Le pouvoir du consommateur
Acheter « durable » a un coût : Honest by produit en très petites quantités, de cinq à vingt pièces. Mais en proposant 200 modèles différents, c’est déjà beaucoup pour une petite entreprise. D’autant qu’il s’agit d’une collection haut de gamme.
Chez Bruno Pieters, un t-shirt « made in Belgium » peut coûter 60 euros. C’est dix fois plus que les prix qu’on peut trouver dans les grandes enseignes bon marché. «
Mais ce n’est pas le même genre de t-shirt, précise le créateur.
Devant lui, comme pour attester ses dires, son téléphone est posé sur le bureau. Un simple téléphone, bon marché, qui se limite à une mission de base : téléphoner.
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Tout achat transmet un message
Pour le styliste, cela ne fait pas un pli : par tout achat, le consommateur transmet un message à l’entreprise. « Tant qu’on continue à acheter, on signale aux producteurs qu’ils font du bon boulot. C’est un vote qui approuve la manière dont la société travaille. On peut pourtant tout changer du jour au lendemain… »
Comment ? Il ne prône pas un boycott général, mais plutôt la remise en question. Aller dans les boutiques, oui, mais ne pas acheter n’importe quoi. « Interroger les vendeurs sur la provenance de leurs produits, par exemple. Ils ne pourront peut-être pas répondre tout de suite, mais cela les interpellera. Et il ne faut pas croire que l’information ne circule pas… Un jour, une cliente Hugo Boss a posé une question dans une boutique. Cela a pris un peu de temps, mais l’information est remontée jusqu’à moi, relayée par de nombreuses personnes. »
Bruno Pieters insiste : la mode est régie par la loi de l’argent, le pouvoir est donc entre les mains des consommateurs. «
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Et de prendre pour exemple H&M : l’enseigne de prêt-à-porter a lancé une collection « Conscious », réalisée à partir de coton biologique ou de polyester recyclé, il y a quelques mois. «
C’est un faible pourcentage de la production de l’entreprise, mais c’est déjà un effort, c’est mieux que rien. Et cette collection s’est bien vendue, ce qui a donné un signal aux producteurs qui vont renouveler la démarche. »








