Le week-end foot en un coup d’œil

Vincent Joséphy
Mis en ligne

La polémique du brassard, un M. Micro à côté de ses fiches, Mujangi Bia qui marque mais qui râle et le retour du RWDM : c’est le week-end foot en un coup d’œil.

La polémique du week-end

« De polemiek van het week », devrait-on dire, même. Cette semaine, Zulte Waregem a de nouveau fait parler de lui. Mais en mal cette fois ! Petit rappel des faits : après avoir ébloui la Belgique entière la saison dernière, le petit club flandrien a d’abord bu la tasse au PSV Eindhoven, mardi soir. En soi, pas de quoi tremper son chagrin un karnemelk tiédasse, si ce n’est que sans un gros brin de réussite, le 2-0 subi aux Pays-Bas aurait pu facilement être doublé. Voire quadruplé, comme l’a signalé Hein Vanhaezebrouck, un peu mauvais perdant, samedi soir. « On n’avait pas le niveau, tout simplement », reconnut humblement Francky Dury dans les travées du Philips Stadion.

Le hic, c’est qu’on a trouvé cette équipe étonnamment amorphe, peu concernée… en plus d’avoir été surclassée. A l’évidence, les joueurs, même s’ils l’avoueront difficilement, ont été touchés d’apprendre juste avant le match que sur injonction de Chelsea, ou plus vraisemblablement d’un agent omniprésent, on a imposé le brassard de capitaine au jeune Thorgan Hazard. Ce petit bout d’étoffe avant tout symbolique mérite-t-il d’être placé sur l’avant-bras d’un jeune gars de 20 ans, qui a tout à prouver et n’est présent qu’en prêt ? Pourquoi pas s’il n’y avait pas Davy « grand D petit f » De fauw, capitaine historique des coalisés flandriens, modèle d’abnégation, idole d’un peuple (n’ayons pas peur des mots) doté d’un humour digne des frères Taloche en clôture du festival de Rochefort (souvenez-vous, son tweet demandant à Leekens s’il pensait qu’il était Néerlandais).

Davy, donc, accepte officiellement, « pour le bien du club », de s’effacer face au jeune impétrant, qui est pris en porte-à-faux devant le tourbillon médiatique qui s’enchaîne au sein même du club et en-dehors de celui-ci. A côté de cela, les histoires de cul d’Ashley Cole, la valeur estimée de Lionel Messi (580 millions d’euros, quand même) ou le soutien-gorge de Zlatan Ibrahimovic, c’est de la roulette de Samsonite ! Vendredi, Dury se tait, De Cuyper est hué et… Hazard fait le bon choix en rendant de sa propre initiative le brassard à De fauw. Ouf, l’honneur est sauf, Zulte Waregem s’impose tardivement face à Courtrai, provoquant la liesse du peuple waregemois, avec les deux hommes bras dessus bras dessous à gueuler au porte-voix, en tribune debout. Quelle belle unité (de façade) ! Restent deux choses :

1. les agents deviennent de plus en plus influents, même sur ce genre de décisions qui doivent se régler en interne. Pour quel but ? Mettre davantage encore son joueur en vitrine ? Ouais, bof.

2. Zulte Waregem a acquis une notoriété qui le dépasse. On a fait moins de foin quand Gillet a récupéré un brassard qu’aurait dû obtenir Proto. Et on ne ferait pas autant de ramdam si Depoitre chipait le brassard à Luissint à Ostende ou si Kaya en faisait de même avec celui d’Ederson dans un Mambourg étêté (et dégouté par cette phase de hors-jeu non sifflé, mais c’est un autre débat).

Le speaker du week-end

Allez, on se lance. Quand on a la chance d’être un modeste journaleux passionné par cette Jupiler League que toute l’Europe nous envie (si, si, même au Liechtenstein, malgré l’excellente forme actuelle du FC Vaduz), on en voit des choses qui nous font bien marrer. Mais, à moins d’écumer les stades de Flandre occidentale profonde pour éviter les boulettes plus que douteuses chez un géant suédois du meuble en kit ou les ploucs en pantacourt qui pique-niquent sur la plage du Zoute, le grand public, lui, ne connait pas ce bonheur éphémère.

