Un manifestant tué en Tunisie

Gaëlle Moury (avec AFP)
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Les funérailles de Mohamed Brahmi ont lieu ce samedi dans un climat de contestations grandissant. Un manifestant a été tué et 42 députés ont démissionné, réclamant la chute du gouvernement.

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Le cercueil de Maohamed Brahmi © AFP
    Le cercueil de Maohamed Brahmi © AFP

Un manifestant a été tué dans la nuit de vendredi à samedi à Gafsa, dans le centre-ouest de la Tunisie, lors d’une marche de protestation contre l’assassinat de Mohamed Brahmi. Mohamed Moufti, 45 ans, a été tué lorsque la police a dispersé à coups de bombes lacrymogènes une marche nocturne simulant des funérailles symboliques de l’opposant, inhumé ce samedi à Tunis.

L’homme, un militant du Front populaire, une coalition d’extrême gauche, a été mortellement blessé par une bombe lacrymogène qui l’a atteint au niveau de la tête. La police a chargé lorsque des centaines de manifestants ont tenté d’envahir le siège du gouvernorat (préfecture) dans le centre de Gafsa. La victime a succombé peu après son transport à l’hôpital de la ville.

Des centaines de personnes présentes aux funérailles de Brahmi

Enveloppé du drapeau national, rouge et blanc, et escorté par des voitures militaires, le cercueil de Mohamed Brahmi a quitté son domicile un peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) et devait emprunter un parcours longeant l’Avenue centrale Habib Bourguiba de Tunis sur le chemin du cimetière dans le sud de la capitale.

Des centaines d’habitants de Sidi Bouzid, où est né l’opposant, se sont déplacés à Tunis pour ses funérailles ce samedi.

42 députés se retirent de l’Assemblée constituante

Quarante-deux députés appartenant à l’opposition se sont retirés de l’Assemblée nationale constituante (ANC) pour demander sa dissolution et la chute du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda.

Les 42 députés appartiennent à l’Union pour la Tunisie qui fédère des formations autour de Nidaa Tounes, le parti de Béji Caid Essebsi, ancien premier ministre jusqu’aux élections du 23 octobre.

Ces élus sont aussi issus de l’alliance démocratique (gauche) et du Front populaire qui rassemble une dizaine de formations nationalistes d’extrême-gauche, dont celle de l’opposant Mohamed Brahmi.

La contestation grandit

La Tunisie est secouée par des manifestations qui ont éclaté à l’annonce de l’assassinat de Mohamed Brahmi, abattu jeudi par 14 balles tirées à bout portant, devant son domicile, en banlieue de Tunis. Une journée de deuil national avait été décrétée vendredi.

La Tunisie était paralysée vendredi par une grève générale « politique » à l’appel de la puissante centrale syndicale (UGTT), la deuxième du genre depuis le soulèvement de 2011, après celle organisée suite à l’assassinat de Chokri Belaïd, un autre opposant de gauche tué en février dernier.

Plusieurs bâtiments officiels et des locaux du parti islamiste qui dirige le gouvernement ont été saccagés ou incendiés jeudi et vendredi dans des villes de province.

Vos réactions

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1. Liberte pour tous dit le 27/07/2013, 17:55

Toujours aucune reaction des bobos du weekend... toujours trop occupes a lyncher les USA et leur systeme fasciste j'imagine. Heho! Vous etes la? Il y a quelqu'un?

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