La Redoute s’arme de Courrèges
Du Courrèges pour toutes ! Le catalogue de vente par correspondance propose une collection capsule signée Courrèges dans son catalogue automne/hiver. Une douzaine de pièces pour vitaminer l’hiver.
Qu’évoque Courrèges pour Anne, 25 ans tout rond ? « Pas grand-chose... Une marque de luxe ? » Ni les bottes de vinyle ni les robes trapèze qui ont fait la renommée de cette griffe mythique des années 60-70 ne lui parlent davantage, pas plus que les parfums lancés récemment. Peut-être la collaboration entre la maison de couture parisienne et le catalogue de vente par correspondance l’initiera, voire la fera succomber... La collection capsule pour la Redoute popularise la griffe en la rendant accessibles à toutes, dans le droit fil des convictions de son fondateur. Avec Pierre Cardin et Paco Rabanne, le couturier français a marqué durablement la mode en la faisant descendre dans la rue. En s’invitant dans le catalogue de vente par correspondance, les deux publicitaires à qui Coqueline Courrèges a confié en 2011 les clés de la maison réussissent leur pari de « remettre la marque dans la tête des gens ». Jacques Bungert et Frédéric Torloting ont su préserver les codes de la marque tout en la faisant évoluer avec son temps.
Luminosité et rigueur : au premier coup d’œil on reconnaît le style Courrèges.
Pour paraphraser Coco Chanel, la mode se démode, le style Courrèges jamais... Il est intemporel. « On a racheté une entreprise dépositaire d’un style, une de ces rares maisons française qui ont un ADN propre, indépendant du marketing et des stylistes qui se succèdent », explique Frédéric Torloting en marge de la présentation de la collection capsule pour La Redoute. Les cheveux au carré et la mèche rebelle, blessé à la suite d’une chute en kite-surf, l’ancien propriétaire n’est pas sans rappeler Frédéric Beigbeder. En vraiment plus sympa. Au-dessus de la boutique de la rue François Ier à Paris, dans un petit bureau contigu à la pièce où mixe une DJette sculpturale dans la robe blanche du catalogue, tandis que les personnalités de la sphère médiatique et fashion procèdent à une séance d’essayage des pièces exposées qui sera ensuite postée sur Vine, le jeune entrepreneur raconte la belle histoire qui a uni sa destinée et celle de son ami à une vieille dame à la recherche de repreneurs pour la maison qu’elle avait fondée avec son mari. « On avait coécrit un édito dans Madame Figaro en 2009, intitulé « Marques à l’ombre », où nous expliquions l’importance des marques, notamment en période de crise. Coqueline l’a lu. Le lundi suivant, on était dans son bureau puis on s’est revu plusieurs fois. La transmission était quelque chose d’important pour elle, elle avait reçu plusieurs offres mais elle les repoussait toutes. Un jour elle nous a dit “Je vous transmets l’intransmissible, nos raisonnements, nos pensées” », se souvient le jeune homme. Comme André et Coqueline, Jacques Bungert et Frédéric Torloting travaillent en binôme. Et perpétuent les valeurs de la maison qui ambitionnait de révolutionner son époque tout en la reflétant.











