Foire agricole de Libramont: légère embellie dans le secteur laitier
Manifestations, épandages de lait, fermetures d’exploitations… les producteurs laitiers ont traversé une grave crise en 2008-2009. En 2013, si la situation s’est améliorée, à la faveur d’un redressement des prix, le quotidien de nombreux producteurs reste difficile.
Les producteurs laitiers ont connu une grave crise en 2008-2009. Aujourd’hui, « la situation s’est améliorée. Le marché mondial du lait est actuellement déficitaire, ce qui tire les prix vers le haut. Mais l’année 2012 a été une mauvaise année, avec de mauvaises conditions climatiques et moins de fourrages, ce qui a fait augmenter les coûts de production », résume Daniel Coulonval, président de la Fédération wallonne de l’Agriculture (FWA).
En juin, la moyenne des prix payés par les laiteries wallonnes s’est élevée à 33 euros pour 100 litres de lait, ce qui représente presque un doublement par rapport au plancher de 18 euros pour 100 litres atteint au pire de la crise de 2008-2009. « Cela permet de boucher les trous mais ce ne sont pas des prix qui permettent de réinvestir. Aux coûts de production actuels, il faudrait un niveau de 37-38 euros », nuance le président de la FWA.
« La situation est un peu meilleure mais les coûts de production ont fortement augmenté. Avec la hausse du prix du lait, on arrive à payer les factures mais on est encore loin de payer un salaire pour le travail qu’on fait », confirme Erwin Schöpges, membre du groupement de producteurs laitiers MIG.
La situation reste difficile
La situation reste donc difficile pour les producteurs laitiers wallons. En témoigne l’indice de confiance récemment publié par la banque Crélan. Si, globalement, la confiance des agriculteurs s’est légèrement améliorée par rapport à l’année précédente, le secteur de l’élevage laitier affiche la confiance la plus basse du monde agricole belge et est la seule spéculation à voir sa confiance reculer.
Le « paquet lait » adopté au niveau européen et offrant la possibilité aux producteurs de s’organiser, pour une partie de leur production, face aux laiteries, représente certes une réponse partielle. Mais les éleveurs continuent à déplorer un manque de régulation.
« On voit beaucoup d’agriculteurs qui arrêtent de traire pour passer aux céréales. Ce serait quand même triste de perdre toute une génération de producteurs laitiers ici en Wallonie et dans toute l’Europe », avertit Erwin Schöpges, craignant que la fin des quotas laitiers en 2015 ne mette les éleveurs à la merci « des multinationales et des banques ». « J’ai un fils de 20 ans qui aimerait bien reprendre la ferme mais à des conditions pareilles, on n’ose pas ».









