Mediaset: Berlusconi dénonce «une condamnation dénuée de tout fondement»

Maïlys Charlier (avec agences)
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La Cour de cassation a rendu son verdict dans l’affaire Mediaset jeudi soir. Elle a confirmé la condamnation à la prison de l’ex-chef du gouvernement italien pour fraude fiscale et a décidé de rejuger en appel son interdiction d’exercer une fonction publique.

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Après deux journées de débats, la Cour de cassation s’est retirée en chambre du conseil peu avant 13 heures pour rendre son délibéré. Le verdict prévu vers 17 heures s’est fait attendre et n’est finalement tombé qu’en début de soirée. Un peu avant 23 heures, Silvio Berlusconi a dénoncé cette « condamnation dénuée de tout fondement ».

De nombreux journalistes italiens et de la presse internationale étaient massés devant le siège de la Cour en attente du verdict, tandis que le Cavaliere était enfermé avec ses plus proches conseillers à son domicile privé.

La Cour de Cassation a finalement confirmé la condamnation à la prison de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale et décidé de faire rejuger en appel son interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.

M. Berlusconi, 76 ans, qui avait été condamné en première instance et en appel à quatre ans de prison dont trois couverts par une amnistie, ne devrait toutefois pas aller en prison en raison de son âge. Il s’agit de la première condamnation définitive à son encontre. Depuis son entrée en politique en 19994, Silvio Berlusconi a eu de nombreux démêlés judiciaires mais a toujours soit bénéficié de la prescription soit été acquitté.

«  Cette condamnation est dénuée de tout fondement et me privera de ma liberté et de mes droits politiques. Nous devons continuer à combattre, à faire de la politique, pour réaliser toutes les réformes nécessaires, au premier rang desquelles celle de la justice  », a réagi Berlusconi.

« Je n’ai jamais mis sur pied un système de fraude fiscale  », s’est défendu le Cavaliere. « Je suis fier d’avoir contribué à la richesse du pays en versant des milliards d’impôts à l’Etat italien » « Nous relancerons Forza Italia  », a-t-il ajouté, en référence au parti politique qu’il avait fondé lors de son entrée en politique en 1994.

Dans cette affaire, le Cavaliere a été condamné, en première instance comme en appel, à quatre ans de prison et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique pour fraude fiscale.

Mercredi, ses deux avocats ont tenté de démontrer l’innocence du Cavaliere devant la juridiction suprême. «  Je demande que le verdict  » de condamnation «  soit annulé, car les faits, vu la manière dont ils ont été présentés, ne représentent pas un délit, sont sans importance d’un point de vue pénal  », avait soutenu son avocat Me Coppi.

Letta appelle à la sérénité

Après l’annonce de la condamnation définitive de Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien Enrico Letta a appelé à la « sérénité » et au «  respect de la magistrature et de ses décisions  ».

«  Pour le bien du pays, il est nécessaire maintenant que, y compris dans le cadre du légitime débat interne aux forces politiques, le climat de sérénité fasse prévaloir l’intérêt de l’Italie », a déclaré M. Letta.

De leurs côtés, les avocats de l’ancien chef du gouvernement italien rejettent la sentence qu’ils jugent « injuste ». «  Nous évaluerons et nous entreprendrons toute initiative utile, y compris devant les instances européennes, pour obtenir que cette sentence injuste soit radicalement modifiée  », ont ajouté Franco Coppi et Nicolo Ghedini.

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Les Italiens manifestent leur joie devant la Cour de cassation à Rome

Vos réactions

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7. TILMANT Jean-Paul dit le 02/08/2013, 14:47

Une condamnation....."dénudée",ça..... Silvio aurait.....applaudi!

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6. TILMANT Jean-Paul dit le 02/08/2013, 11:37

Pour...une fois,c'est lui qui l'a dans le.... ..."fondement",le "couillone",maintenant,c'est lui,comme il aimait,tant,qualifier ses opposants!,l'Italie n'a pas à LE reconnaître,on le juge sur ....son oeuvre!

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5. curtius dit le 01/08/2013, 20:49

En fait, il semblerait que le renvoi pour la période d'interdiction de mandats politiques ait été justifié parce que la peine demandée (cinq ans) allait au-delà de ce que prévoit la loi actuelle pour fraude fiscale (trois ans maximum).

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4. curtius dit le 01/08/2013, 20:41

Les Italiens manifestent leur joie... excellent, comme si on était en Tunisie ou en Lybie :-) Presque pas dirigé, l'intitulé (et c'est bien le problème depuis des années dans la presse quand il s'agit de SB). Certains Italiens, 200 peut-être...

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3. curtius dit le 01/08/2013, 20:09

Beh oui, on ne va pas en prison, au-dessus de 70 ans. Il devra choisir entre l'assignation à résidence surveillée ou... travailler dans des services sociaux :-). michetamines, pour info : d'habitude lorsqu' "on" (ceux en subissent les conséquences) critique la justice italienne, c'est pour son indépendance à tout crin... Il y a déjà eu des cas de corruption de magistrats, mais la grande majorité est d'une intégrité qu'il est difficile de rencontrer ailleurs et sûrement pas en Belgique :-) On y trouve quantité de juges et de fonctionnaires avec des c...énormes, justement ceux qui arrivent à contrecarrer la mafia. Les instances judiciaires du monde entier vont d'ailleurs souvent faire des stages en Italie, où l'on leur apprend le métier (la lutte contre les mafias). bourla : non, je ne crois pas, sans doute (mais comment savoir exactement) est-ce fait pour ne pas déstabiliser actuellement le gouvernement qui réunit la gauche et la droite.

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