Les Tunisiens réclament le départ du gouvernement (vidéo)
Cette nuit, plus de 40.000 Tunisiens ont manifesté dans les rues de la capitale. Ils réclament la démission du gouvernement suite à l’assassinat d’un opposant à la fin du mois de juillet.
Des dizaines de milliers de Tunisiens ont manifesté dans la nuit de mardi à mercredi en banlieue de Tunis pour obtenir le départ du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. Les manifestants, qui étaient 40.000 selon la police et 200.000 selon des représentants de l’opposition, scandaient « le peuple veut la chute du régime » ou encore « le gouvernement va tomber aujourd’hui ». De nombreux manifestants tenaient des portraits de cet élu et de l’opposant Chokri Belaïd, tué il y a six mois, le 6 février. Aucun incident majeur n’a été signalé et les Tunisiens se sont dispersés peu après 1 heure du matin.
« C’est un rassemblement (…) pour l’espoir pour une deuxième république dans laquelle les objectifs de la révolution (de janvier 2011) seront réalisés », a jugé Mohsen Marzouk, un dirigeant du parti Nidaa Tounes. « C’est une victoire pour la rue, mais ce n’est pas suffisant », a jugé la députée Maya Jribi, du Parti républicain. Le Premier ministre Ali Larayedh a de son côté dénoncé les manifestations, estimant qu’elles minaient les efforts des forces de sécurité. « Nous étions les initiateurs du Printemps arabe, soyons les initiateurs d’un état démocratique par des moyens pacifiques », a dit le chef du gouvernement.
Les travaux de la constituante suspendus
Quelques heures plus tôt, le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, annonçait suspendre les travaux de ce Parlement pour tenter de forcer Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, et leurs détracteurs à la table des négociations. « J’assume ma responsabilité de président de l’ANC et suspends les travaux de l’assemblée jusqu’au début d’un dialogue », a dit cet allié laïque d’Ennahda, estimant que « les Tunisiens en ont marre ».
Les détracteurs d’Ennahda réclament en chœur un gouvernement de salut national. Une partie d’entre eux veut aussi la dissolution de la constituante dont les travaux sont paralysés depuis des mois. Les islamistes ont rejeté ces revendications, proposant en retour d’élargir la coalition gouvernementale et des élections en décembre. « Dans les régimes démocratiques, les manifestations ne changent pas les gouvernements », a jugé Rached Ghannouchi, chef d’Ennahda dans le journal La Presse.
La presse tunisienne garde espoir
Les journaux tunisiens espéraient mercredi que les islamistes dirigeant le gouvernement et leurs détracteurs acceptent enfin de négocier pour sortir d’une profonde crise politique.
Au lendemain de la grande manifestation à Tunis, le quotidien La Presse relève que le pays «est dans une situation explosive». «Si on peut considérer qu’il y a quelque chose d’excessif dans les revendications des opposants, on ne saurait nier que leur refus de l’ordre établi s’appuie sur des raisons légitimes», relève le journal.
Le journal le Quotidien, bien plus critique à l’égard des islamistes, note que «tout le monde est unanime quant à la gravité de la situation» mais que Ennahda doit désormais se rendre à l’évidence et faire de réelles concessions. «L’heure du compromis est arrivée et ces concessions, arrivées au compte-gouttes, vont devoir prendre plus d’ampleur pour sauver le pays tant qu’il est encore temps», souligne-t-il.
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40.000 manifestants d’opposition à Tunis

Vos réactions
Voir toutes les réactions @wafwaf: dire qu'un musulman est fatalement un islamiste puisqu'il se revendique de l'islam est faux. C'est m^me l'erreur que les gens, mal informés voire ignards, commettent. Je ne vais pas te donner la définition , mais je pense que tu es assez grande pour aller consulter wikipidea ou un dictionnaire pour y voir clair. bien cordialement
@abimeliege : Un islamiste, c'est un mec qui est plus catholique que le Pape. Un musulman est fatalement un islamiste puisqu'il se revendique de l'islam. Quant aux salamistes, ce sont des quidams qui adorent le salami surtout coupé en tranches et surtout quand ces tranches sont bien juteusement saignantes. A propos de définition, pourriez-vous nous donner la vôtre en ce qui concerne la démocratie ?
@muleta: pas de réponse à ma question pourtant simple pour une spécialiste de l'islam comme toi. définis moi ces notions. @muleta: je suis musulman, pas islamiste. Quelle est ta définition d'islamiste? tu y as déjà pensé au moins? ou tu ne fais que répéter bêtement ce qui s'écrit et se dit, ce terme est à la mode! quelle est la différence entre musulman, islamiste, intégriste, salafiste, extrêmiste... y a t-il une gradation? éclairez l'ignorant que je suis..




























@wafwaf: "Un islamiste, c'est un mec qui est plus catholique que le Pape" judicieuse définition que tu donnes là ma chère, elle témoigne d'une ignorance innouie. abime liège :) je croyais que c'était une erreur mais je vois que c'est intentionnel! ça me fait marrer! merci de corriger mes éventuelles fautes d'orthographe :)