Prête-moi ta maison,en échange de la mienne
Initié dans les années 50, le « troc de maisons » prend de l’ampleur. En Belgique, le concept en a aussi séduit quelques-uns.
Le phénomène a pris naissance dans les années 50, mais au cours de la dernière décennie il a indéniablement pris de l’ampleur grâce à internet. Ce phénomène, c’est le troc de maisons, un système qui permet d’échanger un bien dont on est propriétaire contre celui d’un parfait inconnu, pour une semaine, une dizaine de jours, voire plus encore. Juste le temps d’en profiter pour les vacances.
Le site Trocmaison.com, soit la version française de la plateforme internationale HomeExchange.com, a vu le jour en 2005 et gagne du terrain en Wallonie depuis trois ans, en totalisant à l’heure actuelle 280 membres belges. Si le chiffre n’est pas énorme, le concept parvient aujourd’hui à fidéliser ses adhérents. Dans une étude intitulée « My house is yours », menée auprès de 7.000 membres faisant partie des 46.000 adhérents du site HomeExchange.com et ses dérivés, l’Université de Bergame (Italie) révèle que 93 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de leur expérience. L’enquête constate également que quatre personnes sur cinq ont déjà effectué au moins deux échanges, tandis qu’un membre sur dix a effectué plus de onze échanges.
La formule séduit donc, mais pour quelles raisons ? Le premier avantage à souligner est bien entendu l’aspect financier. Lorsqu’on ne doit pas prendre en compte le logement dans son budget vacances, on peut s’octroyer plus de petits plaisirs une fois sur place. Les usagers du troc de maisons peuvent aussi se permettre de prendre de plus longues vacances. Pour preuve, la durée moyenne du séjour effectué par les « troqueurs » de maisons est supérieure à deux semaines.
Mais le budget ne serait pas la seule motivation des habitués du système. Ceux-ci seraient également poussés par une soif de découverte d’autres cultures. D’après l’étude de l’Université de Bergame, 98 % déclarent leur intérêt pour l’héritage culturel, et 84 % fréquentent les musées et les parcs naturels des pays dans lesquels ils séjournent. Les usagers du troc nourrissent un réel désir de se frotter à des cultures différentes. Bénéficier des conseils des personnes avec qui on échange sa maison peut alors se révéler être un plus non négligeable.
Martine et Jean-Marie, tous deux retraités, sont propriétaires d’une maison dans les Ardennes belges, près de Bouillon. Depuis trois ans, ils « troquent » leur maison pour les vacances. Et ils vous le diront, pas besoin de posséder une villa à Miami, ni même un pied-à-terre sur la Côte d’Azur, pour profiter du système d’échange. La Belgique possède aussi ses atouts : notamment sa place centrale par rapport à l’Europe et ses belles régions ardennaises. Grâce au troc de maisons, Martine et Jean-Marie ont découvert plusieurs régions de France et de Hollande mais aussi la Suisse et le Danemark. Ils pourraient même s’envoler pour les États-Unis, puisque de nombreux Américains se montrent intéressés par leur demeure. Le couple nous a ouvert les portes de sa maison ainsi que celles de ses souvenirs de vacances…
Les « troqueurs » passés au crible
D’après une étude réalisée par l’Université de Bergame (Italie), les cinq pays les plus représentés sur le site HomeExchange.com (dont trocmaison.com en est la version française) et ses variables sont, dans l’ordre, les États-Unis, la France, l’Espagne, le Canada et l’Italie. Parmi les 7.000 répondants (faisant partie des 46.000 membres du site), les chercheurs notent que ce sont les 45-54 ans qui sont les plus représentés (28,3 %), les moins de 34 ans étant les moins nombreux avec 5,9 % des répondants, et les 65 ans et plus représentent 18,7 %. L’étude révèle également que six membres sur dix ont fait des études supérieures. Au niveau socioprofessionnel, on constate que 70 % des usagers du troc de maisons ont un emploi à plein-temps, et parmi eux 24,9 % exercent des professions libérales ou sont entrepreneurs. Les retraités se taillent une large part avec 24,1 % de répondants. En revanche, seuls 6,3 % des répondants n’occupent pas d’emploi. Enfin, alors qu’une personne interrogée sur dix déclare vivre seule, près de la moitié des usagers du troc de maisons ont des enfants, et 79 % d’entre eux voyagent avec leur progéniture.
Vos réactions
Voir toutes les réactions La Wallonie n'est guère recherchée dans ce genre de trocs, restons humbles...malheureusement. ça ne marche qu'avec les Hollandais (pour les Ardennes), en-dehors de ça, pas de candidats ou gros coup de chance.




Je ne risque pas de faire ce genre de chose : chez moi, c'est mon intimité, ma vie privée. Même sur des sites sérieux, on ne sait pas forcément quoi retrouver en rentrant chez soi (ni ce qui nous attend réllement dans l'autre maison où on va).