Embouteillages à Bruxelles : «Ne rien faire n’est pas une option»
La chambre de commerce bruxelloise chiffre le coût des embouteillages à 511 millions d’euros pour les sociétés. Elle avance trois mesures pour lutter contre l’engorgement de la capitale : utiliser les lignes de RER déjà opérationnelles, mettre en place une taxe kilométrique ou encore remplacer la voiture de société par une aide au logement. Le résumé du chat.
L’offre de transports en commun ne suit pas, faut-il délocaliser l’emploi en province et favoriser le télétravail par des incitations fiscales pour les employeurs ? (Eva)
Xavier Dehan : « Les entreprises font de la mobilité à Bruxelles leur problème numéro un. L’impact sur leur compétitivité est tel que Beci a voulu rédiger un livre blanc qui comprenne un constat sur l’offre et les besoins de mobilité ainsi que sept chantiers et 50 recommandations : le RER maintenant, l’investissement dans les transports en commun, mais aussi la suppression partielle des horaires de travail, le télétravail, les budgets mobilité des salariés, le stationnement, les livraisons, le code de la route, les feux intelligents, les infrastructures routes, vélos, piétons, la fiscalité… Le RER peut être opérationnel demain sur trois lignes (Malines, Leuven et Halle). Les rames nécessaires ont été livrées, rien ne s’oppose à la mise en œuvre. On constate que plus on s’approche de la ville, plus la voiture est préférée à tout autre mode de déplacement. Le RER devrait permettre de réduire de 50.000 les 225.000 voitures qui entrent dans la ville quotidiennement. Ceci étant posé, il n’en demeure pas moins que 175.000 voitures bruxelloises circulent aussi tous les jours. »
Ne devrait-on pas sortir du tabou idéologique de la « voiture mal absolu » ? (Sensei)
Xavier Dehan : « Le livre blanc refuse de stigmatiser les utilisateurs de mobilité, quel que soit leur mode. Il n’y a pas de mauvais navetteurs et de bons Bruxellois. Nous refusons d’opposer un mode de déplacement vis-à-vis d’un autre. La solution réside dans une mise en œuvre chronologique des plans existants. Ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Pas de péage urbain ni de réduction des parkings sans que les alternatives existent en quantité et en qualité. »
Comment calculez-vous 32 millions d’heures perdues ? (Poli)
Xavier Dehan : Il y a plusieurs méthodes pour calculer le coût de l’immobilité à Bruxelles. La fourchette « haute » nous amène à un total de 511 millions, la « basse » à moitié moins. Il s’agit de la multiplication des 80 heures perdues en moyenne par véhicule circulant à Bruxelles fois leur nombre (400.000).
Selon vous, quelles sont les raisons de cet engorgement de Bruxelles ? Comparativement à la plupart des villes citées dans le graphique ci-dessous ? (Usop)
Xavier Dehan : Bruxelles n’est pas réellement comparable aux villes de même taille en raison de son statut international et son positionnement géographique. C’est la Région qui se compare à des villes de tailles comparables pour arriver au constat du niveau d’embouteillage. Cette analyse postule que le statut de Bruxelles est comparable à une ville moyenne en Europe. Or, ses besoins correspondent davantage à une ville de grande taille. Pour autant, Bruxelles ne boxe pas dans la même catégorie que Londres ou Paris.
Pourquoi ne pas synchroniser les feux de signalisation aux artères principales de Bruxelles ? Est-ce seulement possible ? (Usop)
Xavier Dehan : Bruxelles a pris l’option de désynchroniser les feux pour casser une vitesse qui n’existe quasiment plus. On peut effectivement revenir sur la synchronisation pour autant que chacun respecte le code de la route (arrêt à l’orange, ne pas s’engager sans dégager un carrefour…)
« Ne rien faire n’est pas une option »
Xavier Dehan : En conclusion, rappelons que ne rien faire n’est pas une option. Il faut que tous s’engagent : entreprises, citoyens et pouvoirs publics – sans stigmatiser l’un ou l’autre utilisateur, pour améliorer ensemble la situation à Bruxelles. Le Livre Blanc sera officiellement diffusé d’ici début septembre et probablement commenté durant la semaine de la mobilité.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Et ils veulent supprimer la journée sans voiture......Que ceux de Bruxelles ville apprennent à se déplacer en bicyclette et/ou transport en commun.....C'est déjà pas évident pour ceux qui ne sont de Bruxelles.
Je suis aussi de l'avis que les Bruxellois devraient être incités fiscalement a utiliser des moyens de transport alternatifs a la voiture. Le convoi voiturage par ex. est un excellent système. Mais les transports en commun doivent surtout être crédibles et digne de ce nom.
@JCCO éviter le licenciement dans les sociétés qui produisent les chèques repas est un raisonnement idiot : en réalité ces emplois sont de la surcharge administrative inutile et ne valent pas mieux que le chômage, autant clarifier la situation est rendre ces personnes au marché du travail où elles pourront trouver un emploi plus utile.
Tant que des navetteurs utiliseront principalement leurs véhicules ( de société ou non, et là, se pose le problème et la pertinence de cet avantage fiscal et du coût des taxes sur le travail) et tant qu'il n'y aura pas d'alternatives crédibles de déplacement, rien ne changera, ce sera pire en pire. Parallèlement, le politique devrait inciter a déplacer le lieu de résidence vers le lieu de travail et encourager la mobilité du logement principal. Il y a pas vraiment un problème d'aménagement du territoire mais bien de mobilité du logement vis a vis du travail.




Embouteillages Non il faut juste que le gouvernement arrête sa politique d'étranglement de la circulation! Mais notre gouvernement est tellement con: enfin ça on le sait tous....