11h02: réchauffement climatique, «après les pistes, il faudra les mesures»
La Wallonie a mis en place un « plan air-climat-énergie » ainsi qu’un décret balisant la politique climatique pour les années à venir. Le principe : la Région veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2020. Elle devra les diminuer de 80 à 95 % d’ici 2050. Michel De Muelenaere a répondu à vos questions.
Les émissions de CO2 ne cessent de croître mais certains affirment que « l’effet de serre » est fini depuis 17 ans ; de plus, il y a toujours eu des périodes naturelles de réchauffement climatiques. Que penser de tout cela ?
« Le réchauffement climatique est attesté par d’innombrables études scientifiques. Malgré ces études, il reste toujours des zones d’ombre mais le réchauffement est reconnu par la majorité de la communauté scientifique. Beaucoup de gens se proclament climatologues sans l’être, il est nécessaire de bien vérifier les sources d’une quelconque étude. Au cours de cette décennie, il y a eu un ralentissement du réchauffement climatique mais celui-ci ne se calcule par sur quelques années mais bien sur de longues périodes. On peut d’ailleurs constater une augmentation du réchauffement si l’on observe le phénomène sur une longue durée. »
Qu’est-ce que le « plan air-climat » de la Région wallonne ?
« L’idée qui est sur la table en ce moment est à l’image d’une gestion de budget, la Région se fixe un objectif tous les cinq ans en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Chaque année, elle vérifie si les résultats sont atteints et prend des décisions correspondant aux résultats obtenus. »
« La Wallonie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% en 2020 et de 80% à 95 % en 2050. Ces discussions sont motivées par l’Union Européenne qui s’est également engagée à réduire ses émissions de 20% en moyenne pour 2020. Ce sont des accords internationaux et des chiffres imposés par l’Europe. La Wallonie a décidé d’aller au-delà de ces chiffres. »
La Flandre n’a pas visé 2050 mais seulement 2020, pourquoi ?
« Ces « accords européens » vont s’imposer d’eux-mêmes aux états, quoi qu’il arrive, la Flandre va devoir s’y conformer. Il est important de réfléchir en termes de trajectoire de manière à accueillir les divers changements plus sereinement. Une société qui émet peut de Carbonne va être amenée à changer de manière significative. Cela ne signifie pas que l’on va revenir à l’âge de pierre mais il devra y avoir des évolutions technologiques et comportementales. »
« Plus tôt nous prenons le problème à bras-le-corps, plus il sera simple d’identifier des pistes et des solutions afin de remédier à ce problème. »
Pour atteindre les objectifs fixés, nous devrons changer radicalement nos habitudes de consommation, mais aussi de déplacement, de chauffage, etc. Pensez-vous que ce soit réaliste ou tout simplement réalisable ?
« Nous avons une petite quarantaine d’année pour y arriver. Il y a 40 ans, le monde n’était pas ce qu’il était aujourd’hui, beaucoup de choses peuvent évoluer. Dès à présent, des choses importantes sont en train de se mettre en place. Dans quelques années par exemple, à Bruxelles, des bâtiments ne pourront plus être construits s’ils ne sont pas « passifs ». Certains comportements doivent être remis en cause et nous allons devoir également questionner notre consommation. Il faut continuer à assurer le bien-être des gens tout en changeant les habitudes de vie. Mais rien ne changera si nos responsables politiques en restent au stade des bonnes intentions ou des plans. Après les pistes, il faudra les mesures. »
La Chine et l’Inde sont des pays émergents qui rejettent beaucoup de CO2 dans l’atmosphère, que représente la Wallonie face à ces géants ?
« La problématique du changement climatique est mondiale, chacun doit faire un effort, c’est une question éthique. Pouvons-nous nous considérer comme une île non concernée par ce qu’il se passe dans le monde ou faut-il apporter notre petite pierre à l’édifice ? Les concentrations de CO2 dans l’air à l’heure actuelle sont le résultat du développement économique occidental. L’Inde et la Chine n’ont atteint cette phase de développement que très récemment. Ils sont d’ailleurs les premiers à souffrir de leurs propres émissions de CO2, ils se rendent bien compte qu’il faut faire quelque chose. »








