Silvio fini (?), reste le berlusconisme
Depuis vingt ans, l’Italie est un pays qui tourne au rythme d’une mécanique étrange, celle des frasques financières, judiciaires et sexuelles de Silvio Berlusconi. Très longtemps, le Cavaliere a réussi à faire croire, pas seulement en Italie d’ailleurs, qu’il était le représentant, le porte-voix et le leader naturel d’une classe moyenne qui ne s’était jamais reconnue dans la gauche communiste, ni dans la démocratie chrétienne, les deux forces politiques de la seconde moitié du vingtième siècle. On a beau chercher, on ne trouvera dans l’action politique de Berlusconi aucun autre fil conducteur que son maintien au pouvoir et la protection de ses affaires. Son plus grand génie aura été de faire croire à ses électeurs, pendant vingt ans, que son intérêt se confondait avec le leur. Le jugement prononcé jeudi par la Cour de cassation constitue la première parole qui rectifie de façon irrémédiable cette supercherie : Berlusconi volait et trompait l’État qu’il dirigeait.
Ce jugement et la réalité qu’il a décrite doivent amener toute l’Italie à s’interroger sur ce qu’elle est devenue au bout de ces vingt ans : un pays ensorcelé par un ripoux doublé d’un obsédé sexuel. Une moitié de l’électorat reste pourtant convaincue que cet homme est son sauveur persécuté, tandis que l’émanation politique de l’autre, à gauche, se demande si elle doit continuer à gouverner avec lui, ou s’en séparer.
Après vingt ans de berlusconisme, l’Italie, ce pays dont le nom est synonyme de culture, bronche à peine lorsqu’une ministre du gouvernement noire de peau se fait lancer des peaux de banane à la tête, lors d’une réunion publique. « Notre pays a perdu ses valeurs », concluait récemment Romano Prodi, le seul politique à avoir jamais battu Berlusconi aux élections…
L’Italie n’a pas seulement perdu ses repères et ses valeurs : elle a perdu vingt ans. Vingt ans d’errements, à une époque de mutations où les défis lancés à nos vieux pays sont gigantesques. Le jugement qu’a prononcé jeudi soir la Cour de cassation italienne signe la fin d’une époque.
Berlusconi, cet animal de foire qui est aussi un extraordinaire animal de combat, n’est peut-être pas entièrement fini : ses velléités de provoquer des élections, et un nouveau chaos, le prouvent déjà. Mais son époque, elle, est révolue : le jugement de jeudi en a donné le signal. Reste à savoir si l’Italie, ses dirigeants, et ses électeurs, sont déjà capables d’ouvrir la suivante.
Vos réactions
Voir toutes les réactions RBB La République Bannanière de Berlusconie (RBB) (autrefois connue sous le nom d'Italie) inquiète ses alliés, notamment l'Union Européenne et sa zone Euro. Un Berluscosa rapellait néanmopins à ses compatriotes Berluscosi (citoyens de la RBB) que rien n'est perdu, bien au contraire. Tant que Sua Emittenza e Cavaliere, le Père de la Nation, dans sa très grande clairvoyance, dit le contraire et prédit les lendemains de gloire et de prospérité, après avoir "reformé" cette "justice communiste". Dante reviens, ils ne sont plus fous, mais où est Garibaldi !?
Pour quelqu'un qui brasse tant d'affaires et vit d'une manière aussi libertine c'est étonnant que la Justice ne puisse lui chercher des difficultés que si marginalement. On peut lui reprocher en politique de s'être fait berner par Khadaffi mais il y en a tant d'autres.
Non. Malheureusement, il y a les hurluberlus, les « berlusconistes » pour qui justice rime avant tout avec injustice dès que leur idole est condamnée ce qui justifierait selon eux une révision de système judiciaire en Italie. Le premier quidam sous le coup des mêmes chefs d'inculpation, aurait-il bénéficié d'une telle mobilisation des parlementaires du Peuple de la Liberté (tout un programme !) et autres vertueux mus par un humanisme de pacotille ?
Pourtant, cela ne suffit pas pour expliquer l'obstination de certains à vouloir nier l'évidence ; à savoir que leur leader si charismatique est un pourri. Il y a également la crédulité d'un électorat toujours avide de s'identifier à ces experts de la communication, ces marchands de rêves. Le succès de Berlusconi on le trouve d'abord dans sa maîtrise de l'art de communiquer. On rétorquera que la justice fut soumise à des pressions avec cette affaire. Probablement et je partage cet avis. Cela suffit-il à gommer des tablettes les fraudes, les mécanismes de protection échafaudés par l'individu, les affaires sulfureuses impliquant des mineures ?








Ce politicien de la pire espèce, concentre les médias en ses mains, a dirigé ce pays et l'a mené au bord du gouffre pendant des années. A mis en place une caste politicienne populiste ignarde et raciste. Entouré par des nostalgiques de Mussolini. Possède d'ailleurs la même gestuelle lors de ses discours. Il personnifie la pire des pseudo démocraties en abrutissant le peuple. Quand les médias occidentaux critiquent les régimes autocratiques des pays hors Europe. Ils n'ont jamais pris de recul pour qualifier vraiment ce qu'a représenté ce personnage au sein de l ' Europe.