«Bridget» et «Causette»: récit d’un plagiat
« Bridget », magazine féministe français est accusé de plagiat. En cause, la couverture de sa première édition qui ressemble à s’y méprendre à celle d’un autre magazine féministe, « Causette ». Malheureusement pour cette dernière, la ressemblance ne s’arrête pas là.
Vous préférez Bridget ou Causette ? La première, plus jeune et plus légère aime s’attirer des ennuis dit-on. L’autre, plus expérimentée, a déjà une réputation bien établie. Hey ! Minute papillon, qu’est-ce que vous croyez ? Nous parlons de magazines. Et de magazines féministes, s’il vous plaît ! « Bridget », magazine féministe dont le premier numéro est sorti début du mois, est au centre d’un scandale sur fond de plagiat. « Causette », grande sœur de « Bridget », l’accuse de copier son style et elle n’est pas seule : rue89, un média partenaire, s’est également lancé dans la bataille tel un chevalier blanc protégeant sa bien aimée. De plus, « Vanity Fair » a profité de la confusion pour lancer son premier numéro français, à croire que les journaux féminins rapportent en ces temps difficiles pour la presse.
Copier un look, ça ne se fait pas :
Le harcèlement de rue, le viagra féminin, les problèmes sexistes de l’industrie du jeu vidéo, autant de thèmes qui ont animé les blogs et sites féministes ces derniers mois et qui se retrouvent bien malgré eux dans « Bridget ». Le contenu des articles, tantôt écris par Simone Beaupoil, Laurus Canabium ou Henriette Arnaud, manifestement des pseudonymes, n’est pas ce qui inquiète le plus « Causette ». Le sujet qui fâche est majoritairement son look : des rubriques ont été copiées, le format est sensiblement identique, le papier, la maquette et la direction artistique sont « repompés » selon Grégory Lassus-Debat, directeur de la publication de « Causette ». Cette dernière ressemblance a d’ailleurs été invoquée pour démarrer la querelle : l’image d’une femme en train de se raser figure sur les deux mensuels à 1 mois d’intervalle seulement. Du plagiat direz-vous ? Oui c’est un plagiat éhonté de la couverture du magazine « Esquire » de mars 1965 !
Si tous ces chroniqueurs ne semblent pas exister, ce n’est pas le cas de Frédéric Truskolaski, patron de presse et directeur de la publication de « Bridget ». Ce personnage bien réel est connu dans le métier et coutumier des premiers numéros, qui offrent des remises très importantes sur les frais de distribution et permettent par la même occasion de gagner plus d’argent. Le magazine « Causette » avait d’ailleurs fait une enquête sur ce patron de presse en février, ce qui n’a pas manqué de le mettre à cran.
« C’est difficile d’évaluer le préjudice causé, de savoir le nombre de ventes perdues pour Causette. Le numéro d’été est important pour nous : on imprime davantage d’exemplaires parce que les gens lisent plus en vacances. Les habituées de Causette vont vite se rendre compte de la manœuvre. Mais il y a de nouvelles lectrices potentielles, parties pour acheter un magazine féministe, et qui risquent d’acheter Bridget, parce qu’il est nouveau ou parce qu’il est bien placé en kiosque. » a expliqué Gilles Bonjour, administrateur général de Causette, interviewé par Rue89 .
Magazines féministes et féminins :
Au même moment, « Vanity Fair » lance son édition française et s’offre une place de choix dans le secteur des magazines féminins. Mensuel de luxe, sa parution a été bien plus médiatisée que celle de « Bridget ». Plus de pages, plus de pubs : l’enseigne américaine s’est donné les moyens de percer sur le marché français. Cependant, il ne faut pas lier l’expansion des journaux féminins à l’apparition de nouveaux journaux féministes, le premier véhicule bien souvent des idées consuméristes qui font directement références aux valeurs du patriarca alors que le deuxième s’efforce d’élever le statut de la femme. Ces deux médias répondent à une demande, toujours plus croissante, de magazines féminins mais ne ciblent pas le même public.









Un moi dans cet article, est-ce bien douzième d'anée ?