Le Belge est toujours le bienvenu en Espagne
Le marché immobilier sur la Costa del Sol se redresse lentement mais sûrement. Reportage entre Marbella et Sotogrande où il reste de belles opportunités à saisir.
Málaga, Fuengirola, Torremolinos, Benalmadena, Marbella… Autant de noms familiers pour les Belges, toujours avides de vacances sur la Costa del Sol espagnole. Développé à partir des années 50, le tourisme de masse y est encore et toujours roi et il a défiguré le visage d’une côte qui possède pourtant d’innombrables atouts.
Plus au sud de Marbella, entre Estepona et Sotogrande, localité réputée pour abriter l’un des plus beaux golfs du monde (Valderrama), l’immobilier propose une autre esthétique, plus en harmonie avec la beauté de l’Andalousie. Les projets y ont fleuri également mais ils ne sont pas « agressifs » pour l’œil, que du contraire.
Plus exclusif, le marché y a également subi les foudres de la crise, plus importante en Espagne que dans beaucoup d’autres destinations touristiques européennes. Certaines carcasses d’immeubles ceinturées par des grues à l’arrêt depuis trois ou quatre ans suite à la faillite de promoteurs y sont encore visibles çà et là mais elles sont extrêmement rares.
Fait commun au reste du pays : les prix y ont également baissé, et de manière très conséquente puisqu’on enregistre parfois des baisses de 60 à 70 % ! Une aubaine pour les investisseurs et amateurs de seconde résidence ? Certainement, mais à condition de ne plus trop traîner. Car le marché espagnol a repris. Depuis plus d’un an. Lentement mais aussi – ce sont les experts locaux qui l’affirment – sûrement. « Depuis janvier 2012, on note une régularité des ventes, assure ainsi David Zapico, le fondateur de Zapinvest, une agence immobilière liégeoise spécialisée dans la seconde résidence dans les régions d’Alicante et de Marbella. On y a atteint des prix tellement bas, avec des prix au mètre carré qui sont descendus à 1.000 euros, que ça se vend. »
D’origine espagnole, l’homme connaît la région comme sa poche et sait donc de quoi il parle. Au départ de Zapinvest en 2010, il accompagnait ses clients sur la Costa del Sol quelques fois par an. Aujourd’hui, il prend l’avion deux fois par mois. « En 2012, nous avons vendu 70 biens, confirme-t-il. Cette année, notre bilan (arrêté début juillet) affiche déjà 80 biens qui ont changé de propriétaires… »
Encore de nombreuses possibilités
Un joli succès qui ne semble pas près de s’arrêter. Car les possibilités sur place sont encore légion. « Un marché n’est pas l’autre, explique-t-il en dégustant des calamars frits sur une terrasse de Sotogrande. Sur la Costa del Sol, on a trop construit au mauvais moment, entre 2008 et 2011. Il en résulte un stock très important de biens. Mais l’Espagne se relève, c’est indéniable. Le marché est clairement en reprise. Le journal El País annonçait récemment 27.000 biens vendus rien que pour le mois de décembre 2012. »
Reventes, achats à un promoteur, saisies bancaires de biens appartenant à un particulier qui ne peut rembourser son emprunt ou à un promoteur qui a vu trop grand : le marché immobilier espagnol est désormais régi par ce trio d’événements implacables.
Certains acheteurs belges, au moment de signer l’acte de leur future résidence, sont parfois pris d’un sentiment de malaise : ils font une belle affaire en profitant du malheur des autres. C’est vrai mais la réalité, aussi cruelle soit-elle, ne doit pas faire oublier que l’Espagne – et donc les Espagnols – a plus que jamais besoin de l’argent des étrangers pour poursuivre son redressement.
Puisqu’on parle d’argent, on signalera ici que les banques ibériques sont d’une grande frilosité. C’est peu de l’écrire. Si vous voulez acheter, sachez donc ceci : primo, elles vous demanderont un apport personnel de minimum 50 % ; secundo, les taux d’emprunt actuels se situent autour de 5,30 % mais toujours à taux variable (le taux fixe n’existe en Espagne que pour les sociétés) ; tertio, si vous voulez emprunter dans une banque en Belgique, celle-ci ne pourra pas prendre la villa ou l’appartement que vous convoitez en Espagne en hypothèque. Il faudra donc mettre en hypothèque un bien en Belgique. Bon à savoir : une assurance-groupe peut servir de garantie.