Alors cette semaine, on a voulu épingler un homme de l’ombre qui aimerait visiblement la quitter – honneur que nous lui offrons dans cette tribune –, à savoir le… speaker de Daknam, l’antre d’une formation de Lokeren qui a eu l’occasion de découvrir de visu les exploits de ce diable de Jordan (prononcé « Jordent » et non « Jordanne »…) Remacle pour la première fois. Comment dire : ce speaker, donc, me semble plutôt être un gars assez sympa, qui accueille les joueurs, dirigeants et supporters montois avec de la chanson française (certes agrémentée de quelques bons vieux tubes en patois local, faut pas pousser Mémé – Tchité – vers la sortie), dans la langue de Voltaire, qu’il semble maîtriser plus que correctement, d’ailleurs.

Nettement mieux, en tout cas, que « Zona » Legear ne gère sa pédale d’accélération en station-service ou Bram Verbist le trafic aérien sur le rollmops qualifié de génial par tout le monde de Mattias Suarez (petite précision nécessaire : si Verbist avait fait plus d’1m30, s’il n’était pas aussi avancé ou s’il avait sauté de plus de cinq centimètres, il l’attrapait tranquille, ce ballon). Bref, ce gentil monsieur a craqué. Complètement. Incompréhensiblement. Quand Remacle a enfin égalisé après le but d’ouverture d’Arnor Angeli, il a hurlé dans son micro tel un Roberto Bellarosa sous ectasy un tonitruant « Jordeeeent…, Jordeeeent… », sans recevoir en retour le Remacle d’un public sans doute endormi par tant de classe technique. Bref, à la troisième fois, il a hurlé un « godverdomme, alstublieft, réveillez-vous : Jooooooooordeeeeeeeeeent… ». Et là, miracle, trois pelés et deux tondus (ou l’inverse, on sait plus) se sont rappelés qu’un « Remacle » susurré à la manière de Carla Sarkozy-Bruni (la pluie en moins) était peut-être de bon aloi.

Rasséréné dans son honneur, M. Micro (appelons-le ainsi) s’est encore signalé à deux reprises. D’abord lors du remplacement de Brice Ntambwé par Dylan De Belder. Plutôt que de sortir le nom, il a hurlé un « allez le numéro 39 (NDLR : Ntambwé), retourne-toi » (sic). Et puis, perdu dans ses fiches, a craché un « Ah ouais, le nº39 est remplacé par le… nº18 ». Génie ! Merci, M. Micro, on n’avait pas remarqué. Puis, en fin de match, quand Ivan Leko est monté au jeu, il l’a présenté comme étant « onze Platini, Ivaaaaaaaaan… Leko. » Sur le coup, il a bien fait de dire son nom de famille. Parce qu’Ivan, c’est plutôt au Platini version président UEFA qu’au joueur de la Juventus qu’il nous a fait penser. Merci quand même, M. Micro. Certains joueurs feraient bien de s’inspirer de cet enthousiasme partagé et de cette volonté farouche de ne rien lâcher, même quand tout va mal…

Le boudeur du week-end

Geoffrey Mujangi Bia a marqué trois buts ce week-end, dont un exceptionnel. C’est bien. Après le match, il n’a rien voulu dire, sans doute parce qu’il boude mais on sait pas vraiment pourquoi. Ça, ce n’est pas bien. Du coup, nous aussi on boude. Ce Standard-là, qui porte déjà la griffe de Gaille Louzonne, écrase pourtant tout sur son passage alors qu’on lui prédisait les pires atrocités footballistiques ; Jeudi, il y aura le retour face à Xanthi, pour une qualif’ théoriquement bien emmanchée, puis le véritable premier test à Genk, où Thomas le Buffle a retrouvé une seconde jeunesse. Il faudra à nouveau parler sur le terrain pour le brave Geoffrey. Sinon, y a des mauvais esprits qui railleront sa coiffure par exemple. Nous, on ne se permettrait pas, vu qu’on boude.

