Berlusconi condamné: «Voilà comment l’Italie reconnaît les sacrifices»
L’ancien président du conseil a réagi dans une allocution vidéo après la confirmation de sa condamnation dans l’affaire Mediaset à quatre ans de prison, dont trois couverts par une amnistie. Une condamnation qui fait débat dans la presse italienne.
La Cour de cassation a rendu son verdict dans l’affaire Mediaset jeudi soir. Elle a confirmé la condamnation à la prison de l’ex-chef du gouvernement italien pour fraude fiscale et a décidé de rejuger en appel son interdiction d’exercer une fonction publique. Silvio Berlusconi, condamné, a tenu à dénoncer ce jugement : « En échange d’un engagement pour mon pays qui dure depuis 20 ans, je reçois en récompense des accusations et un verdict qui ne repose sur absolument rien, qui me prive de ma liberté personnelle et de mes droits politiques. Voilà comment l’Italie reconnaît les sacrifices. »
Dans les médias italiens, les commentaires sont également contrastés. Revue de presse.
Une page d’accueil online qui porte le deuil : ce simple mot « Condamné » en gros caractères bien noirs, bien funéraires. Pas de doute, on est ici sur le site du « Giornale », le quotidien pro-Berlusconi. Un quotidien qui a donc décidé de porter le deuil et le fait savoir graphiquement. Qui a décidé d’intituler la section spéciale consacrée au procès et à son issue funeste « L’assaut judiciaire ». Et qui a décidé de titrer l’ensemble des articles consacrés au verdict : « Berlusconi condamné, la démocratie décapitée »…
Les commentateurs et éditorialistes du journal ne sont pas à la traîne : Vittorio Feltri, dans une quasi allocution télévisée, constate, lui, que c’est« la politique qui est décapitée », puisqu’aussi bien le dispositif judiciaire imposé au « chef absolu » du parti le prive de toute activité politique et publique efficace. Le réduit en d’autres termes à ne plus pouvoir faire autre chose que « le vieux sage ». Quant au parti, il ne compte malheureusement aucun homme, aucune femme « à la hauteur du chef »…
Mêmes échos apocalyptiques chez Alessandro Sallusti qui, face aux juges, face aux appareils institutionnels et politiques constitués, en appelle presque au dernier recours de la rue, du petit peuple, de la base. Pour lui, pas de doute : ce sont ces anonymes, ce sont ces simples citoyens que Silvio Berlusconi, dès lors qu’il est condamné, devra surtout écouter, et qui lui diront « d’aller de l’avant », peut importe ce que prétendent les décisions de justice, les magistrats, les dispositifs attentatoires à la liberté.« Aller de l’avant » : voilà le grand mot d’Alessandro Sallusti. Et bien sûr, on l’aura compris : avec Berlusconi.
La Repubblica ne voit pas les choses avec les mêmes lunettes, qui titre avec sobriété son commentaire, sous la plume de Ezio Mauro : « Les conséquences de la vérité ». Pour l’éditorialiste, c’est « une histoire titanesque, dilatée énormément par la démesure populiste et la disproportion économique » qui vient mourir aujourd’hui dans le verdict de la cour de justice. Pour Ezio Mauro, c’est une « conception anti-libérale et bien peu occidentale de la droite, articulée et théorisée comme un territoire d’abus légitimé par le charisme du chef » qui est aujourd’hui remise en question par le verdict de jeudi. Bref, les juges, pour Ezio Mauro sont des héros, la justice est enfin administrée à égalité pour tous, et personne, non personne ne doit perdre de vue la réalité des faits : l’énormité du délit, aujourd’hui sanctionné, commis par un homme qui prétend toujours aimer son pays.
Même tonalité pour La Stampa, qui considère qu’il ne reste au Cavaliere plus qu’une seule issue aujourd’hui :« Prendre acte du mot fin écrit par les juges de la Cour suprême et gérer au mieux sa sortie de scène ». Mais, constate Marcello Sorgi, Silvio Berlusconi, à voir ses réactions d’hier soir à la télévision, ne semble pas en prendre le chemin.
Il Corriere della Sera, enfin, constate qu’au-delà des antagonismes entre les pro et les anti-Berlusconi,« la grande majorité des Italiens (et les marchés et le reste de l’Europe) regardent toute cette affaire avec pour seule préoccupation de savoir de combien d’instabilité elle est porteuse, quelle influence elle aura sur le gouvernement, quelles conséquences elle aura sur l’effort collectif nécessaire à sortir la tête de l’eau après tant d’années d’une crise plus qu’aiguë ».
Bref, il conviendrait aujourd’hui pour tous les acteurs de cette histoire sans fin de suivre l’invitation faite par le chef de l’Etat, d’accepter la réalité et de tracer une ligne sur le sable, de mettre un point à la ligne et de repartir à nouveaux frais.
Une opinion que partage également Il sole 24 ore qui constate : « Depuis aujourd’hui nous entrons dans une Italie post-berlusconienne dans laquelle il reste au vieux leader deux cartes à jouer. Ou embrasser une position anti-système de totale contestation : possible, mais peu crédible. Ou accepter le verdict, et confirmer la ligne de la responsabilité et de la prudence, celle-là même que l’invitent à suivre le chef de l’Etat et le président du Conseil. Facile à dire, bien plus difficile à faire ». Et, pour Il sole 24 ore, réalisable seulement si les modérés de tous les camps unissent leur effort pour sauver le pays d’une crise politique qui pourrait devenir alors dramatique.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Je ne pense pas que la justice Belge ai à rouler des mécaniques, les Italiens eux l'ont quand même condamner à la prison ferme et sans doute à l'inéligibilité, les Belges n'ont jamais été capable d'une condamnation ferme, mais encore les ont laissé re polluer notre univers politique. Bien, l'Italie n'est certainement pas la meilleurs de la classe, mais ça peut évolué ! ! ! Nous nous attendons toujours les noms des fraudeurs de l'offshore Leaks...
et en plus il beneficie d'amnistie... incroyable, je me plains de la justice belge, mais alors l'italienne antre de la mafia, nous en remontre... !
Faut oser ... De la part de celui qui a mené l'Italie au bord du précipice avec ses magouilles et sa vie de dépravé sexuel ! Jusqu'où cette momie vivante ira-t-elle ?
comédie de justice ..trop vieux pour un pénitencier il sera condamné à résidence ..une honte










Justice Ce bouffon est passé tellement de fois au travers des mailles du filet qu'il s'imaginait être intouchable. Mais, au-delà de toute ces péripéties judiciaires, de toutes ces frasques sexuelles et de ces montages financiers illégaux, je me pose cette question : Les gens sons-ils si dépourvus de discernement que pour se laisser séduire par un manipulateur, certes très intelligent, mais qui depuis les années 90 accumule les comparutions au tribunal. Les médias sont-ils si puissants ?