Le 11h02: asile, «la Belgique n’est plus perçue comme laxiste»
L’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) va commencer à fermer certaines initiatives locales d’accueil (ILA). Le taux d’occupation des places mises à disposition par Fedasil a déjà fortement diminué depuis 2012. 5.000 places seront supprimées d’ici 2014. Une preuve que la Belgique mène une judicieuse politique d’asile ? Véronique Lamquin a répondu à vos questions.
Pourquoi y a-t-il moins de demandes d’asile ?
« Premièrement, nous avons connu plusieurs crises de l’accueil. La Belgique a été confrontée à un surplus de demandeurs d’asile, nous avons même dû héberger des gens à l’hôtel, créer des solutions d’urgence. En conséquence, nous avons créé des structures supplémentaires d’accueil. Deuxièmement, le nombre de demandes d’asile s’est réduit en Belgique (25.000 début 2011, 21.000 en 2012). Troisièmement, la gestion des demandes d’asile est plus rapide qu’auparavant et les personnes restent donc moins longtemps dans les centres. La capacité d’accueil ayant été accrue depuis quelques années, beaucoup de places ne sont pas utilisées. »
On parle de 5000 places supprimées d’ici 2014, ceux qui travaillaient dans ces centres vont-ils perdre leurs emplois ?
« Il y a plusieurs types de centres : des centres collectifs, des centres individuels, des hébergements gérés par les communes, par « Fedasil »… Les « initiatives locales d’accueil », à savoir les stations d’accueils communales sont prioritairement concernées par ces suppressions. Par contre, le centre de Stoumont, géré par « Fedasil » va fermer ses portes mais ses employés seront prioritaires pour d’autres recrutements. »
Maggie De Block est-elle compétente par rapport à son prédécesseur Melchior Wathelet ?
« Premièrement, il est important de préciser que nous avons regroupé la compétence, il n’y a plus qu’une personne qui gère cette compétence, à savoir les demandes d’asiles et l’accueil. Deuxièmement, la Belgique a constaté qu’il y avait une hausse des demandes d’asiles sous le gouvernement précédent et le gouvernement avait la volonté d’avoir une politique d’asile claire de manière à gérer ces demandes. Maggie De Block a essuyé beaucoup de critiques en arrivant mais elle gère très bien ses dossiers. »
La Belgique est-elle moins attractive pour les demandeurs d’asile ?
« Avant, la Belgique avait l’image d’un pays où l’on devait attendre très longtemps pour être accepté, la procédure était très longue On avait une impression de pays laxiste et ça attirait les gens car il leur était possible de rester longtemps sur le territoire. Maintenant ce n’est plus le cas. »
Qu’est-il prévu en cas d’afflux massif (par exemple, conflit ou catastrophe majeur sur la planète) ?
« Des places de réserves (2000 environ) sont prévues pour accueillir les afflux massifs de demandeurs d’asiles, des parties de bâtiment à « Fedasil » qui ne sont là que pour ça. »
Maggie De Block : une politique trop dure ou trop sévère ?
« Elle a une ligne et elle s’y tient. Elle dit toujours qu’elle met un point d’honneur à gérer cette problématique de manière « humaine ». La Belgique ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Elle veut investir dans la qualité d’accueil, tenté que la procédure d’accueil soit la plus rapide possible. Mais en même temps elle veut lutter contre les fraudes liées aux procédures de demandes d’asile. »
Cette tendance à la baisse va-t-elle être durable ?
« C’est difficile à dire, les crises politiques, économiques ne sont pas prévisibles. Elles représentent un afflux potentiel de demandeurs d’asiles. »



