l’équipe de France. C’est une position délicate. Mais jusqu’où peut-il nier ? Son nom est sur une liste de 65 sportifs, positifs à l’EPO en 1998, c’est-à-dire 95 % des sportifs (…) Les nouveaux produits comme l’Aicar et le GW1516 sont la grande inquiétude du moment. Ils améliorent l’apport d’oxygène aux muscles, en diminuent leur volume et en même temps, brûleraient les graisses. On se retrouve alors avec des volumes de muscle pas très importants et très peu de graisse. Quand on voit la physiologie de certains coureurs, on est en droit de se poser des questions. » Sur RTL France
Eric Boyer, ancien manager de l’équipe Cofidis : « Après 1998 on voulait prendre des mesures pour que ça n’arrive plus jamais. Mais aucune n’a été prise. L’Union Cycliste International a trompé tout le monde alors que tout le monde était au courant du dopage. Ces gens-là n’ont plus rien à faire dans le cyclisme, ça fait des mois qu’on le répète. » Sur BFM TV
Daniel Baal, Président de la Fédération Française de Cyclisme de 1993 à 2001 : « Tout le palmarès des Tours des années 90-2000 est sujet à caution » Sur BFM TV
Jacky Durand, vainqueur de trois étapes du Tour de France, impliqué dans les révélations du Monde.fr : « Quand vous voulez vivre votre passion et que vous bossez comme un damné de manière propre, mais que vous êtes, malgré tout, à la rue en termes de résultats par rapport à la concurrence, vous analysez la situation. Et pour vivre votre passion, participer et réussir sur le Tour de France, vous franchissez le pas (…) Les Français ont commencé tardivement et cessé le plus souvent plus rapidement que la concurrence ». Sur lemonde.fr.
Laurent Jalabert, lauréat du classement par points (1992, 1995) et du maillot à point (2001 et 2002), d’abord accusé par L’Equipe.fr : « Je ne peux pas dire que ce soit faux, je ne peux pas dire que ce soit vrai (…) L’enquête portait sur l’efficacité de la lutte contre le dopage et j’ai l’impression aujourd’hui que c’est mon procès (…) J’ai toujours fait confiance aux médecins des équipes, je n’avais aucune raison de penser qu’il fallait être méfiant. On était soigné mais il était difficile de savoir les médicaments qui nous étaient administrés (…) Mais à aucun moment, je n’ai cherché à rencontrer de quelque manière que ce soit des médecins pour améliorer mes performances. Je n’ai pas dépensé un franc à l’époque pour en voir ou acheter des produits interdits ». Sur RTL et France 2, fin juin 2013.
Jan Ullrich, unique Allemand vainqueur du Tour de France (1997) puis deuxième derrière l’Américain Lance Armstrong à trois reprises (2000, 2001 et 2003) et champion du monde du contre-la-montre en 1999 et 2001 : « Oui, j’ai eu recours aux traitements de Fuentes (…) Presque tout le monde prenait à l’époque des substances dopantes. Je n’ai rien pris que les autres n’ont pas pris aussi (…) Le vainqueur du Tour 1997 dit avoir voulu se placer au même niveau que les autres. « Selon moi, il y a escroquerie à partir du moment où je me procure un avantage. Il ne s’agissait pas de cela. Je voulais favoriser l’égalité des chances ». Au magazine Focus, fin juin 2013.









Comme s'il n'y avait plus de dopage actuellement! On peut rayer tous les gagnants du tour de France. Qu'on en face une course où plus personne ne sera déclaré vainqueur puisque les analyses ne sont faites que 10 à 20 ans plus tard et les vainqueurs déclassés...vraiment devenu sans intérêt le cyclisme.