Missy Franklin règne aussi désormais sur la nage libre

Afp
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Missy Franklin a démontré qu’elle était bien la reine de la natation américaine en remportant, aux Mondiaux de Barcelone, son premier grand titre individuel en nage libre.

En maîtrisant en vieux sage le 200 m nage libre, Franklin, 18 ans, a décroché sa troisième médaille d’or de la semaine, après celles du 100 m dos et du relais 4x100 m nage libre. La native de Pasadena (Californie) a définitivement prouvé qu’elle était non seulement une nageuse surdouée, mais aussi véritablement polyvalente. Tous ses titres olympiques et mondiaux avaient jusque-là été obtenus sur le dos : 100 et 200 m aux J0-2012, 200 m aux Mondiaux-2011.

L’Américaine a finement joué le coup, en se retirant au dernier moment du 50 m dos, dont elle devait disputer les demi-finales juste avant la finale du 200 m. Un signe d’intelligence et de maturité. Elle ne pourra donc décrocher les huit médailles d’or dont elle rêvait, mais le compteur peut encore grimper jusqu’à sept. Pour s’offrir cette victoire, Missy « le Missile » a dû battre son record personnel (1 : 54.81).

« Je me sens très bien, je suis absolument ravie », a déclaré Franklin, qui devient la première Américaine à remporter cette épreuve aux Mondiaux depuis 1978.

« Un énorme facteur de motivation »

« J’ai beaucoup travaillé la vitesse pour être plus rapide sur les courtes distances et je me suis aussi beaucoup concentrée sur ma course et pas sur les autres nageuses autour de moi », a-t-elle expliqué. Sa 4e place aux JO-2012 sur cette distance a été « un énorme facteur de motivation », a-t-elle souligné. « C’était très difficile de ne pas être sur le podium. Mais je ne serais pas là aujourd’hui s’il n’y avait pas eu cette course. »

Elle a profité des errances de la Française Camille Muffat, grande favorite pour le titre avant les Mondiaux, mais qui après avoir craqué sur 400 m nage libre (7e) – distance sur laquelle elle est championne olympique –, n’a pu faire mieux que 3e cette fois-ci (1 : 55.72). L’Italienne Federica Pellegrini (1 : 55.14), double tenante du titre et détentrice du record du monde (1 : 52.98), a pris la 2e place, alors qu’elle n’avait pas prévu de s’aligner sur cette épreuve.

Sun « très fier » de lui-même

Le public catalan a pu admirer un autre nageur hors-norme. Déjà sacré sur 400 m nage libre dimanche, Sun Yang a récidivé sur 800 m pour s’offrir un quatrième titre mondial, après ceux de 2011 sur 800 et 1500 m nage libre. A 21 ans, il est aussi double champion olympique du 400 m et 1500 m nage libre, et a déjà pris rang parmi les tout meilleurs nageurs de l’histoire. Il visera dimanche le triplé avec le 1500 m, ce qui n’a été réalisé qu’une fois au cours d’un Mondial, par l’Australien Grant Hackett, en 2005 à Montréal.

« Rivaliser avec les Américains et les Australiens est très difficile pour les nageurs chinois et je suis très fier de moi », a-t-il reconnu. « Je suis très heureux de ma performance et d’avoir une nouvelle médaille d’or. » « La pression vient à la fois de moi et des gens de l’extérieur », a-t-il repris. « A la fin, j’ai donné les fleurs à mes parents pour leur montrer ma gratitude et pour le soutien qu’ils m’ont apporté après que j’ai quitté mon entraîneur. » La préparation du Chinois pour les Mondiaux avait été tronquée en raison d’une brouille avec son ancien entraîneur, qui lui reprochait de consacrer trop de temps à sa nouvelle compagne, au détriment de la natation.

Tombeur aux JO-2012 de Michael Phelps sur sa distance de prédilection, le 200 m papillon, le Sud-Africain Chad le Clos a quant à lui confirmé qu’il était bien le nouveau maître de la spécialité en s’adjugeant le titre mondial.