Le 11h02: États-Unis vs Russie, «ceci n’est pas une guerre froide»
Barack Obama a décidé d’annuler sa rencontre, prévue en septembre, avec Vladimir Poutine. En cause : les divergences de vues sur l’affaire Snowden, notamment. Un camouflet diplomatique ou une annulation sans conséquence ? On en parle avec Philippe Regnier.
Barack Obama a annulé mercredi sa participation à un sommet à Moscou avec son homologue Vladimir Poutine, un camouflet inhabituel qu’il a justifié par le manque de « progrès récents » dans les relations bilatérales et par sa « déception » sur l’attitude de Moscou dans l’affaire Snowden. Si la Russie s’est dite « déçue » de cette décision qu’elle a interprétée comme un refus des États-Unis de coopérer avec elle « sur un pied d’égalité », ni Moscou ni Washington n’ont parlé de rupture.
La guerre froide a-t-elle recommencé ?
« Ce n’est pas une guerre froide, ce terme rappelle un contexte particulier qui ne reflète pas les réalités actuelles. Ce sommet bilatéral qui aurait pu conclure à des accords entre les deux puissances n’aura pas lieu mais la Russie et les États-Unis finiront bien par se mettre autour de la table, par exemple durant le G20. »
« Un froid s’est donc installé entre ces deux pays, mais nous sommes loin d’une seconde guerre froide. »
Obama avait-il le choix de réagir de la sorte ?
« Il était impossible pour Obama de ne pas marquer le coup. Cette annulation de sommet avec les homologues russes reste spectaculaire car c’est la première depuis la guerre froide. Les Américains ont subi un camouflet de la part des Russes en acceptant Snowden. »
« Poutine, ancien agent du KGB, ne soutient pas les États-Unis alors qu’il ne souhaiterait pas un tel scandale en Russie. Ces révélations mettent très fortement à mal les capacités de renseignement américaines, autant au niveau international que national. Obama est critiqué pour sa faiblesse, il montre qu’il sait réagir et prendre des décisions. »
Cette politique menée par l’administration Obama est-elle efficace ?
« Non, ni à court ni à moyen terme. Un des échecs de la politique de l’administration Obama est cette remise à plat des communications Amérique-Russie. Il a osé hausser le ton mais il faut qu’ils trouvent un moyen de recoller les morceaux et d’avancer sur les différents dossiers qui lient les États-Unis et la Russie et occupent le reste de la planète, comme le blocage syrien. »
« De plus, les victimes des drones américains sont un vrai drame. Cette politique antiterroriste est contre-productive car elle crée une haine profonde des populations victimes vis-à-vis des États-Unis. Guantánamo, cette zone de non droit total, qui devait fermer selon les promesses d’Obama est également un autre échec de cette politique. »
Les Russes se moquent-ils du refus d’Obama ?
« Non ! Poutine perd de la visibilité internationale et cela ne l’arrange pas. Il s’est allié de sympathie avec l’Iran et d’autres pays, certes, mais ce ne sont pas les meilleures alliances possibles. La Russie cherche à garder de bonnes relations avec les États-Unis. »
La rivalité Russie-Amérique est-elle toujours là ?
« Oui, il y a toujours une rivalité entre les deux grandes puissances et il y en a toujours eu. Même si celle-ci n’est heureusement pas comparable à la guerre froide. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions Les USA habitués des mensonges... souvenez-vous de l'affaire des missiles... on nous a fait croire que c'était l'initiative de l'URSS... alors que les USA avait commencé la provocation en installant en Turquie des missiles directement pointé sur l'URSS et c'est seulement en réponse à cette "provocation" que des missiles russes furent acheminés vers Cuba... Pour preuve, dès la fin de cette crise... les missiles américains furent retirés... (accord après négociation secrètes avec l'urss)
Ce qui est dommage, c-est que Snowden doive rester dans un pays comme la Russie, très peu connu pour son respect des Droits de l-Homme, et que l-Europe ne puisse pas lui apporter asile. Obama, dans cette affaire, ne reflète pas la volonté du peuple américain.









L'Em pire commence a sérieusement nous "gonfler"!