Sage et nécessaire gestion de la politique d’asile

Béatrice Delvaux
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Un pays d’accueil ne peut l’être, et surtout le rester, que s’il garantit que cet accueil est géré. C’est pour avoir donné l’impression inverse que la Belgique a alimenté dans sa population, et pas qu’au nord du pays, un réflexe de rejet et de repli sur soi, déroulant le tapis rouge aux discours politiques dénonçant le laxisme du pouvoir. La N-VA ne s’en est pas privée et il faut le reconnaître : on lui avait donné du grain à moudre. Le sommet de l’inexplicable furent ces chambres d’hôtel louées pour des demandeurs d’asile, faute d’avoir prévu ou créé assez de places pour les accueillir, et surtout d’avoir géré leurs dossiers en amont.

Le mérite qu’on doit accorder à Maggie De Block, secrétaire d’Etat en charge de cette politique, et au gouvernement Di Rupo, est d’avoir assumé cette gestion de façon claire, en revendiquant ses objectifs : limiter l’attractivité de la Belgique à l’étranger et gérer efficacement les demandeurs sur notre territoire – que ce soit pour les accueillir ou les expulser. La décision de fermer 5.000 places d’accueil d’ici à 2014, pour la simple raison qu’elles sont inoccupées, en est la conséquence concrète : les autorités politiques et les instances compétentes ne sont plus débordées par l’afflux de candidats à l’asile, elles gèrent un flux qui évolue mais est réduit structurellement à la baisse. Le gouvernement a pu tenir ses promesses : les centres temporaires ont été… temporaires. C’est fondamental face aux populations locales souvent très réticentes, et donc plus enclines désormais, s’il fallait rouvrir pour quelques mois le « temporaire », à ne pas s’y opposer : elles savent que les autorités ne leur mentent pas.

On pourrait souhaiter que nos pays soient davantage ouverts à la souffrance qui vit dans le monde. Mais la réalité impose aux autorités politiques le pragmatisme en la matière, pour garantir cette ouverture, mais en même temps, en maîtriser le subtil et difficile dosage qui, s’il « dérape », nourrit les votes nationalistes et extrémistes.

La nécessité pour chaque pays de ne pas être laxiste est d’autant plus inévitable que l’Europe les laisse tous seuls, face à leurs voisins.

La gestion stricte de l’asile est donc à mettre à l’actif du gouvernement actuel, sans qu’il ait eu pour cela recours aux discours sécuritaires, limite xénophobes, tenus dans certains pays voisins. C’est, en soi, une vraie réussite. A charge cependant pour le politique de veiller à l’humanité du processus, à la garantie d’espaces à ouvrir au cas où, et à l’amélioration de la qualité de l’accueil existant.

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16. poupila dit le 02/08/2013, 14:36

@God "C'est d'ailleurs marrant que vous soyez pour l'ouverture des frontières, vos prédécesseurs cocos avaient plutôt l'habitude de construire des murs et d'exécuter tout qui essayait de les franchir." A bon, c'est bizarre on dirait que tu aime aussi la rhétorique de propagande...toi à la vieille sauce anti-cocos. Que je sache depuis lors, c'est le chômage et la misère crée par la chute du dit affreux système qui fait fuir les slaves passés au capitalisme. Et puis, tu sais, t'as de la chance, c'est le système capitaliste qui applaudira la chute de la sécu. Le pb c'est qu'avec leur discours, ce fameux cauchemar totalitaire esclavagiste tu ne voit pas qu'il est en train de se construire sous tes yeux (et pas par les cocos, idiot !).

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15. poupila dit le 02/08/2013, 14:25

@ BruxellesdanslaRue. C'est vrai que les arguments de Béatrice Delveaux ne semblent pas les meilleurs et que ses positions sont peut-être dictée par la volonté de coller un peu plus à une opinion droitisation (comme sur le chômage) mais tu ne dois pas oublier non plus la crainte d'une partie de nos citoyens pour la sécurité sociale. En effet, s'il est totalement démagogique et raciste de dire que les immigrés viennent ici pour profiter de la sécu, il ne faut pas non plus se cacher que l'insertion professionnelle est particulièrement difficile en Belgique pour un immigrant et que de part ce faite la sécurité sociale et les aides à l'emploi sont fort sollicitée. Le grand obstacle d'une politique migratoire ouverte est la sécu. Et, oui ça te semble difficile à accepter mais il faut choisir : frontière et sécu ou pas de frontière et pas de sécu.

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14. poupila dit le 02/08/2013, 13:58

Le problème qu'il y avait avant et qui expliquait l'attrait de la Belgique était la longueur des procédures surtout en cas de recours. Après parfois 3 ans ou plus, de vie légale sur le territoire en attendant une décision définitive, les migrants obtenaient naturellement des régularisations, ce qui est logique. Les mesures prises pour un raccourcissement important des délais (quelques mois), y compris en cas de recours sont probablement à l'origine de cette perte d'attrait (puisque demande d'asile n'est plus égale à régularisation). Bien sur, on peut regretter une plus grande liberté migratoire comme aux USA, mais les USA n'ont pas la sécurité sociale...et voilà le bas blesse, l'immigration coûte à l'Europe à cause de ça.

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13. nicopapa dit le 01/08/2013, 01:19

Je m'interroge sur le glissement sémentique du terme "asile". A priori, on devrait réserver le terme demandeur d'asile aux véritables demandeurs d'asile politique, qui sont en général rares et qui sont bien connus pour leur activisme politique dans leur pays d'origine. Pour le reste, il est évident qu'il y a d'importants flux de réfugiers de guerre, de réfugiers économiques et tout simplement de migrants économiques, mais ces personnes ne devraient pas être confondues avec les véritables demandeurs d'asile politique. Quoi qu'il en soit, la détention de migrants est inacceptable et en particulier pour les demandeurs d'asile politique. Aux USA, ces derniers peuvent d'ailleurs obtenir rapidement un permis de travail provisoire qui leur permet ainsi de subvenir à leurs propres besoins durant le déroulement de leur demande d'asile.

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12. BruxellesdanslaRue dit le 31/07/2013, 21:18

[ God ] Vous avez dû vous sentir en position de force pour exécuter une telle sortie. Votre phraséologie est nulle ("respire", "mensonge", "orienté" etc.), et je préfère mon style. Concernant vos arguments, c'est pire! Passons sur le fait que l'histoire passée du communisme pourrait être différente de l'histoire future du socialisme, car au fond à part pour quelques réacs comme vous, le monde évolue. Mais ce qui me fait marrer, c'est votre pathétique tentative de prédire la débacle future d'un système socialiste, alors que vous n'avez fait que décrire ce que le capitalisme a fait pendant tout le XXème siècle, et jusqu'en 2008: "[... ils on fait] s'écrouler le système pour tout le monde. En fait, [...], c'est créer le chaos pour établir une dictature de décérébrés."

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