La Belgique viole les droits des adultes handicapés
L’Europe a condamné l’État belge pour le manque de places d’hébergement et de solutions d’accueil pour les personnes handicapées de grande dépendance. Cette condamnation devrait conduire à une révision en profondeur de la politique et des moyens accordés au handicap de grande dépendance. Elle ouvre aussi la voie à des actions individuelles en justice.
Cette décision du Comité européen des droits sociaux, l’organe quasi-judiciaire du Conseil de l’Europe, a été rendue publique ce lundi, indique La Libre. Elle fait suite à la réclamation collective introduite le 13 décembre 2011 par la Fédération internationale des Ligues de droits de l’homme (FIDH) au nom d’une vingtaine d’associations représentatives du secteur du handicap en Belgique.
Depuis de longues années, ces associations qui sont la voix des personnes polyhandicapées, souffrant d’autisme, de lésions cérébrales acquises ou atteintes d’une infirmité cérébrale, et de leurs familles, interpellaient les autorités sur la situation dramatique et inhumaine dans lesquelles elles se trouvaient plongées, en raison de l’absence de solutions d’accueil adaptées. Faute de résultats, elles ont emprunté la voie judiciaire en désespoir de cause, explique Véronique van der Plancke, avocate des 20 associations. L’objectif étant d'obtenir la condamnation de l’État belge pour violation de la Charte sociale européenne. Environ 75.000 personnes sont handicapées de grande dépendance.
Le Comité européen des droits sociaux a suivi les plaignants, et condamne la Belgique, de manière aussi sévère qu’explicite : « Aucune justification avancée par le gouvernement de la Belgique relative à sa carence de s’assurer un nombre de places (suffisant) dans des centres d’accueil et d’hébergement pour les personnes handicapées adultes de grande dépendance, de sorte que ces personnes ne soient pas exclues d’accès à ce mode de service social, n’est susceptible d’être retenue. (…) Cette carence est constitutive de violation de la Charte ».
Pas d’appel
Cette condamnation de l’État belge devrait donc conduire à une révision en profondeur de la politique et des moyens accordés au handicap de grande dépendance. Mais elle ouvre aussi la voie à des actions individuelles en justice de personnes handicapées et/ou de leurs familles, éventuellement accompagnées de demandes d’astreintes financières, par rapport à leurs difficultés d’accès aux solutions d’accueil qu’elles réclament. La « jurisprudence » du Comité européen, qui établit la faute de l’État belge, est d’application immédiate devant les juridictions nationales.
«Plus qu’une condamnation morale, il s’agit d’une condamnation juridique et effective», a estimé Emmanuelle Delplace, co-directrice de la Ligue des droits de l’homme (LDH). «Nous sommes soulagés et fiers de cette décision qui va nous apporter du changement et des voies de recours», a souligné Emmanuelle Delplace. Cette décision amènera la «révision en profondeur de la politique et des moyens accordés au handicap de grande dépendance», selon la LDH. La Belgique va devoir établir des plans d’aide aux handicapés, chiffres à l’appui, explique.
Cette condamnation, «définitive», en ce qu’elle n’est pas susceptible d’appel, permettra, dans les trois régions, à des personnes handicapées et/ou leur famille d’introduire des actions individuelles devant les tribunaux de première instance. La Belgique pourra ainsi être condamnée à des astreintes, précise Véronique van der Plancke, avocate des 20 associations. Le Comité européen des droits sociaux va vérifier si les promesses sont tenues, via le rapport annuel que remet la Belgique.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @8brillenrondes - Connaissant la problématique d'un peu plus près, je peux vous dire que les institutions ou entreprises de travail adapté sont subsidiées par les régions ET par les opérations type cap48. Bien évidemment, la personne handicapée n'est que très rarement ou de très loin bénéficiaire de ces rentrées. Reprenant l'exemple des entreprises de travail adapté, sociétés créés pour tranquilliser la conscience du public. Mais qui contrôle ce qu'il s'y passe vraiment ? Abus de pouvoir, infractions majeures à la déontologie, silence des syndicats et j'en passe ... souvenez vous, Village n°1 il y a deux ou trois ans. Et ce n'est que la partie visible de l'iceberg.
Moui. Je suis triste pour l'état de ces personnes, mais je n'y peu rien. D'un autre côté, comment peut-on condamner un pay pour son manque de dépenses financières dédiées à la construction d'infrastructures pour les handicapés (mais peut-être est-ce un simple problème de gestion), et en même temps dans ce pays, promouvoir ces handicaps comme une raison valable et effective d
ça va encore nous couter la peau des fesses! Et qui finance? Le couillon de contribuable bien entendu. C'est bien gentil tout ça mais bon austérité comme on dit à la ...commission européénne!









la culture PS .....c'est toujours aux autres de payer....