Tunisie: c’est la démocratie qu’on veut tuer
Dans le monde arabe, les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent. L’Egypte se déchire dans une sanglante querelle de légitimité, la Libye s’enfonce dans les tourments de l’instabilité, la Syrie ressemble à une hideuse plaie ouverte sanguinolente. En Tunisie, malgré de pénibles soubresauts, des espoirs étaient permis. Mais ce jeudi, jour anniversaire de la fondation de la République, un assassinat politique, le second depuis février dernier, est venu assombrir l’horizon.
La cible, le député de l’Assemblée constituante Mohamed Brahmi, appartenait, comme la victime du 6 février Chokri Belaïd, à la mouvance de la gauche radicale anti-islamiste. De nombreux Tunisiens sont d’ailleurs spontanément descendus dans la rue après le drame d’hier pour clamer leur indignation et pointer du doigt le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, désignant son chef, Rached Ghannouchi à la vindicte populaire.
Nul ne sait pourtant encore qui a commandité et perpétré ce que le président Moncef Marzouki a qualifié de « crime horrible ». D’aucuns reprochent à certains caciques d’Ennahda d’avoir insufflé une atmosphère de haine par leurs discours intolérants. Mais bien d’autres suspects rôdent au pays. Qu’ils proviennent de cette mouvance salafiste violente qui se nourrit du fanatisme ou bien des rangs des nostalgiques de l’ancien régime dictatorial à l’affût d’un chaos qui ferait regretter l’époque liberticide et corrompue…
L’impunité constituerait en tout cas la plus grave erreur dans ce contexte troublé. les commanditaires du meurtre de Chokri Belaïd auraient été identifiés, a annoncé le ministère de l’Intérieur, mais il s’est abstenu de les nommer !
Voyons toutefois plus loin et faisons nôtre l’évaluation de Vincent Geisser, chercheur français grand connaisseur de la Tunisie : « Cet assassinat politique n’a qu’un seul but : stopper le processus de transition politique, mettre hors-jeu l’Assemblée nationale constituante et le gouvernement, casser le processus électoral en cours et poser les bases d’une reprise en main autoritaire du pays sur le ‘‘modèle algérien» ou, disons plutôt sur le ‘‘scénario égyptien», s’appuyant sur des manifestations populaires (bien réelles) pour légitimer la normalisation sécuritaire.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Ellende3 Citer l'Angleterre comme exemple en matière de démocrate me semble à tout le moins exagéré. Le système majoritaire qui y est appliqué ne permet pas aux plus petits partis de faire entendre leur voix. Malgré ses défauts, et les problèmes qu'il entraîne, notre système " à la proportionnelle" me semble se rapprocher aux mieux d'un représentation correcte des idées de chacun
@ bro Avant de faire des commentaires, relisez l'histoire, non en la regardant avec les moeurs, idées et modes d'aujourd'hui, mais en vous plaçant dans le contexte au moment des faits. Ensuite vous serez à même de formuler des commentaires sensés
Comme d'habitude, la religion et la politique ne font pas bon ménage. La nocivité des religions est connues...depuis le début de l'humanité!
2.Emma Dover, 12:52. "S'il n'y a jamais eu de démocratie en terre d'Islam"? Ben non! Avant Solon en Grèce non plus.Et nous avons connu de sérieux reculs en Europe, non? Et nous les voyons encore en Occident aujourd'hui.Dire que la démocratie est à faire est un truisme hélas; nous ne le voyons que trop, en ce compris la "grande Amérique démocratique". Rappelez-vous: Le Vietnam, l'Amérique du Sud (Allende versus Pinochet), L'Irak 1 & 2, l'Afghanistan, j'en passe et des "meilleures"...Et que dire des "Grandes Oreilles" si poétiquement nommées?



Et,chez nous, on les accueilleà bras ouverts,on se prosterne devant toutes leurs revendications, on chasse DIEU de nos églises ,de nos écoles et de nos fêtes,pour ne pas les choquer...! Et si vous avez le malheur de vous exprimer haut et clair, le M.R.A.X. vous tombe sur le râble,à bras raccourcis! Mais quand donc nos politiciens se réveilleront-ils,et s'élèveront au-delà du bout de leur nez électoraliste?