Lady Gaga aime Louise Leconte (de fée)
La chanteuse pop américaine a sélectionné une robe de la collection de fin d’études d’une jeune styliste bruxelloise.
Il est arrivé la même chose à Olivier Theyskens avec Madonna en 1998. À Delphine Von Kaatz chez qui Beth Ditto, chanteuse de Gossip, a commandé trois petites culottes en 2008. À Natalia Brilli dont un bracelet s’est retrouvé au poignet de Rihanna en 2010… Ils étaient Belges (ou vivaient en Belgique), n’étaient pas encore connus, quand une star du show biz a posé les yeux sur eux. Tadam.
Cette fois, c’est Lady Gaga qui a flashé sur une Bruxelloise de 26 ans, Louise Leconte, après avoir vu les images de sa collection au défilé de La Cambre, en juin dernier. L’équipe de la chanteuse, menée depuis 5 ans par le déjanté Nicola Formichetti - qui a néanmoins annoncé cette semaine qu’il allait quitter son poste -, a contacté le bureau de presse de la jeune créatrice en lui demandant d’envoyer quelques-unes des silhouettes de son projet de fin d’études s’inspirant des armures.
Et là, la gloire. D’un coup. Lady Gaga herself portait une création de Louise Leconte au 20e Annual Big Bang Benefit dans les Hamptons, le 27 juillet dernier. Depuis quelques jours, tout le monde, sur la planète mode, parle de cette robe noire mi-cuir, mi-organza, « mi-opaque, mi-transparente, mi-solide, mi-fluide qui dévoile ce qu’on cache habituellement », explique la styliste, ravie. Et flattée. « Lady Gaga, c’est quelqu’un dont les looks sont réellement disséqués. Elle a une vraie personnalité, avec de vrais statements, de vrais partis pris stylistiques. Ses choix ne sont jamais hasardeux ou anodins. C’est cool d’habiller une personne comme elle qui peut porter ce qu’elle veut quand elle veut ».
Pragmatique, la jeune femme dit ne pas avoir peur de se faire croquer par le puissant tempérament de la chanteuse pop américaine. « Si le propos est fort, ce qui est son cas et le mien, une telle aventure n’est pas un risque. Pour l’instant, j’ai suffisamment confiance en ma création pour que mes vêtements aient une vie propre en parallèle à l’histoire qui est en train de se passer ».
Lady Gaga, c’est une vitrine d’enfer. Elle avait déjà puisé, il y a quelques saisons, dans le vestiaire du créateur belge Christophe Coppens pour s’offrir un petit chapeau-coque bleu ciel. Et dans les combinaisons d’une autre étudiante de La Cambre, l’été dernier (lire ci-contre). C’est que le défilé de l’atelier mode de l’école bruxelloise est de plus en plus attendu, épié, épluché, décortiqué. On y guette les talents de demain, ceux qui rafleront des prix au prestigieux Festival de la Mode d’Hyères, ceux qui essaimeront les grandes maisons parisiennes, travaillant dans l’ombre d’un grand couturier avant de voler de leurs propres fils et aiguilles.
Louise Leconte est née à Paris mais vit à Bruxelles depuis ses 5 ans. Son atelier est basé à Ixelles. « C’est une ville agréable, propice à la création. Au quotidien, je préfère la mentalité belge aux mentalités parisienne ou londonienne. J’ai vraiment adoré La Cambre aussi. Parce que c’est une école d’art qui a une démarche intellectuelle. On y voit la mode comme un moyen d’expression ». Bien dans l’esprit de la Lady. Laquelle serait, dit-on, en train de casser son image. Pour coller à son nouvel album, Artpop, qui sortira en novembre prochain, elle affiche actuellement un look à des années-lumières des robes en viande ou des combinaisons glitter, plus sobre, plus noir, plus épuré. Terriblement belge, finalement.
JULIE HUON
Louise travaille sur une collection de sacs et de petite maroquinerie intitulée « Shield Collection » bientôt en vente chez Hunting and Collecting, 17 rue des Chartreux, 1000 Bruxelles. www.louiseleconte.com








