Jeff Bezos, l’homme qui doit renouveler la presse écrite
Jeff Bezos, patron d’Amazon, a racheté le Washington Post. Sera-t-il l’homme qui permettra à la presse écrite d’entrer de plain-pied dans l’ère internet ?
Le patron d’Amazon sera-t-il le sauveur de la presse écrite ? Jeff Bezos, qui a racheté le Washington Post pour 250 millions $, fait en tout cas office d’acquéreur idéal alors que le secteur de la presse papier est en pleine crise, aux Etats-Unis comme ailleurs.
Plusieurs arguments jouent en faveur du patron d’Amazon. Agé de 49 ans, dix-neuvième fortune mondiale avec un patrimoine de 28 milliards $, Jeff Bezos n’est pas engagé politiquement, et a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas gérer « directement » le journal, c’est-à-dire décider de son contenu, mais qu’il allait laisser l’équipe dirigeante en place continuer son travail.
« Nous allons devoir expérimenter »
Il est surtout un homme d’affaires qui a su tirer profit d’internet, alors même que le web pousse à repenser le fonctionnement du quatrième pouvoir. Et c’est d’ailleurs son objectif principal, « expérimenter » en vue de trouver une formule qui rétablisse durablement l’équilibre économique du prestigieux journal.
« Internet transforme pratiquement chaque élément du métier de l’information… Il n’y a pas de feuille de route et trouver la voie ne sera pas aisé. Nous allons devoir inventer, ce qui veut dire que nous allons devoir expérimenter » a-t-il expliqué aux employés du journal dans une lettre.
Le Washington Post, du Watergate à la faillite
Le Washington Post a connu son heure de gloire quand ses journalistes Carl Bernstein et Bob Woodward ont poussé Richard Nixon à démissionner en dévoilant le scandale des écoutes du Watergate au début des années 70. Mais depuis une dizaine d’années, le « Post » n’échappe pas à la crise de la presse écrite qui coïncide avec l’avènement d’internet et des nouvelles technologies.
La diffusion du journal a diminué de 40 % en dix ans, son chiffre d’affaires est en baisse pour la septième année consécutive, et l’an dernier, il a connu une perte de 54 millions $, ce qui a poussé à mettre en vente son siège historique.
Un secteur en plein chamboulement
Mais ces bouleversements ne sont pas le monopole du Washington Post, toute la presse écrite américaine (et mondiale) est en plein chamboulement. Le Los Angeles Times est à vendre ; le New York Times a lui revendu le Boston Globe pour 70 millions $ à un patron d’équipe de baseball ; le milliardaire Warren Buffet rachète à tout va des titres régionaux ; chaque titre expérimente afin de trouver un moyen de financement via internet pour compenser la chute de la diffusion papier et le désistement des annonceurs, sans réellement trouver la solution miracle.
Jeff Bezos, qui a fait fortune avec la vente en ligne, sera-t-il l’homme providentiel qui refondera la presse écrite sur un nouveau socle ? A suivre…











Et d'apprendre à Didier Zacharie qu'on écrit "plain pied" ?