Affaire Carlton: ce que disent les juges de DSK

Christelle Pally/Le Temps
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« Le Figaro » a dévoilé mardi les motivations des juges d’instruction dans l’affaire du Carlton de Lille, qui ont décidé de renvoyer Dominique Strauss-Kahn en correctionnelle pour « proxénétisme aggravé en réunion »

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AFP/MARTIN BUREAU
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«  Sur quel mode sera jouée la prochaine apparition publique de Dominique Strauss-Kahn  ? », ironise Ondine Millot dans Liberation. «  Style chic et décontracté, chemisette et rires de connivence, comme en juin à Roland-Garros ? Ambiance glam sexy, au bras d’une compagne en robe très ajourée, comme sur le tapis rouge du dernier Festival de Cannes ? Ou bien simplement en grand ponte de l’économie, costume-cravate sur mesure, enchaînant les conférences lucratives au Kazakhstan, Royaume-Uni, Ukraine, Corée du Sud ? »

Une certitude : DSK devra patienter encore un peu pour parfaire son retour aux affaires. La faute aux magistrats chargés de l’instruction du dossier du Carlton qui ont décidé, le 26 juillet, de renvoyer l’ex patron du FMI devant le tribunal correctionnel de Lille pour « proxénétisme aggravé ». Depuis, on en sait un peu plus sur les dessous de cette décision.

Le Figaro a eu accès à l’ordonnance du renvoi qui expose les motifs de ce procès. Le détail de l’ordonnance publié mardi par le quotidien français révèle le profond scepticisme quant au système de défense de l’ancien patron du FMI. Il souligne que les magistrats ont acquis au moins trois certitudes : DSK savait que ses «  conquêtes  » étaient des prostituées rémunérées. DSK a apporté son aide à l’organisation de soirées libertines. DSK a ensuite cherché à dissimuler ses activités. Des accusations niées par la défense de l’ex patron du FMI, qui dit ne pas imaginer qu’on puisse « poursuivre un homme pour un crime au motif qu’il a couché avec des prostituées à plusieurs reprises. »

Si DSK se disait « serein devant le tribunal  », il va avoir désormais du mal à convaincre les juges d’instruction. Le Figaro fait état d’un DSK «  brutal  » qui participe à des soirées ressemblant à un « carnage avec un tas de matelas au sol ». Et d’ajouter : «  Les juges ne croient pas en la thèse du libertinage, évoquant plutôt de l’abattage et de commandes de prestations  ».

«  DSK, un’roi de la fête’pour les juges  », titre Le Monde. Le quotidien français juge aussi que la défense de DSK est «  mise à mal  » par les nombreuses descriptions des prostituées sur le déroulement de ces soirées, dans lesquelles la « bande du Carlton » se livrait à de la « consommation sexuelle ». Le Monde ajoute que «  depuis le début de l’affaire, une grande partie de la défense de DSK repose sur l’affirmation qu’il ignorait tout de la profession des jeunes femmes présentes aux soirées libertines.  »

« Je pense qu’il nous prend vraiment pour des cons. », réagit Jade dans Le Figaro. Cette prostituée citée par le quotidien a participé aux parties fines du Carlton. Elle taxe DSK de fausse naïveté : «  Son ignorance n’est qu’un système de défense », déclare-t-elle dans Le Figaro. Les juges ont pour preuves des échanges SMS suggestifs de Dominique Strauss-Kahn avec l’un des proxénètes présumés qui mentionnent des « copines », une « délégation de copines », un « cadeau » et du « matériel ».

Le Figaro rapporte également que DSK «  multipliait les différents points de chute discrets en fonction de son emploi du temps […] ces lieux étaient pour l’essentiel à chaque fois des hôtels ou locations… » Parmi lesquels cet appartement de l’avenue d’Iéna, à Paris, dont il a, « par un montage juridique destiné à ne pas le faire apparaître officiellement comme locataire, été locataire de fait ». Pour les magistrats, il aurait ainsi « accompli un acte matériel de proxénétisme », relate le quotidien.

Les juges soupçonneraient DSK d’avoir mis en place une véritable « opération de dissimulation », destinée à « brouiller les pistes ». Dominique Strauss-Kahn aurait confié à Fabrice Paszkowski une puce d’un téléphone qu’il utilisait, pour la «  nettoyer  » et «  l’attribuer à la compagne de Fabrice Paszkowski à partir du mois de juin 2011  ».

Dans un communiqué diffusé le 26 juillet, Dominique Strauss-Kahn avait dénoncé une «  instruction exclusivement à charge  », même s’il «  s’attendait à cette décision et se présentera donc sereinement devant le tribunal ». Le parquet, bien qu’ayant requis un non-lieu en faveur de DSK, a décidé de ne pas faire appel du renvoi en correctionnelle de l’ancien patron du FMI et de treize autres mis en examen.

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1. Sensei1 dit le 07/08/2013, 17:56

Un type qui paie des femmes consentantes pour faire des grosses cochonneries...Sans rentrer dans un débat sur la prostitution, on en est bien là. Dans toute cette affaire, c'est finalement plus la justice Française que la justice Américaine qui fait peur. Au USA, il a sans doute eu droit à la honte publique avant tout procès; mais au bout du compte la justice à su se montrer indépendante (politique et morale) et clôturer l'affaire rapidement (en lui pompant son fric). La victime est satisfaite, l'affaire est close. En France, il n'y a pas de victime plaignante, mais la justice se lance dans une croisade (visiblement politique). DSK, c'est Ribery (l'un préfère sans doute la chantilly et l'autre la cire chaude!), sauf que celles de DSK ne sont pas mineures; sauf que Ribery, on ne s'acharne pas à vouloir en faire un Mac qui abuse de gamines sans papiers...

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