La phrase du week-end

« Lukaku est l’avenir de Chelsea ». Sortie de la bouche d’un certain Didier Drogba, qui a au passage inscrit deux nouveaux buts face à Arsenal avec Galatasaray et est son idole, voilà le genre d’assertion qui claque comme une frappe de Deschacht, tiens. Et vient rappeler que le footballeur belge, de manière générale, garde plus que jamais la cote de l’autre côté de la Manche. Reste qu’on est en droit de se poser la question. Mais de quel Lukaku parle-t-il, l’Ivoirien Didjé ? De Romelu, qui n’a même pas été foutu de marquer (en quatre minutes de temps de jeu, certes) face à l’AC Milan au contraire de De Bruyne (sur assist d’Hazard)  ? Ou de son petit frangin Jordan, sorte de clone d’Anthony Kavanagh qui a disputé ses premières (bonnes) minutes vendredi soir au Cercle et en a profité pour nous rappeler qu’il aurait préféré marcher sur les traces de Carl Lewis en optant pour le sprint plutôt que le foot ?

« Sur trente mètres, je ne vois pas beaucoup plus rapide que moi en Belgique », a-t-il glissé. Prends-ça, Nagai ! Dimanche soir, on a découvert un autre Lukaku, ou assimilé. Titularisé sur le flanc gauche offensif de Bruges, Boli Bolingoli Mbombo est, paraît-il, un cousin des Lukaku. Un vrai, quoi, pas un genre de cousin uniquement appelé comme ça parce qu’ils ont joué ensemble au parc style Kagé, Mboyo, Bia, Anthony-pas-trop-à-l’aise et toute la clique, là. Non, Bolingoli, avec son nom de maladie incurable, a démontré qu’il courait très vite, parfois sans vraiment réfléchir, mais il a surtout marqué le but de la victoire, de la tête, sur la pelouse d’une formation d’Ostende vraiment pas ridicule malgré quelques lacunes techniques à gauche et à droite. Et au centre, aussi. Paraît que Bolingoli a aussi un cousin de 14 ans qui cartonne chez les jeunes à Genk. Dites, les gars, y en a encore d’autres dans la famille ? Et si oui, vous m’expliquerez comment vous faites pour vous cloner comme chez les Hazard ?

Le retour du week-end

Samedi matin, quelques SMS, messages et tutti quanti : « RWDM is back, fieu », « RWDM is magik, ket », « Anderlecht, prends garde, on est de retour l’année prochaine ». Je crois rêver mais en fait, non, je suis pourtant bien éveillé. Toujours aussi bon client pour la presse si j’en crois l’interview parue samedi matin dans Le Soir, Johan Vermeersch n’est apparemment plus aussi bourru qu’il y a quelques années. En acceptant de redonner au deuxième club bruxellois ses quatre lettres capitales de noblesse, il a fait ressurgir quelques nostalgiques de la belle époque. Bien vu ! Il a déterré la fanfare, toute heureuse de rejouer dans ce navire qui a bien failli couler, sous les crottes de pigeon du vétuste stade Machtens, où l’on zwanze toujours de la même manière, en brusseleir.

En plus, le RWDM Brussels a gagné 2-0, face à Lommel qui plus est, en ouverture de cette Belgacom League (la D2, quoi) qui donne de la vie de Virton à Roeselare (copyright l’animateur de Vivacité, samedi soir) en passant par Hoogstraeten, Eupen, Tubize, Boussu-Dour et Geel. Bon, on ne s’emballe pas, les gars. Modestie incarnée, Didier Beugnies, terreur des bacs à sable de la D1 voici quelques lustres, est le premier à savoir qu’il faut rester les pieds sur terre, prendre match par match et ne pas sous-estimer les adversaires. La D2 belge, c’est du lourd. Du très lourd, même. La preuve ? Lionel Messi, Cristiano Ronaldo ou même Gareth Bale, le nouveau beau gosse à 125 briques, ne sont jamais parvenus à l’apprivoiser. Fred Vanderbiest ou Jef Delen (en 1998-99 avec le Verboedering Geel et l’inoubliable Rocky Peeters) bien.

Vos réactions

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2. pdommy dit le 05/08/2013, 16:06

C'est pas la DHache Une bonne raison de vous lire, un regard décalé sur un monde qui devient fou... Merci

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1. PecoFlyer dit le 05/08/2013, 14:47

Mon Dieu, que de bla bla... ( je ne suis pas arrivé au bout je l'avoue).

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